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L'administration Trump tente d'empêcher le président palestinien Abbas de s'exprimer devant l'ONU pour la deuxième année consécutive

 
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'adresse à la 77e Assemblée générale des Nations unies au siège de l'ONU à New York, le 23 septembre 2022. (Photo : REUTERS/Caitlin Ochs)

L’administration Trump a l’intention d’empêcher le président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, de prendre la parole devant l’Assemblée générale des Nations unies à New York le mois prochain, a déclaré un responsable américain au Times of Israel.

L’ONU a invité Abbas à s’exprimer devant l’Assemblée générale (AGNU) le 24 septembre. Ce serait la deuxième année consécutive que Washington empêche le dirigeant de l’AP de s’exprimer en personne devant l’AGNU.

« Nous prenons au sérieux nos obligations au titre de l’Accord relatif au siège de l’ONU. En tant que pays hôte de l’ONU, nous avons fourni des recommandations à tous les États membres de l’ONU concernant les délais conseillés pour les demandes de visa avant le début de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies », a déclaré un porte-parole du Département d’État américain.

Le porte-parole n’a ni démenti ni confirmé explicitement que Washington avait empêché Abbas de se rendre à New York.

« « D’une manière générale, nous ne faisons aucun commentaire sur les mesures prises par le Département concernant des cas spécifiques, en raison de la confidentialité des dossiers de visa », a poursuivi le porte-parole. « La loi sur les missions étrangères autorise le secrétaire d’État à imposer des restrictions ou des conditions aux déplacements sur le territoire américain des membres des missions étrangères. »

L’administration Trump a critiqué à plusieurs reprises la politique de «pay-for-slay » de l’Autorité palestinienne, qui consiste à récompenser financièrement les terroristes et leurs familles, arguant qu’elle encourage le terrorisme et sape les perspectives de paix. Washington a donc cherché à demander des comptes à l’Autorité palestinienne et a considérablement réduit son aide financière, mettant encore plus à mal l’économie déjà fragile de cette autorité basée à Ramallah.

L’année dernière, Washington a révoqué les visas de Abbas et de dizaines de responsables de l’Autorité palestinienne alors que plusieurs pays occidentaux s’apprêtaient à reconnaître unilatéralement un « État palestinien », une initiative à laquelle s’opposaient tant Washington que Jérusalem.

Ces révocations de visas sont intervenues alors que la France et l’Arabie saoudite coprésidaient une conférence des Nations unies visant à faire avancer la création d’un État palestinien et à promouvoir une solution à deux États. L’administration Trump et Israël se sont opposés à cette initiative, faisant valoir que faire progresser la création d’un État palestinien alors que le Hamas continuait de détenir des otages israéliens à Gaza et de mener une guerre contre Israël reviendrait à récompenser l’organisation terroriste du Hamas pour le massacre du 7 octobre 2023 et à saper les efforts visant à mettre fin au conflit.

« Il est dans l’intérêt de notre sécurité nationale de tenir l’OLP et l’Autorité palestinienne pour responsables de leur non-respect de leurs engagements et de leur action sapant les perspectives de paix », a déclaré le Département d’État américain en août 2025.

Aucune conférence franco-saoudienne similaire n’est prévue cette année à l’ONU. Néanmoins, Washington semble déterminé à maintenir la pression sur Abbas et l’Autorité palestinienne, notamment en ce qui concerne le soutien financier de longue date apporté par cette dernière aux terroristes et à leurs familles.

Abbas, dont les relations avec Washington sont tendues, a demandé au président turc Recep Tayyip Erdoğan de persuader le président américain Donald Trump de revenir sur cette interdiction, a déclaré un responsable de l’Autorité palestinienne au Times of Israel. Erdoğan aurait parlé au téléphone avec Trump mardi, mais n’aurait pas réussi à faire changer d’avis le président américain.

Suite à l’interdiction d’accès à l’ONU prononcée l’année dernière, Abbas s’était finalement adressé à l’Assemblée générale des Nations unies par visioconférence depuis son bureau de Ramallah. L’ONU avait voté par 145 voix contre 5 pour lui permettre, ainsi qu’à d’autres responsables palestiniens concernés, de participer à distance.

Une étude israélienne publiée le mois dernier a révélé que l’aide occidentale, en particulier celle des pays européens, avait contribué à empêcher l’effondrement financier de l’Autorité palestinienne au cours des trois années qui ont suivi l’attentat terroriste du 7 octobre. L’étude a montré que l’aide européenne et celle de la Banque mondiale avaient permis à l’Autorité palestinienne de rester à flot financièrement malgré la baisse de ses recettes, l’alourdissement de sa dette et la pression économique croissante.