Un groupe de jeunes radicaux s'en prend à des journalistes et à des militants sous les yeux de soldats de l'armée israélienne ; aucune arrestation n'a été effectuée
Le chef du Commandement central déclare à Netanyahou que « les crimes nationalistes pourraient mettre le feu à la Judée et à la Samarie »
Un groupe de radicaux israéliens a récemment été filmé en train d’agresser des militants et des journalistes en présence de soldats de l’armée israélienne (Tsahal), près de la ville de Bethléem.
Mardi, près de la localité palestinienne de Jannatah, les radicaux israéliens ont attaqué une équipe de journalistes de l’AFP et des militants israéliens de l’association « Standing Together », avant que les soldats ne les laissent s’enfuir avant l’arrivée de la police israélienne.
L'équipe, composée de trois journalistes de l'AFP, était venue couvrir le travail des militants israéliens qui s'efforcent de protéger les Palestiniens harcelés par des groupes de jeunes radicaux, lorsqu'une altercation a éclaté et que plusieurs colons ont commencé à frapper les journalistes et les militants et à les asperger de ce qui semblait être du spray au poivre.
Les militants israéliens, composés à la fois de Juifs et d’Arabes, étaient venus aider à ériger une clôture autour de propriétés palestiniennes ayant fait l’objet d’attaques répétées de la part des radicaux.
Les soldats de l’armée israélienne (IDF) arrivés sur les lieux ne les ont pas dispersés, se contentant d’indiquer aux journalistes et aux militants que la zone était une zone militaire interdite.
Selon le reportage de l’AFP, les journalistes ont reçu l’ordre de quitter les lieux, tandis que les radicaux, dont beaucoup venaient de l'implantation voisine de Kochav Yehuda, continuaient d’affluer.
Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent que les soldats de l’armée israélienne n’ont pratiquement pas intervenu contre les jeunes, dont beaucoup sont filmés en train d’agresser les journalistes et les militants sous leurs yeux.
Jannata: Jewish terrorists are attacking our activists. Terrorists sprayed them with pepper spray, beat a 70-year-old activist, smashed the windows of four vehicles, and slashed their tires. Soldiers stood by and watched. The police arrived only hours after the attack had ended. pic.twitter.com/zeQjjpEiWL
— Rabbis for Human Rights (@rabbis4HR) August 25, 2026
La Société du Croissant-Rouge palestinien a déclaré avoir soigné cinq personnes blessées lors de cette altercation.
Le journal israélien Haaretz a rapporté que Kochav Yehuda, qui a été démantelée à de nombreuses reprises par les autorités israéliennes, avait été évacuée pour la dernière fois seulement deux jours avant l’incident de mardi.
Les Palestiniens et les militants israéliens affirment que ce cycle de démolition et de reconstruction, qui ne donne lieu à aucune arrestation, est révélateur de l’attitude permissive des autorités israéliennes à l’égard des implantations illégales.
Les militants israéliens ont déclaré avoir appelé la police, qui n’est arrivée qu’après le départ des radicaux.
Sur son compte de réseau social, l’association Standing Together a affirmé que « les vitres de quatre véhicules avaient été brisées et leurs pneus crevés ».
Yesterday, we joined Rabbis for Human Rights and Bnei Avraham to erect protective fencing around Palestinian homes in Jannatah, southeast of Bethlehem. The fence was intended to help protect Palestinian families who have endured repeated attacks and intimidation by violent… pic.twitter.com/bANL0tlc7E
— עומדים ביחד نقف معًا Standing Together🟣 (@omdimbeyachad) August 26, 2026
Les journalistes de l'AFP ont également affirmé que leurs véhicules avaient été « fortement endommagés » par les attaques.
Un des journalistes de l'AFP a déclaré que son appareil photo avait été temporairement saisi par un soldat de Tsahal, avant de lui être restitué.
Le groupe a déclaré que la clôture de barbelés, qu'il aidait à installer ce jour-là, est « destinée à aider à protéger les familles palestiniennes qui ont subi des attaques et des intimidations répétées de la part de radicaux israéliens violents opérant depuis l'avant-poste illégal voisin de Kochav Yehuda, qui a été démantelé et reconstruit à plusieurs reprises. »
Les opposants aux violences des radicaux ont fait remarquer que très peu d'arrestations sont effectuées, malgré le fait que les soldats aient le pouvoir d'appréhender les suspects israéliens commettant des actes de violence.
Selon la chaîne d'information Channel 12, le commandant du commandement central, le major-général Avi Bluth, a déclaré lundi au Premier ministre Benjamin Netanyahu que les violences des colons pourraient entraîner une escalade de la violence en Judée-Samarie.
« On a constaté un déclin significatif de l’ampleur du terrorisme au cours des deux dernières années, mais il existe une étincelle qui pourrait tout embraser en un instant : le crime nationaliste », aurait déclaré Bluth.
Un officier supérieur de Tsahal a déclaré à ce média que les commandants sur le terrain « se sentent seuls », en raison du soutien apporté aux groupes de radicaux violents par certains occupant des postes de direction.