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Les Forces de défense israéliennes confrontées à un dilemme sécuritaire face à l'utilisation de drones de fabrication chinoise sur le champ de bataille

 
L'unité de drones militaires de l'armée israélienne s'entraîne avec ses drones près de la frontière syrienne, au nord du plateau du Golan, le 26 juin 2025. (Photo : Michael Giladi/Flash90)

Certains des drones qui s'avèrent les plus efficaces pour les troupes israéliennes sur le champ de bataille pourraient également constituer une grave faille de sécurité, alors que les craintes grandissent quant à la possibilité que des équipements de fabrication chinoise transmettent des informations sensibles vers la Chine et, en fin de compte, vers des acteurs hostiles.

Le portail d’information Walla a rapporté mercredi que des responsables des Forces de défense israéliennes (FDI) tiraient la sonnette d’alarme concernant les risques potentiels posés par certains équipements largement utilisés par les unités de combat en première ligne.

Ces inquiétudes portent en partie sur les drones utilisés à des fins de renseignement, de surveillance et de reconnaissance qui sont fabriqués en Chine. Les responsables craignent que certains composants de ces drones puissent potentiellement transmettre des données, notamment des informations de géolocalisation, des photographies, des vidéos capturées par les caméras embarquées et d’autres informations sensibles.

Cela soulève la possibilité que les équipements utilisés par les forces israéliennes pour recueillir des renseignements sur des organisations terroristes puissent eux-mêmes devenir une source de renseignements pour l’ennemi.

Cette inquiétude découle de la possibilité que les autorités chinoises exigent des entreprises opérant en Chine qu’elles coopèrent avec les services militaires et de renseignement du pays. Les responsables israéliens craignent donc que les composants électroniques fabriqués en Chine puissent contenir des logiciels ou d’autres fonctionnalités permettant la transmission de données vers des serveurs contrôlés par les autorités chinoises.

En réponse, les Forces de défense israéliennes (FDI) ont commencé à passer en revue les équipements utilisés par différentes unités de terrain afin de déterminer si celles-ci disposent de telles capacités et, le cas échéant, si ces équipements doivent être réaffectés.

L’armée examine également si les équipements fabriqués en Chine peuvent à terme être progressivement retirés du service et remplacés par des alternatives ne présentant pas les mêmes risques potentiels pour la sécurité.

Les véhicules de fabrication chinoise sont d’ores et déjà interdits d’accès aux bases de l’armée israélienne et aux installations du Shin Bet.

La question est encore compliquée par la grande diversité des drones et autres équipements désormais utilisés par les unités de l’armée israélienne, dont beaucoup ont été achetés grâce à des fonds versés directement à des unités et à des soldats à titre individuel depuis le début de l’opération « Épées de fer ».

Les FDI ont qualifié l’afflux de financements privés destinés à l’équipement militaire de « bienfait mitigé ».

D’une part, ces dons ont permis à de nombreuses unités d’obtenir du matériel dont elles avaient désespérément besoin, mais que les FDI elles-mêmes avaient du mal à fournir, en particulier au début de la guerre.

D’autre part, ces dons ont créé des disparités entre les unités et introduit dans les opérations de première ligne du matériel que les FDI n’auraient peut-être pas approuvé s’il avait été soumis aux procédures habituelles d’acquisition et de contrôle de sécurité de l’armée.

L’armée israélienne est consciente du problème, et des responsables cités par Walla ont déclaré que l’armée s’efforçait de maîtriser la situation.

Un responsable de l’armée israélienne a toutefois admis que « l’armée israélienne est loin d’avoir réglé cette question, et il règne un grand désordre. Des fréquences ont été attribuées aux Forces terrestres, mais celles-ci ne les respectent pas vraiment. C’est une question sensible. »

Un autre responsable a indiqué que le problème fondamental résidait dans le coût, les drones de fabrication chinoise étant très bon marché par rapport à leurs homologues américains, européens ou même israéliens.

En réponse à ce rapport, l’armée israélienne a publié un communiqué officiel affirmant qu’elle opérait « conformément à la réglementation et aux normes de sécurité contraignantes dans le domaine du renforcement des forces, y compris dans les domaines des armes, des véhicules, de la technologie et des composants numériques ».

« Les systèmes qui répondent aux exigences et aux normes de sécurité peuvent être pris en considération pour une intégration au sein des FDI, sous réserve des directives et des processus d’approbation applicables. Par ailleurs, les systèmes qui ne répondent pas aux exigences devront faire l’objet des ajustements nécessaires, et s’ils ne satisfont pas aux conditions requises, leur utilisation au sein des FDI ne sera pas approuvée. »