Le Premier ministre Netanyahou renforce son emprise sur la liste des candidats du Likoud à l'approche des élections israéliennes
La campagne électorale israélienne a officiellement débuté cette semaine, et le Premier ministre Benjamin Netanyahou a enfin réussi à étendre considérablement son influence au sein du Likoud, le parti au pouvoir, après qu’une commission interne clé a approuvé un plan lui permettant de sélectionner personnellement huit candidats sur la liste du parti pour la Knesset.
Cette décision intervient après que le conseiller juridique de la Knesset a annoncé dimanche que vendredi serait le dernier jour de la 25e session de la Knesset, date à laquelle le parlement sera dissous et le pays entrera dans un nouveau cycle électoral. Les élections étant désormais lancées, l’activité s’est intensifiée au siège du Likoud, alors que le parti se prépare pour ses primaires et le scrutin du 27 octobre.
La commission constitutionnelle du Likoud, le parti de Netanyahou, a approuvé lundi ce nouvel arrangement, donnant au Premier ministre le pouvoir de sélectionner huit candidats sur la liste du parti, dont trois parmi les dix premiers et six parmi les vingt premiers. Cette décision marque une victoire pour Netanyahou, qui s’efforce depuis plusieurs semaines d’accroître son influence sur l’issue des prochaines primaires du parti.
Le président de la commission, Haim Katz, était favorable à la tenue de primaires avec une liste de candidats plus ouverte, mais sa proposition s’est heurtée à une forte opposition de la part de Netanyahu et de ses alliés. Netanyahu avait même suggéré de supprimer purement et simplement les primaires à moins qu’on ne lui accorde la possibilité de choisir lui-même dix places sur la liste.
En vertu de l’accord de compromis conclu lundi, qui n’est pas encore définitif et doit encore franchir des obstacles procéduraux, Netanyahou pourra choisir les candidats occupant les 3e, 5e, 9e, 11e, 15e, 18e, 26e et 31e places sur la liste du Likoud à la Knesset, dont il sera lui-même en tête.
Les sondages prévoyant actuellement que le Likoud remportera environ 25 sièges, soit nettement moins que ses 32 sièges actuels, cet arrangement renforce l’influence de Netanyahu sur le choix des candidats susceptibles d’entrer à la prochaine Knesset. Il représente également une extension majeure de son autorité par rapport aux dernières primaires du parti avant les élections de 2022, lors desquelles il n’avait pu désigner que trois candidats parmi les 30 premières places, le plus haut rang étant la 14e place.
Le pouvoir de Netanyahou sur la liste menace de nombreux députés moins bien classés, qui ont déjà peu de chances d’être réélus alors que le Likoud risque de perdre entre un tiers et un quart de ses sièges, selon les sondages.
Ce compromis a également mis en évidence des divisions au sein de la direction du Likoud. Aux côtés de Katz, le député chevronné David Bitan a publiquement remis en cause ce processus. Ynet a rapporté qu’il avait déclaré à Netanyahou lors d’une réunion publique : « On parle de places réservées, mais tout reste flou. On ne sait pas pour qui on veut réserver une place ni quelle valeur ces personnes apportent au Likoud. »
Netanyahu aurait répondu sèchement : « Bitan, tu es libre de te présenter et nous verrons combien de sièges tu rapporteras. »
Cet échange reflète peut-être des tensions plus générales au sein du parti, suite à la récente décision de Yuli Edelstein, député chevronné du Likoud, de quitter le parti et de fonder son propre parti politique avant les élections.
Le parti d’Edelstein sera l’un des dizaines de partis qui devraient se présenter aux élections du 27 octobre. Cinq membres actuels de la Knesset ont déjà annoncé leur retrait de la vie publique, tandis que des dizaines de politiciens chevronnés se disputent des places sur les listes électorales de leurs partis aux côtés de centaines de nouveaux venus qui briguent un mandat.
Les sondages d’opinion, bien que souvent peu fiables à une si grande distance des élections, suggèrent une lassitude croissante des électeurs à l’égard de Netanyahu et un désir de voir émerger une nouvelle direction politique. Dans le même temps, les enquêtes indiquent qu’il n’y a guère de consensus sur la personne qui devrait le remplacer au poste de Premier ministre.