L'ambassadeur Leiter affirme que les troupes israéliennes resteront dans la zone de sécurité au Liban si le Hezbollah refuse de se retirer
Les pourparlers devraient se poursuivre à Rome cette semaine
Les troupes israéliennes continueront à contrôler la zone de sécurité dans le sud du Liban si le Hezbollah ne met pas fin à sa présence dans cette région, a affirmé dimanche l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, lors d’une interview accordée à l’émission « Face the Nation » de CBS.
Leiter a souligné que l’accord trilatéral conclu avec le Liban sous la médiation des États-Unis avait «complètement» écarté l’Iran et le Hezbollah de la région. «Ils n’ont rien à faire au Liban», a déclaré Leiter.
«Israël et le Liban sont sur la même longueur d’onde. Nous voulons que le Hezbollah s’en aille, pour notre sécurité et pour leur souveraineté. Nous pourrons nous retirer dès que le Hezbollah aura été démantelé.»
Conformément à l’accord, l’armée israélienne commencera par se retirer de deux « zones pilotes » adjacentes à la zone de sécurité, permettant ainsi aux Forces armées libanaises de s’y déployer et de prendre le contrôle total de la région, dans le but de démanteler à terme la présence du Hezbollah dans l’ensemble du Sud-Liban.
A pleasure speaking to @margbrennan this morning, ahead of the next leg of talks with the Lebanese.
— Ambassador Yechiel (Michael) Leiter (@yechielleiter) July 12, 2026
We talked about the negotiations for a lasting peace without Iran and Hezbollah, Sen. Lindsey Graham’s vision for the Middle East, and odd ways to kickstart a presidential… pic.twitter.com/mkEpnNCCOX
Les négociations entre Israël et le Liban devraient se poursuivre cette semaine à Rome, en Italie, bien que les médias libanais aient rapporté que Beyrouth se montrait mécontente du rythme du retrait israélien.
Leiter a souligné qu’il n’y avait aucun retard et que les plans de retrait actuels concernant deux zones pilotes constituaient de véritables « projets pilotes ».
« Si le Hezbollah n’est pas démantelé, alors nous devrons rester dans notre zone de sécurité, car nous ne reviendrons pas à une situation où nos citoyens seront menacés par un mandataire iranien tirant des missiles et creusant des tunnels pour pouvoir attaquer, comme l’a fait le Hamas le 7 octobre. »
Watch: Prime Minister Netanyahu lays out the framework agreement with Lebanon using a map.
— גיא עזריאל Guy Azriel (@GuyAz) June 27, 2026
Red zones: Areas included in the pilot program from which IDF forces would withdraw after Hezbollah infrastructure is dismantled and the areas are verified as demilitarized.
Yellow line:… pic.twitter.com/uJmtNftPIr
« Nous travaillons en collaboration avec le CENTCOM et les Forces armées libanaises (FAL) pour créer les conditions nécessaires afin de parvenir à une situation où les zones pilotes soient réceptives aux FAL. Si elles ne le sont pas, si le Hezbollah reste sur place, nous n’aurons rien accompli, et c’est pour cela qu’on les appelle des zones pilotes », a expliqué Leiter.
Dimanche, l’AFP a cité un responsable libanais confirmant que les pourparlers à Rome se poursuivraient comme prévu, après la visite d’une délégation américaine au Liban la semaine dernière pour discuter du mécanisme de retrait.
Une source officielle libanaise a déclaré au journal libanais Nidaa Al-Watan que le gouvernement ne voyait actuellement aucune « alternative » à la poursuite des négociations, malgré la forte opposition du Hezbollah et des groupes alliés dans le pays.
Hassan Fadlallah, député représentant le Hezbollah, a réitéré ce sentiment dans un message ostensiblement adressé au Premier ministre Benjamin Netanyahou, mais constituant en réalité une nouvelle menace explicite à l’encontre du gouvernement de Beyrouth.
« Vous avez conclu un accord avec ceux qui ne contrôlent pas le moindre centimètre de territoire libanais, et avec ceux qui n’ont pas le droit de prendre des décisions », a déclaré Fadlallah.
« L’état d’hostilité envers Israël va se poursuivre, et quiconque serre la main de l’ennemi israélien se rend complice de ses crimes. »
Dans le même temps, des médias libanais ont rapporté que le gouvernement espérait que les États-Unis exercent des pressions tant sur le Hezbollah que sur Israël pour faire avancer le retrait, estimant que ses propres possibilités d’influencer les deux parties étaient minces.
The IDF says it struck Hezbollah operatives who were identified transporting weapons inside Israel's south Lebanon buffer zone earlier today.
— Emanuel (Mannie) Fabian (@manniefabian) July 11, 2026
Troops of the 91st "Galilee" Regional Division spotted several Hezbollah operatives entering the IDF's security zone in a vehicle and… pic.twitter.com/p6R1tAsJKe
Dans ce contexte, le journal Al-Akhbar, proche du Hezbollah, a rapporté que le président Joseph Aoun s’inquiétait du transfert des négociations à Rome, loin de la pression directe des États-Unis, et qu’il s’appuyait également sur cette pression américaine pour amener sa propre armée à exécuter les ordres.
De nombreux rapports indiquent que des officiers supérieurs des Forces armées libanaises (FAL) ont exprimé leurs inquiétudes, voire se sont directement opposés au déploiement dans les zones contrôlées par le Hezbollah, et souhaitent éviter toute confrontation avec le groupe.
Le journal a rapporté que des représentants du CENTCOM avaient rencontré directement les hauts responsables des Forces armées libanaises (LAF) afin d’évaluer l’état de préparation de leurs troupes en vue d’un déploiement dans les zones pilotes. D’autre part, Israël souhaite pousser les LAF à se déployer dans des zones où les troupes de l’armée israélienne (IDF) ne sont pas encore parvenues, afin de démanteler les infrastructures restantes du Hezbollah dans ces zones, a précisé le journal.
Du côté israélien, un retrait pourrait débuter dès cette semaine, a rapporté Kan News ce week-end. Parallèlement, les États-Unis font pression sur Jérusalem pour qu’elle gèle les opérations de l’armée israélienne jugées « sensibles » dans le sud du Liban.