Des entreprises technologiques israéliennes mettent au point un système non explosif pour intercepter les drones hostiles
Deux entreprises technologiques israéliennes se sont associées pour développer un système destiné à intercepter les drones hostiles à proximité de sites sensibles, sans recourir à des contre-mesures explosives susceptibles de créer des risques supplémentaires au sol.
La société Axon Vision, basée à Tel-Aviv, et ParaZero Technologies, basée à Kfar Saba, ont annoncé cette semaine avoir combiné leurs technologies pour faire face aux incidents impliquant des drones pénétrant dans un espace aérien réglementé, en particulier dans des environnements où les abattre à l’aide d’armes conventionnelles pourrait mettre en danger des infrastructures, des équipements ou des civils.
La solution conjointe intègre le système ForceField d’Axon Vision à la technologie DefendAir de ParaZero. ForceField utilise une plateforme alimentée par l’IA en périphérie (Edge AI) pour détecter, suivre et identifier les véhicules aériens sans pilote (UAV) en approche, puis transfère les données de ciblage à DefendAir, qui lance dans les airs un filet lesté suivant une trajectoire permettant d’intercepter et d’envelopper le drone. Le système lancerait alors un filet lesté qui s’enroule autour des hélices du drone, le faisant tomber sans provoquer d’explosion susceptible de projeter des éclats ou des débris.
ForceField a été initialement développé comme un système mobile destiné à accompagner les forces militaires, notamment les unités blindées et l’infanterie, en détectant les drones en approche et en orientant les ripostes défensives. Cependant, Axon Vision a par la suite adapté cette technologie à des sites fixes tels que les aéroports, les installations industrielles, les infrastructures énergétiques et d’autres sites sensibles.
Dans de tels environnements, les entreprises ont indiqué que le recours à des méthodes cinétiques – notamment des missiles ou des armes à feu – peut créer des risques supplémentaires, car les drones endommagés peuvent projeter des débris ou des composants en feu susceptibles d’endommager des aéronefs, des systèmes radar, des réseaux informatiques, des pipelines, des véhicules ou de blesser le personnel à proximité.
ParaZero a passé ces derniers mois à tester son système contre des drones dont la vitesse, la sophistication et la maniabilité ne cessaient d’augmenter. Les essais ont débuté avec des drones disponibles dans le commerce, notamment des modèles similaires à ceux qui ont provoqué des perturbations aéroportuaires à travers le monde, avant de passer à des drones de type militaire utilisés sur les théâtres d’opérations actuels, notamment en Ukraine et au sud du Liban.
L’entreprise a également intercepté avec succès un DJI FlyCart, un drone commercial de transport lourd utilisé pour le transport de marchandises et qui aurait suscité l’intérêt de contrebandiers opérant le long de la frontière entre l’Égypte, Israël et la bande de Gaza.
« ForceField a été conçu dès le départ comme une architecture opérationnelle ouverte et modulaire, plutôt que comme une configuration de produit unique », a expliqué Neri Zin, PDG d’Axon Vision. « Des environnements opérationnels différents nécessitent des capacités d’intervention différentes. Notre collaboration avec ParaZero démontre comment une même architecture ForceField peut prendre en charge des options d’interception complémentaires tout en conservant le même cœur d’IA en périphérie et le même flux de travail opérationnel. »
Ariel Alon, PDG de ParaZero, a déclaré : « L’intégration de DefendAir à ForceField réunit deux technologies hautement complémentaires pour répondre à l’un des défis de sécurité qui connaît aujourd’hui la croissance la plus rapide. »
« Ensemble, nous élargissons l’éventail des environnements opérationnels pouvant bénéficier de capacités avancées de lutte contre les drones (Counter-UAS), offrant ainsi à nos clients une option d’interception efficace et non destructive pour protéger les infrastructures critiques, les aéroports, les installations énergétiques, les actifs de sécurité intérieure et d’autres sites sensibles. »