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La Turquie, la Syrie et la Jordanie dévoilent un projet de corridor ferroviaire visant à contourner Israël et à réacheminer les échanges commerciaux du Golfe vers l'Europe

La remise en service du chemin de fer du Hedjaz ferait contrepoids au projet de liaison IMEC passant par le port de Haïfa

 
Le président turc Tayyip Erdogan rencontre le président syrien Ahmed al-Sharaa en marge du Forum diplomatique d'Antalya, à Antalya (Turquie), le 17 avril 2026. Photo : Reuters Connect

La Turquie, la Syrie et la Jordanie mènent un projet visant à moderniser leurs réseaux ferroviaires afin de restaurer l'ancien chemin de fer ottoman du Hedjaz et de positionner ces pays comme des acteurs clés d'un éventuel pôle régional de transport reliant les États du Golfe à l'Europe.

Au début du mois, les trois nations ont signé un protocole d'accord trilatéral sur la coopération en matière de transport dans le but de renforcer la connectivité et de stimuler les échanges commerciaux entre elles. Ce protocole prévoit notamment la modernisation des infrastructures routières et ferroviaires entre ces pays.

Le ministre turc des Transports et des Infrastructures, Abdulkadir Uraloğlu, a déclaré que cet accord équivalait à une restauration du chemin de fer ottoman du Hedjaz, construit à l'origine par le sultan Abdulhamid II, reliant Istanbul à La Mecque en Arabie saoudite, ce qui permettrait aux pèlerins d'accéder plus facilement à la ville sainte de l'islam.

« Il ne s'agit pas simplement d'une réunion technique sur les transports, mais d'une forte déclaration de volonté pour le bien-être de nos peuples et le développement régional », a déclaré Uraloğlu lors de la signature.

Le chemin de fer moderne et revitalisé devrait également se raccorder à l’Arabie saoudite, permettant ainsi le transport de marchandises du golfe Persique vers l’Europe par voie terrestre, évitant ainsi le détroit d’Ormuz, devenu une zone contestée depuis le début de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.

Le réseau ferroviaire traverserait la Jordanie, entrerait en Syrie, puis passerait en Turquie, créant ainsi un pont terrestre pour les échanges commerciaux entre le golfe Persique et la mer Méditerranée. Ce projet illustre une nouvelle fois les efforts de la Turquie pour s’imposer comme un acteur clé au Moyen-Orient sur le plan économique, ainsi que par le biais de ses divers accords de sécurité.

La Turquie espère également se positionner comme un « refuge sûr » pour les flux de marchandises et de produits énergétiques. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’autres efforts déployés par la Turquie pour devenir une plaque tournante du transfert de pétrole et de gaz naturel depuis l’Irak et la mer Caspienne vers l’Europe et les marchés occidentaux, créant ainsi ce que la Turquie appelle le « Corridor central ».

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un effort plus large visant à réorganiser les flux de marchandises à travers la région. D'autres rapports indiquent que certains pays du Golfe envisagent la construction de nouveaux oléoducs qui pourraient acheminer du pétrole brut vers l'Occident via Haïfa, contournant ainsi le détroit d'Ormuz.

L'Arabie saoudite a déjà démontré l'intérêt d'un oléoduc terrestre évitant le détroit, puisque son oléoduc est-ouest a permis au pays de maintenir un niveau élevé d'exportations de pétrole malgré la fermeture du détroit par l'Iran.

Les oléoducs du Golfe vers Haïfa proposés contribueraient également à faire avancer l’initiative soutenue par les États-Unis du « Corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC), qui envisage de relier l’océan Indien à la mer Méditerranée via le Moyen-Orient et Israël.

Fin mars, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que la meilleure solution pour « contourner le goulet d’étranglement géographique de l’Iran » restait un oléoduc vers les ports israéliens.

Évoquant la fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran, Netanyahu a déclaré à Newsmax : « Les solutions à long terme consistent notamment à réacheminer les oléoducs vers l'ouest, à travers l'Arabie saoudite jusqu'à la mer Rouge et la Méditerranée, en contournant le goulet d'étranglement géographique que constitue l'Iran. »

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan s'oppose au projet IMEC et prône des projets alternatifs passant par la Turquie.

Le Staff de All Israel News est une équipe de journalistes en Israël.

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