Israël frappe le Hezbollah après des attaques de drones et avertit les États-Unis que le « projet pilote » au Liban est sur le point d’échouer
Aucun blessé parmi les forces de défense israéliennes après le lancement de deux drones explosifs par le Hezbollah
Israël considère que le programme pilote mené dans le sud du Liban, dans le cadre duquel l’armée libanaise devait se déployer dans des zones désignées et les débarrasser de toute présence du Hezbollah, a échoué, a rapporté jeudi Walla News.
Cette information a été publiée alors que le groupe terroriste a lancé des attaques de drones contre les forces israéliennes pendant la nuit et que l’armée israélienne a riposté par des frappes aériennes tout au long de la journée de jeudi.
Ce cadre pilote avait été convenu après des mois de négociations entre Jérusalem et Beyrouth, sous la médiation américaine. Les zones pilotes étaient censées démontrer la capacité des Forces armées libanaises (FAL) à mener des opérations efficaces contre le groupe terroriste, comme première étape vers un retrait israélien complet et le déploiement des FAL dans tout le sud du Liban.
Cependant, des responsables israéliens de la sécurité ont averti que « l’armée libanaise ne détruit pas les infrastructures terroristes sur la base des coordonnées qui lui sont fournies par les FDI, tout en demandant davantage de coordonnées, alors même qu’elle ne fait rien pour y donner suite », selon Walla.
The IDF says it carried out a series of strikes on Hezbollah infrastructure in the Nabatieh area of southern Lebanon, following last night's drone attack by the terror group on troops.
— Emanuel (Mannie) Fabian (@manniefabian) August 27, 2026
The targets included sites used to store weapons that Hezbollah intended to use in attacks on… pic.twitter.com/VJqVhnPI6o
Par ailleurs, des affrontements ont éclaté entre le Hezbollah et les Forces de défense israéliennes (FDI) après plusieurs semaines de calme relatif. Jeudi matin, les FDI ont indiqué que le Hezbollah avait lancé, pendant la nuit, deux drones explosifs contre des troupes opérant sur la crête d’Ali al-Taher.
Cette zone est un foyer de tensions depuis quelques semaines, les FDI estimant que plusieurs dizaines de membres du Hezbollah restent piégés dans des tunnels souterrains à cet endroit. Selon Al Arabiya, on compte également parmi eux des dizaines d’officiers iraniens.
Le cessez-le-feu a empêché l’armée israélienne de prendre des mesures radicales à leur encontre ; toutefois, les affrontements qui ont éclaté lors de tentatives de fuite depuis cette forteresse souterraine, ou pour la réapprovisionner, ont coûté la vie à cinq soldats de l’armée israélienne et en ont blessé 20, tandis que plus de 20 membres du Hezbollah ont été tués.
Lors du dernier incident en date, le Hezbollah a lancé deux drones piégés contre les troupes. « Les soldats de l’armée israélienne ont ouvert le feu et abattu l’un des drones, tandis que le contact a été perdu avec le second. Aucun blessé n’a été signalé du côté de l’armée israélienne », a déclaré l’armée israélienne.
En riposte, l’armée israélienne « a frappé des infrastructures du Hezbollah dans la région de Nabatiyeh », notamment « des entrepôts d’armes ».
Dans le même temps, les États-Unis ont poursuivi leurs efforts pour maintenir en vie les relations diplomatiques entre Beyrouth et Jérusalem, Washington jouant le rôle de médiateur dans des pourparlers visant à empêcher une nouvelle escalade et à faire progresser un accord de sécurité à plus long terme. Jeudi, l’ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, a déclaré que le peuple libanais « est unanime quant au désarmement du Hezbollah. Chacun peut avoir sa préférence quant à la manière d’y parvenir, mais en fin de compte, il est essentiel que le groupe remette ses armes directement à l’État libanais. »
Les propos d’Issa font suite à une rencontre avec le chef spirituel de la communauté druze au Liban, le cheikh Sami Abi Al-Muna. « Le Hezbollah doit donc remettre ses armes à l’État », a ajouté M. Issa. « Nous voulons qu’il remette ses armes – nous ne demandons rien de plus que cela. »
Cependant, selon des déclarations de hauts responsables de l’armée israélienne (IDF) à Walla, c’est le chef des Forces armées libanaises (FAL) lui-même, Rodolphe Haykal, qui entrave ces efforts.
« Le chef d’état-major de l’armée libanaise ne va pas au-delà de ses fonctions. Il n’y a pas de véritable application des mesures. L’armée libanaise se concentre davantage sur la coordination », a déclaré un responsable. « Il est clair qu’Israël n’est pas satisfait, et c’est pourquoi il ne se précipite pas pour accepter de nouvelles zones pilotes. »
« Il n’y a pas de véritable friction entre l’armée libanaise et le Hezbollah. Le Hezbollah ne voudrait pas que quiconque vienne récupérer ses armes ou détruire ses infrastructures », a ajouté un responsable. À titre d’exemple, il a révélé qu’à un moment donné, des soldats des Forces armées libanaises (FAL) « sont entrés dans le tunnel sur quelques mètres, ont fait demi-tour et sont repartis. Ils n’ont pas osé aller plus loin. Nous estimons qu’ils ne prendront aucune mesure. Malgré cela, ils insistent pour recevoir davantage de coordonnées. »
Jeudi également, le chef d’état-major des Forces de défense israéliennes (FDI), le général de corps d’armée Eyal Zamir, a affirmé que les FDI restaient prêtes à relever les défis sur tous les fronts, y compris au Liban.
« Nous faisons évoluer nos procédures opérationnelles sur tous les fronts, de l’Iran au Liban en passant par Gaza, et restons en état d’alerte maximale compte tenu de la situation délicate sur plusieurs fronts… Les Forces de défense d’Israël, dans toutes leurs composantes, maintiendront une préparation totale sur plusieurs fronts tout au long de la période des fêtes – il n’y aura aucune réduction des forces opérationnelles », a affirmé Zamir.