Une coalition dirigée par des musulmans à New York lance une campagne visant à promouvoir les investissements en Israël plutôt que le mouvement BDS
Une coalition d’organisations de la société civile, principalement musulmanes, de la ville de New York a lancé une campagne contre le mouvement « Boycott, désinvestissement et sanctions » (BDS), affirmant qu’elle vise à contrer les positions anti-israéliennes du maire de New York, Zohran Mamdani, en encourageant l’investissement, la coopération économique et le dialogue.
La coalition « Unbreakable Bond », récemment créée, estime que le renforcement des liens économiques, culturels et sociaux entre Israéliens et Palestiniens constitue une voie plus efficace vers la paix que les boycotts.
Sa première initiative vise à lever 500 000 dollars grâce à une campagne citoyenne destinée à investir dans des obligations d’État israéliennes, les dividendes issus de ces investissements servant à soutenir quatre organisations œuvrant en faveur de la coexistence israélo-palestinienne.
«La réalité est que les Israéliens et les Palestiniens sont profondément liés sur le plan économique», a déclaré la coalition dans un communiqué. «Des boycotts à grande échelle peuvent, sans le vouloir, nuire aux travailleurs et aux communautés mêmes qu’ils prétendent soutenir.»
C’est pourquoi, précise le communiqué, le groupe cherchera des moyens « de profiter à Israël, à ses citoyens arabes et aux Palestiniens employés par des entreprises israéliennes ».
Parmi les membres fondateurs de la coalition figurent l’American Muslim & Multifaith Women’s Empowerment Council (AMMWEC), le Muslim Women Speakers Bureau, le Global Youth Unity Project (GYUP), l’Abraham PRC et Muslims Israel Dialogue.
Les organisateurs affirment espérer que d’autres organisations et particuliers se joindront à cette initiative.
Le lancement de la campagne est prévu jeudi, à l’occasion du 21e anniversaire de la fondation du mouvement BDS par une coalition d’organisations palestiniennes et de leurs sympathisants.
Selon la coalition, les dividendes générés par les investissements dans des obligations d’État israéliennes seront distribués à quatre associations à but non lucratif qui promeuvent la coexistence : Sharaka, le Jerusalem Interfaith Center, le Combat Antisemitism Movement et Debate for Peace.
Les membres de la coalition précisent que cette initiative se veut également une réponse à Mamdani, dont les critiques à l’égard d’Israël et le soutien au mouvement BDS lui ont valu les éloges de ses partisans et les critiques des groupes pro-israéliens.
Le Combat Antisemitism Movement (CAM) a été l’une des premières organisations à soutenir cette initiative.
« Le CAM est fier de se tenir aux côtés de ses partenaires musulmans dans la lutte contre le mouvement BDS, alimenté par la haine », a déclaré son directeur, Sacha Roytman. « Nous nous réjouissons de poursuivre nos efforts communs pour lutter contre l’extrémisme et redynamiser les liens abrahamiques ancestraux qui unissent musulmans et juifs. »
S’adressant au Times of Israel, le cheikh Musa Drammeh, militant pro-israélien issu de la communauté musulmane de New York, a déclaré que certains dirigeants musulmans estimaient qu’il était important de contester publiquement l’activisme anti-israélien et de proposer une vision alternative des relations entre musulmans et juifs :
« Il est musulman et New York abrite les plus grandes communautés musulmane et juive ; c’est pourquoi certains d’entre nous ont décidé de s’opposer à chaque étape de ce processus, sans quoi la situation finirait par être normalisée. Tout comme il existe des Juifs qui sont anti-Israël et antisionistes, il y a une communauté musulmane grandissante qui n’adhérera jamais, au grand jamais, aux positions anti-Israël ni à l’antisionisme. Le BDS a échoué et le BDS ne peut être toléré. C’est aussi simple que cela. »
« Il s’agit d’un encouragement mondial à investir en Israël. Nous voulons que les entreprises israéliennes et les bons du Trésor israéliens soient considérés comme des entités viables et susceptibles d’attirer des investissements, tout comme les États-Unis. Nous ouvrons la voie pour que les gens s’habituent à investir et à s’informer sur Israël », a-t-il déclaré.
Selon son site web, l’AMMWEC milite en faveur d’un leadership musulman modéré, de l’autonomisation des femmes, de la liberté religieuse et de la coopération entre les religions abrahamiques.
L’organisation soutient également la désignation des Frères musulmans comme organisation terroriste et affirme s’opposer à l’antisémitisme, à l’islamophobie, à l’extrémisme et à toutes les formes de sectarisme, tout en promouvant l’engagement civique, le dialogue et le respect mutuel.