Le Hamas aurait demandé un soutien financier et politique accru à ses soutiens iraniens
Confronté à une pression militaire croissante à Gaza et à des demandes internationales de plus en plus pressantes pour qu’il désarme, le Hamas aurait fait appel à son principal soutien, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien, afin d’obtenir un soutien financier, logistique et politique accru.
Mohammed Ismail Darwish, chef du bureau politique du Hamas, a récemment conduit une délégation à Téhéran pour rencontrer de hauts responsables du CGRI.
Selon certaines informations, le Hamas aurait présenté une liste de demandes visant à obtenir une aide iranienne accrue, alors que son contrôle sur la bande de Gaza continue de s’éroder.
Les Forces de défense israéliennes contrôleraient désormais près de 70 % du territoire, tandis que les médiateurs font pression sur le Hamas pour qu’il se désarme complètement dans le cadre d’un plan soutenu par les États-Unis visant la reconstruction à long terme de Gaza, qui a obtenu le soutien des acteurs régionaux et internationaux.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont également rencontré la délégation du Hamas, qui s’était rendue à Téhéran au début du mois pour assister aux funérailles, qui se sont étalées sur plusieurs jours, du Guide suprême iranien Ali Khamenei, tué lors d’une frappe aérienne israélienne de grande envergure le 28 février.
D’après les informations qui ont filtré à l’issue de ces rencontres, le Hamas espère que l’Iran lui servira de soutien diplomatique dans ses efforts pour résister à la pression croissante visant à le contraindre à se désarmer et à renoncer au contrôle de Gaza.
Les discussions rapportées renforcent un argument avancé par de nombreux analystes stratégiques israéliens et occidentaux : toute avancée durable à Gaza, et par extension dans les relations israélo-palestiniennes, passe par la confrontation avec ce qu’ils décrivent comme « la tête du serpent » à Téhéran.
D’autres analystes soutiennent toutefois que l’affaiblissement du soutien de l’Iran au Hamas pourrait simplement ouvrir la voie à la Turquie – dont les relations avec Israël se sont fortement détériorées ces dernières années – pour qu’elle devienne le principal protecteur du groupe terroriste.
Ils soulignent également que la Turquie exerce une influence considérable sur le gouvernement al-Jolani en Syrie et cherche à étendre son influence au Liban, dans un contexte d’instabilité politique persistante dans ce pays.
Un article récent de l’Institut international de lutte contre le terrorisme de l’université Reichman affirmait que la Turquie était susceptible de devenir la prochaine grande menace stratégique pour Israël.
Pour l’instant, toutefois, le Hamas reste fortement dépendant de l’Iran. Selon ces informations, le Hamas aurait demandé à Téhéran de le traiter de la même manière que le Hezbollah, en faisant de la pérennité du Hamas une condition préalable à tout accord plus large que l’Iran pourrait éventuellement négocier avec les États-Unis au sujet du conflit dans le détroit d’Ormuz.
Ces informations indiquent que les responsables iraniens ont accédé aux demandes du Hamas, notamment en lui garantissant un soutien financier et logistique continu pour l’aider à reconstituer son arsenal. Téhéran se serait également engagé à fournir au Hamas tout ce dont il a besoin pour remporter une « victoire totale » sur Israël.
Il n’est toutefois pas certain que l’Iran puisse honorer ces engagements. La récente reprise des hostilités directes entre les États-Unis et l’Iran a conduit le président américain Donald Trump à déclarer que le cessez-le-feu était « rompu », ce qui soulève des questions quant à la capacité de Téhéran à maintenir son soutien au Hamas.
Dans le même temps, les Forces de défense israéliennes (FDI) ont intensifié ces derniers jours leurs frappes contre des cibles du Hamas à Gaza, affirmant que ces opérations visaient à prévenir des « menaces imminentes » et qu’elles restaient donc conformes aux termes de l’accord de cessez-le-feu qui avait mis fin aux combats à grande échelle en octobre dernier.