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Ce que disent les panneaux rouges

 
Un panneau rouge rédigé en hébreu, en arabe et en anglais, avertissant les Israéliens qu'il est à la fois illégal et dangereux pour eux de pénétrer dans les zones placées sous le contrôle total de l'Autorité palestinienne.

Là où j’habite, dans les montagnes de Judée, des communautés juives israéliennes cohabitent avec des communautés arabes palestiniennes. À certains endroits, nous coexistons si près les uns des autres que c’est comme si l’on joignait les mains, les doigts entrelacés.

Lorsque l’on roule dans les montagnes de Judée, où j’habite, c’est-à-dire en Judée et en Samarie, il est courant de voir des panneaux rouges en hébreu, en arabe et en anglais, avertissant les Israéliens qu’il est à la fois illégal et dangereux pour eux de pénétrer dans des zones placées sous le contrôle total de l’Autorité palestinienne. Ces panneaux sont souvent utilisés pour contredire l’allégation des détracteurs d’Israël selon laquelle ce pays serait un État d’apartheid. Ce n’est pas le cas. C’est un sujet qui mérite une autre discussion. Cependant, ces panneaux ne contredisent pas non plus spécifiquement ou directement ce cliché.

Laissez-moi vous expliquer pourquoi, ce que disent ces panneaux et pourquoi c’est important.

Tout d’abord, il est important de noter que les panneaux indiquent clairement qu’il est illégal, selon la loi israélienne, pour les citoyens israéliens de se rendre dans les zones contrôlées par l’Autorité palestinienne (AP). Cela s’applique de la même manière aux Israéliens juifs et arabes. La raison pour laquelle c’est illégal est que c’est dangereux. On recense de nombreux cas d’Israéliens qui enfreignent cette interdiction afin d’acheter des produits ou de bénéficier de services, tels que des soins dentaires ou des réparations automobiles, nettement moins chers dans les zones de l’AP que dans les communautés juives israéliennes.

Non, l’existence de ces panneaux rouges n’est pas le fait d’un « apartheid » pratiqué par les Arabes, et ils ne constituent pas non plus une indication d’apartheid en Israël, comme le prétendent les détracteurs qui s’accrochent à n’importe quel cliché, aussi infondé soit-il, pour délégitimer Israël. Plutôt que d’indiquer que l’Autorité palestinienne souhaite empêcher les Juifs d’entrer, ces panneaux signalent quelque chose de bien plus grave : il est dangereux, et donc illégal, de s’y rendre. Ce n’est pas de l’apartheid, c’est un avertissement indiquant que les Israéliens qui y pénètrent pourraient mettre leur vie en danger. Le gouvernement israélien a raison d’apposer ces panneaux pour protéger ses citoyens. Il n’y a pas d’apartheid ici.

Le fait que des millions d’Israéliens puissent se trouver à quelques minutes en voiture de villes où vivent des millions d’Arabes palestiniens met en évidence une réalité géographique expliquant pourquoi les zones contrôlées par les Arabes palestiniens risquent de constituer un danger pour Israël. Si l’on peut se rendre en voiture si facilement dans ces zones de l’Autorité palestinienne depuis les villes et villages israéliens, l’inverse est également vrai. Jusqu’à ce qu’Israël commence à ériger des barrières physiques pour empêcher le libre passage des Arabes palestiniens non israéliens, il était courant et facile pour des terroristes de s’infiltrer dans les communautés israéliennes et d’y commettre des massacres odieux. Des milliers de victimes israéliennes témoignent tristement de cette réalité.

Diya, commandant du bataillon Erez au sein de la police militaire, pose pour un portrait au poste de contrôle de Jérusalem-Est. (Photo : Hadas Parush/Flash90)

S’il est plus courant que les Arabes israéliens fréquentent les zones contrôlées par l’Autorité palestinienne, la réalité est que les extrémistes islamiques se montrent rarement plus cléments envers un Israélien, quelles que soient son origine ethnique ou sa religion. Cela a été démontré lors de l’attaque, du massacre et des enlèvements perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023, au cours desquels des Arabes israéliens musulmans ont également été enlevés et tués. Tant qu’ils circulent avec une plaque d’immatriculation israélienne jaune, ils courent un risque. 

Il arrive encore de temps à autre que des Israéliens ne remarquent pas les panneaux d’avertissement et pénètrent accidentellement dans l’une de ces zones contrôlées par l’Autorité palestinienne. Au cours des dernières décennies, on a pu observer des cas notables où des voitures ou des personnes israéliennes ont été attaquées, menacées, voire pire. Il y a eu cet incident macabre en octobre 2000, où deux soldats réservistes ont pris un mauvais virage et ont été lynchés et mutilés sous les acclamations d’une foule d’Arabes palestiniens, tandis que leur sang coulait littéralement de leurs corps et que les meurtriers brandissaient leurs mains rouges ensanglantées pour célébrer ces meurtres.

On ne se rend pas compte à quel point il est facile de se tromper de route tant qu’on ne l’a pas fait soi-même. Je l’ai fait et c’est en effet une expérience assez éprouvante.

Ainsi, même si les panneaux ne mentionnent rien concernant l’apartheid en Israël, le contraire de ce qu’ils indiquent est une assez bonne preuve que l’apartheid n’existe pas. Même, ou peut-être précisément, en raison de l’endroit où je vis, il est courant de voir des Arabes palestiniens travailler et faire leurs courses au sein des communautés et des commerces israéliens. Oui, il existe des protocoles de sécurité pour s’assurer que les travailleurs arabes de mon quartier n’entrent pas armés dans le but de commettre un attentat terroriste. C’est ce que vous souhaiteriez et, en effet, ce à quoi vous vous attendriez là où vous vivez vous aussi. Il n’est jamais bon ni sain qu’un plombier, un électricien ou un entrepreneur pénètre dans une communauté en étant armé et en menaçant cette même communauté. Mais il n’y a aucun panneau leur interdisant de le faire ni, d’ailleurs, aucune indication leur signifiant que cela soit illégal ou dangereux, selon aucune loi.

Venez me rendre visite et je vous montrerai comment les interactions quotidiennes dans les rues, dans les épiceries, sur les chantiers et dans les petits commerces, qu’ils soient tenus par des Juifs ou des Arabes, contredisent les allégations d’apartheid. 

Alors qu’il est courant que des dizaines, voire des centaines de milliers d’Arabes palestiniens travaillent et fassent leurs achats dans des commerces et des communautés israéliens, cela n’est pas seulement sans danger pour eux, mais ils sont en grande partie traités avec respect et dignité. Les travailleurs sont bien rémunérés et bénéficient de bonnes conditions de travail. Les consommateurs en ont pour leur argent, quel que soit le produit ou le service. 

Des clients juifs et arabes israéliens font la queue à la caisse du supermarché Rami Levi à Jérusalem, le 6 janvier 2015, alors qu'une tempête de neige devrait s'abattre sur la ville demain matin. Photo : Yonatan Sindel/Flash90

Je me suis souvent demandé ce que ces panneaux rouges inspiraient aux Arabes palestiniens qui passent en voiture devant ces communautés israéliennes en rentrant chez eux. Quand ils lisent ces avertissements en arabe indiquant qu’il est illégal et dangereux pour les Israéliens de pénétrer dans leurs communautés, ont-ils honte ? Ont-ils le sentiment d’avoir en quelque sorte chassé Israël de ces zones et d’avoir atteint leur objectif d’éliminer toute présence juive sur l’ensemble du territoire d’Israël ? Remarquent-ils seulement, ou se soucient-ils de l’injustice que représente le fait que quelqu’un puisse rentrer du travail ou faire ses courses en toute sécurité dans une communauté ou un commerce israélien, puis passer devant un panneau avertissant les Israéliens de ne pas le suivre ?

Ces panneaux rouges mettent également en évidence la réalité juridique et diplomatique qui prévaut sur le terrain depuis les accords d’Oslo de 1993, soit depuis plus de 30 ans. Avec la création de l’Autorité palestinienne, Israël et l’AP ont convenu d’un arrangement administratif en Judée-Samarie, divisant la région en trois zones administratives. La zone A est la partie placée sous le contrôle de l’AP, où il est illégal et dangereux pour les Israéliens de se rendre. La zone A regroupe la grande majorité de la population arabe de Judée-Samarie ou, de manière péjorative, de la Cisjordanie.

La zone B est administrée conjointement sous contrôle civil de l’Autorité palestinienne, mais sous contrôle sécuritaire israélien. La zone C est la partie entièrement administrée par Israël, tant sur le plan civil que sécuritaire. C’est là que je vis. Contrairement à la zone A où je ne suis pas autorisé à me rendre, cette réalité ne s’applique pas aux Arabes palestiniens de la zone C..

De jeunes Arabes passent devant des juifs orthodoxes assis sur un banc dans la rue Jaffo à Jérusalem. 23 mars 2025. Photo : Nati Shohat/FLASH90

Cela signifie qu’en l’absence de tout autre accord diplomatique, ce sont là les conditions selon lesquelles Israël et l’Autorité palestinienne ont accepté de coexister depuis plus de trois décennies. Par conséquent, lorsque certains prétendent à tort que ma communauté et celles qui lui ressemblent – ou toute présence juive en « Cisjordanie » – sont illégales, le simple fait qu’il existe des zones A, B et C, dont la zone A m’est interdite d’accès, réfute cette allégation d’illégalité, car l’Autorité palestinienne a en réalité signé et entériné cette réalité géographique et démographique. 

Il y a trois ans, j’ai accueilli un groupe de Sud-Africains noirs désireux de comprendre véritablement les allégations d’apartheid et de constater que tous les autres clichés à l’encontre d’Israël étaient faux. Ils voulaient voir par eux-mêmes. Je leur ai démontré concrètement, géographiquement, historiquement et à l’aide de faits simples sur le terrain que tout cela n’était que mensonges. Venez voir par vous-mêmes. Je vous emmènerai et vous montrerai en personne. Mais je ne vous emmènerai pas dans la zone A. 

Des agents de la police des frontières israélienne montent la garde près du poste de contrôle de Qalandiya, au nord de Jérusalem, mardi 27 mars 2018. Situé à trois kilomètres au sud de Ramallah, le poste de contrôle de Qalandiya est, avec le camp de Shu’fat, Zaytoun et Gilo, l’un des quatre principaux points de passage israéliens où les Palestiniens munis d’un permis peuvent entrer à Jérusalem-Est pour des raisons professionnelles, médicales, scolaires ou religieuses. Photo : Yonatan Sindel/Flash90

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