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ANALYSE

Trump sort des sentiers battus concernant le Hezbollah – Le Liban veut d'abord que Israël se retire

 
Le président américain Donald Trump accueille le Premier ministre libanais Joseph Aoun à la Maison Blanche, le 21 juillet 2026. (Photo : Maison Blanche)

Le président américain Donald J. Trump n’a jamais été accusé de penser de manière conventionnelle. C’est plutôt le contraire qui est vrai.

Il applique aujourd’hui cette même approche non conventionnelle à l’un des problèmes les plus complexes du Moyen-Orient : comment désarmer le Hezbollah sans déclencher une guerre civile au Liban, sans permettre à l’organisation terroriste de se regrouper et sans laisser Israël vulnérable le long de sa frontière nord.

Lors d’une réunion mardi dans le Bureau ovale avec le président libanais Joseph Aoun, Trump a publiquement lancé une idée qui aurait été pratiquement impensable sous la plupart des présidents américains. Il a proposé de s’entretenir personnellement avec le Hezbollah. Ce n’est pas seulement une réflexion hors des sentiers battus, c’est tout simplement l’approche la plus non conventionnelle qui soit.

« Je parlerais au Hezbollah. Je parle à tout le monde », a déclaré Trump. « Je parle à des gens avec lesquels beaucoup pensent que je ne devrais pas parler, et ça marche. »

Trump a précisé qu’il n’ouvrirait un tel canal de communication que si Aoun estimait que cela serait utile. « Si le président voulait que je m’adresse au Hezbollah, je le ferais », a ajouté Trump.

C’est du Trump tout craché. Il se considère comme le négociateur par excellence, capable de communiquer avec pratiquement n’importe qui – y compris des ennemis jurés et des organisations terroristes – s’il estime qu’une conversation pourrait aboutir à des résultats.

C’est une approche qui met mal à l’aise de nombreux traditionalistes, mais dans l’esprit de Trump, pourquoi pas ? Les approches conventionnelles n’ont donné que peu de résultats durables.

Quant à savoir si cela peut fonctionner avec le Hezbollah, c’est une tout autre question.

Pourtant, la volonté de Trump de sortir des sentiers battus n’est qu’une pièce du puzzle. Le plus grand défi réside dans le fait que Washington, Jérusalem et Beyrouth ne suivent pas la même ligne de conduite.

Le Liban souhaite qu’Israël achève son retrait du sud du Liban avant de s’attaquer de front au Hezbollah.

Israël, quant à lui, exige des garanties solides quant au désarmement du Hezbollah avant de céder ses dernières positions. C’est la conciliation de ces priorités contradictoires – et non pas simplement l’ouverture d’un dialogue avec le Hezbollah – qui déterminera en fin de compte si la dernière initiative de Trump aboutira ou s’enlisera.

« Il y a un problème avec le Hezbollah », a reconnu Trump, assis aux côtés d’Aoun. « Nous allons l’aider. Nous allons l’aider considérablement. Nous allons résoudre de nombreux problèmes. Nous en avons déjà résolu certains pour le Liban. »

Le président aurait également suggéré que la Syrie pourrait jouer un rôle en coupant les voies d’approvisionnement en armes du Hezbollah ou en exerçant une pression sur l’organisation.

Parmi les autres idées à l’étude figure le déploiement d’unités de l’armée libanaise spécialement sélectionnées, qui seraient contrôlées, formées et équipées par les États-Unis avant de prendre le contrôle des territoires évacués par Israël.

La situation est pour le moins précaire. Le Hezbollah n’est pas simplement une force terroriste positionnée le long de la frontière nord d’Israël. Il est profondément ancré au sein de la communauté chiite libanaise et exerce une influence politique, religieuse, sociale et économique considérable dans tout le pays.

Toute tentative de l’armée libanaise visant à le désarmer par la force pourrait déclencher un violent conflit interne. Une guerre civile au Liban est une possibilité très réelle.

Le premier test est déjà en cours dans les « zones pilotes » du sud du Liban.

En vertu de l’accord-cadre négocié par les États-Unis et conclu le 26 juin, les troupes israéliennes devraient se retirer progressivement de certaines zones. Les soldats libanais s’y installeraient alors immédiatement pour empêcher le retour du Hezbollah, et le gouvernement libanais deviendrait à terme la seule autorité armée du pays.

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