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Les responsables israéliens mettent en garde contre les risques énergétiques alors que les relations avec la Turquie se détériorent

 
Vue panoramique du port de Haïfa, en Israël, avec au premier plan de grands navires de fret, des grues et des bâtiments industriels, et à l'arrière-plan des réservoirs de pétrole. (Photo : Shutterstock)

Les responsables israéliens mettent de plus en plus en garde contre le fait que la détérioration des relations avec la Turquie pourrait exposer le pays à un choc plus général au niveau de l’approvisionnement énergétique, alors que les tensions régionales suscitent des inquiétudes quant à la sécurité des importations de pétrole et des voies maritimes mondiales.

Ces inquiétudes ne se limitent pas à la seule Turquie. Israël dépend fortement des importations de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés, tandis que l’instabilité persistante autour du détroit d’Ormuz, l’incertitude concernant les exportations de carburant russe et le contrôle par la Turquie d’un nœud de transit pétrolier clé ont mis en évidence les vulnérabilités potentielles de la chaîne d’approvisionnement énergétique d’Israël.

Actuellement, Israël importe la majeure partie de son pétrole brut d’Azerbaïdjan et du Kazakhstan. La Russie est également un fournisseur majeur de produits raffinés pour Israël, et les récentes informations faisant état de pénuries nationales d’essence, de diesel, de kérosène et d’autres produits raffinés en Russie ont fait craindre que Moscou ne commence à restreindre ses exportations.

Le Gabon, le Brésil et les États-Unis fournissent également des quantités limitées de pétrole brut et de produits raffinés à Israël, les États-Unis étant le seul fournisseur de carburant JP-8 pour avions militaires destiné à l’armée de l’air israélienne. Il s’agit là de l’un des nombreux produits pétroliers raffinés qu’Israël aurait du mal à remplacer si sa source d’approvisionnement actuelle venait à être perturbée.

Le principal fournisseur de pétrole brut d’Israël est la République d’Azerbaïdjan, en Asie centrale, un pays enclavé qui exporte son pétrole via l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC).

Cet oléoduc aboutit au port méditerranéen turc de Ceyhan, qui sert également de terminus aux oléoducs acheminant le pétrole du nord de l’Irak et dispose d’une importante capacité de stockage.

De ce fait, la Turquie a théoriquement la capacité d’interrompre les livraisons de pétrole destinées à Israël. Une telle mesure aurait toutefois des conséquences diplomatiques et économiques considérables pour le gouvernement du président Recep Tayyip Erdoğan, car l’Azerbaïdjan s’y opposerait probablement, tout comme d’autres pays qui dépendent du terminal de Ceyhan pour leurs exportations d’énergie.

Ces inquiétudes interviennent alors que les marchés mondiaux de l’énergie continuent de subir les effets des perturbations dans le détroit d’Ormuz et de la possibilité persistante que cette voie navigable stratégique puisse à nouveau faire l’objet de restrictions ou que l’Iran, avec la coopération d’Oman, cherche à imposer des droits de transit.

Malgré les récents affrontements militaires entre l’Iran et les États-Unis, les terminaux d’exportation de pétrole et de gaz naturel liquéfié en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, au Koweït, à Bahreïn et au Qatar sont restés en activité cette semaine.

Les professionnels du secteur de l’énergie ont fait état d’un fort sentiment d’urgence à charger et à transporter autant de pétrole et de gaz naturel que possible tant que le détroit d’Ormuz reste ouvert. Plusieurs pétroliers ont également chargé des cargaisons ces derniers jours sur l’île iranienne de Kharg.

Parallèlement, les États-Unis ont accordé des dérogations aux sanctions pesant sur les ventes de pétrole iranien jusqu’au 1er août, ce qui a incité les acheteurs en Inde, en Chine et ailleurs à augmenter leurs achats.

Alors qu’Israël continue de surveiller les perturbations potentielles des importations de pétrole, les responsables se concentrent également sur l’extension des voies d’exportation pour l’industrie gazière nationale en pleine croissance.

Le site web du ministère israélien de l’Énergie et des Infrastructures indique que le gaz israélien est actuellement exporté vers l’Égypte et la Jordanie depuis les gisements de Tamar et de Léviathan via trois gazoducs. L’un d’entre eux est situé dans le nord d’Israël et est relié au gazoduc arabe en Jordanie.

Un autre est directement relié aux installations industrielles jordaniennes situées sur la rive orientale de la mer Morte, et le dernier est le gazoduc EMG, qui se raccorde au réseau de transport égyptien.

Selon le ministère israélien de l’Énergie et des Infrastructures, de nouveaux projets d’exportation pourraient porter la capacité d’exportation de gaz naturel du pays à un niveau compris entre 25 et 30 milliards de mètres cubes par an d’ici la fin de la décennie, bien que le ministère ait précisé que les volumes d’exportation réels dépendront des réserves disponibles et de la politique gouvernementale.

Le ministère prévoit également d’assouplir certaines exigences en matière d’approvisionnement national pour les futures découvertes de gaz naturel, en réduisant à la fois l’obligation de raccorder chaque nouveau gisement de gaz au marché intérieur israélien et la quantité de gaz que chaque gisement doit fournir localement.

Les responsables étudient simultanément plusieurs nouvelles voies d’exportation, notamment le projet de gazoduc EastMed vers Chypre et la Grèce, des gazoducs directs vers des installations de liquéfaction en Égypte et l’utilisation potentielle de plates-formes flottantes de gaz naturel liquéfié (GNL).

« En juin 2022, un protocole d’accord a été signé, autorisant l’exportation de gaz israélien vers l’Union européenne via l’Égypte, conformément à la politique européenne actuelle visant à diversifier son approvisionnement en gaz », indique le site web.

Le Staff de All Israel News est une équipe de journalistes en Israël.

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