La CPI aurait émis des mandats d'arrêt secrets à l'encontre de cinq dirigeants israéliens pour crimes de guerre
La Cour pénale internationale (CPI) de La Haye a émis des mandats d'arrêt secrets à l'encontre de plusieurs Israéliens, a rapporté dimanche le journal Haaretz.
Haaretz a cité une source diplomatique qui a déclaré au journal que des mandats d'arrêt seraient émis à l'encontre de trois responsables politiques israéliens et de deux militaires.
L'article ne précisait pas quand ces mandats d'arrêt avaient été émis ni qui était visé, ceux-ci n'ayant pas été rendus publics.
La CPI avait déjà émis des mandats d'arrêt à l'encontre du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. Ces mandats avaient été émis en novembre 2024.
Cependant, Ynet a affirmé que l'information selon laquelle les mandats d'arrêt avaient déjà été émis était fausse, citant une réponse officielle de la Cour à une demande de renseignements de la part du média israélien.
Bien que les mandats soient susceptibles d’être émis en secret, plusieurs cibles potentielles ont été identifiées, notamment le ministre des Finances Bezalel Smotrich, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne Herzi Halevi, l’actuel chef d’état-major de l’armée israélienne Eyal Zamir et l’actuel ministre de la Défense Israel Katz.
En mai de l’année dernière, le Wall Street Journal a rapporté que le procureur général de la CPI, Karim Khan, prévoyait de délivrer des mandats d’arrêt contre Smotrich et Ben Gvir.
Selon l’article du Journal, Khan enquêtait sur les déclarations exagérées des ministres et sur leur rôle dans l’expansion des colonies en Judée-Samarie. Khan enquêtait apparemment sur ces dernières pour d’éventuelles violations de la Convention de Genève, qui interdit aux pays de procéder à des transferts de population vers des territoires occupés.
Israël nie que le territoire de la Judée-Samarie soit occupé, car son annexion par la Jordanie à la suite de la guerre d’indépendance de 1948 n’a jamais été officiellement reconnue par la communauté internationale. Au contraire, Israël qualifie la Judée-Samarie de territoire contesté, soumis à un ensemble de règles distinctes.
Khan a été temporairement suspendu de ses fonctions de procureur, à la suite d’accusations d’agression sexuelle à l’encontre d’une employée de son bureau. Un article du Wall Street Journal indique que Khan a déposé les mandats d’arrêt contre Netanyahu et Gallant avant d’avoir réuni suffisamment de preuves, afin de détourner l’attention des accusations de viol qui pèsent sur lui et de gagner le soutien du public dans cette affaire.
Le professeur Eliav Lieblich, expert en droit international à la faculté de droit de l’université de Tel Aviv, a déclaré à Haaretz que le statut de la CPI n’oblige pas la Cour à notifier aux suspects l’existence d’un mandat d’arrêt.
« La publication des mandats, comme cela a été fait dans les cas du président russe Vladimir Poutine, de Netanyahu et de Galant, vise à dissuader », a expliqué le professeur Lieblich.
Le maintien du secret vise notamment à « augmenter les chances que la personne se rende à l’endroit où elle sera arrêtée », a-t-il poursuivi.
Les mandats d’arrêt délivrés contre Netanyahu et Galant les ont amenés à éviter de se rendre dans les pays appliquant les mandats de la CPI. Dans le même temps, la délivrance des mandats d’arrêt a conduit à des sanctions américaines contre plusieurs juges de la CPI, dont Khan.
Pendant la guerre de Gaza, plusieurs pays ont interdit l’entrée sur leur territoire aux ministres Ben-Gvir et Smotrich. De plus, en juillet dernier, le gouvernement néerlandais a inscrit les deux ministres sur une liste noire, leur interdisant l’entrée dans les 29 pays européens signataires de l’accord de Schengen.
En décidant de délivrer des mandats d’arrêt contre Netanyahu et Galant il y a deux ans, la CPI a estimé qu’il existait des motifs raisonnables de mener une enquête sur les deux hommes pour des crimes de guerre présumés commis dans la bande de Gaza. Les mandats d’arrêt accusaient notamment Netanyahu et Galant d’être responsables de l’utilisation de la famine comme méthode de guerre, de meurtres, de persécutions et d’attaques intentionnelles contre une population civile.
La Cour a par la suite rejeté un recours formé par Israël concernant sa compétence même pour connaître des affaires relatives à la guerre à Gaza, en se fondant sur le « principe de complémentarité » inscrit dans le Statut de Rome, qui a institué la CPI. Selon ce principe, Israël, en tant que pays souverain, a le droit d’enquêter et de juger de manière indépendante les dirigeants accusés de crimes.
Ni Israël ni les États-Unis ne sont signataires du Statut de Rome, et tous deux rejettent la compétence de la CPI.
Le Staff de All Israel News est une équipe de journalistes en Israël.