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VIDÉO : « Adieu Bibi ? » Netanyahu risque d'être évincé par les urnes, Eisenkot monte en puissance, selon Rosenberg, rédacteur en chef d'ALL ISRAEL NEWS

« Il est encore trop tôt pour écarter Netanyahu », ajoute Rosenberg

 
(left to right) Retired IDF Brigadier General Ofer Winter, Gadi Eisenkot, Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu

Benjamin Netanyahu (Bibi) a déjà été donné pour battu par le passé. À de nombreuses reprises, en réalité. Pourtant, malgré des situations où il s’en est sorti de justesse, le Premier ministre israélien ayant exercé le plus longtemps a toujours trouvé le moyen de s’en sortir.

Mais à l’approche des élections israéliennes du 27 octobre, il semble de plus en plus probable que cette fois-ci, les choses pourraient être différentes.

Le Likoud, le parti de Netanyahu, est en retard dans plusieurs sondages, sa coalition de droite peine à atteindre les 61 sièges nécessaires pour former un gouvernement, et l'ancien chef d'état-major de l'armée israélienne, Gadi Eisenkot, s'est soudainement imposé comme peut-être le challenger le plus sérieux auquel Netanyahu ait dû faire face depuis des années.

Joel Rosenberg, rédacteur en chef d'ALL ISRAEL NEWS, estime que le danger qui pèse sur Netanyahu est bien réel. « Je pense qu’il est dans une situation vraiment délicate », m’a-t-il confié mercredi lors d’un entretien. « Je ne l’ai jamais vu dans une situation aussi difficile que celle que je constate actuellement. »

Un sondage Ma’ariv/Lazar du 20 août indiquait que le parti Yashar d’Eisenkot remporterait 26 sièges, contre seulement 20 pour le Likoud. Le bloc d’opposition au sens large totalisait 60 sièges, tandis que celui de Netanyahou n’en comptait que 49. Les partis arabes en détenaient 11 autres.

Eisenkot se retrouve ainsi très proche du nombre magique de 61 – et Netanyahou en reste à l’écart – du moins dans l’état actuel des choses. « Il ne fait aucun doute que Gadi Eisenkot tire parti de la lassitude envers Bibi », affirme Rosenberg.

Les récents sondages sont également de mauvais augure pour le parti politique de Bibi dans son ensemble. Yashar, le parti d’opposition, est passé d’une dizaine de sièges au début de l’année à 26, tandis que le Likoud, le parti de Netanyahou, est passé d’environ 27 à 20.

Au début de l’été, ALL ISRAEL NEWS a rapporté que les électeurs préféraient Eisenkot à Netanyahou au poste de Premier ministre, à 46 % contre 36 %.

« À l’heure actuelle, Netanyahu est en difficulté ; sa coalition est en difficulté », déclare Rosenberg. « Eisenkot a le vent en poupe, il est en pleine ascension, mais le résultat est trop serré pour désigner un vainqueur à ce stade. »

Eisenkot a passé plus de trois décennies dans l’armée israélienne, avant de devenir chef d’état-major des Forces de défense israéliennes (FDI). Netanyahu l’a ensuite intégré au cabinet de guerre d’urgence à la suite du massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre.

Mais Eisenkot a fini par démissionner, critiquant la gestion de la guerre par Netanyahou, avant de fonder son propre parti, Yashar. Sa campagne s’articule largement autour du service national, de l’unité et de la responsabilité des événements du 7 octobre.

Lors du lancement de sa campagne cet été, Eisenkot a promis d’augmenter les recrutements dans l’armée afin d’alléger le fardeau énorme qui pèse sur les troupes régulières et les réservistes. Il s’est également engagé à mettre en place une commission d’enquête nationale sur les défaillances du 7 octobre et a critiqué les dirigeants politiques actuels d’Israël.

Ces thèmes ont du poids car la famille d’Eisenkot a elle-même payé un prix énorme pendant la guerre. Son fils, Gal, a été tué au combat à Gaza. Deux de ses neveux ont également été tués au combat.

Ce parcours est devenu un élément important de l’attrait politique d’Eisenkot et aide à expliquer pourquoi POLITICO l’a récemment décrit à la fois comme un ancien général et un père en deuil capable de battre Netanyahou.

D’autres portraits l’ont présenté comme l’antithèse stylistique de Netanyahou. « Gadi Eisenkot est l’anti-Netanyahu dans le sens où ce dernier est très raffiné », explique Rosenberg. « Gadi Eisenkot est plutôt bourru et sans fioritures. »

En bref, Eisenkot semble donner l’impression d’être plus proche des classes populaires et plus terre-à-terre. « Sa famille en a payé le prix. C’est l’un des nôtres », ajoute Rosenberg, décrivant ainsi le sentiment partagé par de nombreux Israéliens.

Le plus gros problème de Netanyahu, cependant, reste peut-être le 7 octobre. Pendant des décennies, Netanyahu s’est forgé une réputation de « Monsieur Sécurité », le dirigeant sur lequel les Israéliens pouvaient compter pour les protéger dans une région du monde extrêmement dangereuse. « Le 7 octobre a anéanti cette image de Monsieur Sécurité », explique Rosenberg.

Cela ne signifie pas pour autant que les Israéliens aient oublié ce que Netanyahu a accompli par la suite, notamment son leadership aux côtés du président Donald Trump contre l’Iran, le Hezbollah et le Hamas.

« Quand on voit tout ce qu’il a accompli, je lui en tire un grand mérite », déclare Rosenberg. « Mais le 7 octobre a été le pire massacre de Juifs en une seule journée depuis l’Holocauste, et cela touche profondément. Il y a donc beaucoup d’Israéliens qui lui en veulent. »

On observe également une frustration croissante face à l’alliance de Netanyahou avec les partis ultra-orthodoxes et au débat houleux sur le service militaire des Haredim.

Eisenkot a fait du service national obligatoire un pilier central de sa campagne, affirmant que les hommes ultra-orthodoxes éligibles doivent soit servir dans l’armée israélienne (IDF), soit effectuer une autre forme de service national.

Autre problème pour Netanyahou : les petits partis de droite menacent de lui ravir des voix au sein de son bloc, ce qui constitue un défi de taille étant donné que « Bibi » doit former une coalition contrôlant au moins 61 des 120 sièges de la Knesset.

Tout cela représente le défi politique de sa vie pour « Bibi », mais n’oublions pas qu’il a déjà accompli des miracles par le passé.

« Je n’écarterais jamais Netanyahou », a averti Rosenberg.

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