Les États-Unis lancent une deuxième série de frappes contre l'Iran en représailles aux attaques dans le détroit d'Ormuz ; Trump menace : « Ça va empirer »
Ces frappes font craindre une reprise des hostilités, alors que Donald Trump et les dirigeants iraniens durcissent le ton
Les États-Unis ont lancé une nouvelle série de frappes contre des cibles iraniennes dans la nuit, au lendemain d’environ 80 frappes de représailles menées en réponse aux attaques iraniennes contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.
Des explosions ont été signalées à plusieurs endroits près du golfe Persique, notamment dans les villes portuaires de Bandar Abbas, Konarak et Chabahar, selon l’agence de presse officielle de la République islamique (IRNA).
Les médias iraniens ont également fait état d’explosions dans la ville de Bushehr, qui abrite un complexe de centrales nucléaires.
Le Commandement central américain (CENTCOM) a déclaré avoir frappé « environ 90 cibles militaires iraniennes, notamment des systèmes de défense aérienne, des moyens de surveillance côtière, des sites de stockage de missiles et de drones, des moyens navals et des infrastructures logistiques militaires le long du littoral iranien ».
Ces frappes visaient à « affaiblir davantage la capacité de l’Iran à attaquer la navigation marchande et les marins civils innocents dans le détroit d’Ormuz », a précisé le CENTCOM.
À la suite de ces frappes, le président américain Donald Trump a publié une image d’une précédente frappe en Iran, en déclarant : « C’est une riposte aux bombardements de navires perpétrés hier par l’Iran. Si cela se reproduit, les conséquences seront bien pires ! »
“This is in retribution for yesterday’s bombing of ships by Iran. If it happens again, it will get much worse!” - President Donald J. Trump pic.twitter.com/TKKf8cIzCr
— The White House (@WhiteHouse) July 8, 2026
À bord de l’Air Force One, mis à disposition par le Qatar pour son retour aux États-Unis, le président Trump a de nouveau affirmé que l’Iran « avait appelé il y a peu de temps, ils veulent tellement conclure un accord ».
« Je ne sais tout simplement pas s’ils sont dignes de conclure un accord. Je ne sais pas s’ils vont respecter un accord, c’est ça le problème », a déclaré Trump aux journalistes pendant le vol.
La veille, il avait qualifié les dirigeants iraniens de « racaille » et déclaré que, selon lui, le protocole d’accord et le cessez-le-feu de 60 jours qui y était associé étaient « terminés ».
Dans le même temps, la République islamique a riposté aux frappes américaines en attaquant des sites au Koweït et à Bahreïn.
Peu après les déclarations du président américain, des sirènes d’alerte aérienne ont retenti dans ces deux pays, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) ayant annoncé avoir attaqué des « infrastructures et installations clés » sur des bases américaines situées dans ces pays, en représailles aux frappes du CENTCOM.
À la veille des funérailles de l’ancien Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, dans sa ville natale de Mashhad, la télévision d’État a annoncé que le trafic ferroviaire entre Téhéran et Mashhad avait été suspendu à la suite des frappes américaines.
Alors que le reportage de la télévision d’État imputait la responsabilité à « une attaque criminelle de l’ennemi américano-israélien », les forces israéliennes n’ont pas participé aux récentes vagues de frappes américaines.
Mercredi soir, la chaîne iranienne Press TV a rapporté que le régime avait menacé de fermer le détroit d’Ormuz si les États-Unis menaient des frappes en Iran.
Dans le même temps, un communiqué du régime a affirmé que l’Iran agissait dans le respect du protocole d’accord en limitant le trafic maritime aux seules voies qu’il a approuvées.
« Le protocole d’accord signé à ce sujet stipule clairement que l’Iran rouvrira le détroit conformément à ses propres dispositions. Par conséquent, l’Iran n’autorisera pas la mise en place de toute nouvelle route en dehors du cadre de ses propres dispositions », indiquait le communiqué.
Suite à l’annonce par les États-Unis, plus tôt mercredi, de leur intention de mener de nouvelles frappes contre l’Iran, les médias iraniens ont relayé des appels à l’annulation du protocole d’accord et au retrait des négociations.
« Les États-Unis n’ont pas encore compris que les intimidations et le non-respect de leurs engagements ont désormais un coût. Que les choses soient claires : si vous frappez, vous subirez une riposte », a écrit sur 𝕏 Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et négociateur en chef.
« Le détroit d’Ormuz ne sera rouvert que selon les dispositions iraniennes, et non sous la menace des États-Unis », a-t-il ajouté.
Les frappes américaines du 7 juillet ont eu lieu après que l’Iran eut tiré sur plusieurs navires commerciaux traversant le détroit près des côtes d’Oman, en suivant les voies de navigation approuvées par les États-Unis et Oman.
La reprise des frappes américaines fait craindre une rupture du protocole d’accord, avec le risque d’une reprise du conflit ouvert. La chaîne publique israélienne Kan News a rapporté mercredi que des avions ravitailleurs américains revenaient dans la région au milieu des frappes, peut-être en prévision de nouvelles hostilités.
Une source israélienne proche des services de sécurité a déclaré aux médias hébreux qu’Israël était en état d’alerte maximale face à la possibilité d’une nouvelle escalade avec l’Iran ; toutefois, rien n’indique pour l’instant que l’Iran se prépare à attaquer Israël.
« À ce stade, nous n’avons pas connaissance de préparatifs particuliers de la part des Gardiens de la Révolution visant à lancer des missiles sur le territoire israélien », a déclaré cette source.
Les dirigeants politiques israéliens ont déclaré que toute attaque iranienne contre Israël serait suivie d’une riposte sévère.