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Israël critique un document du Parti travailliste australien, qu'il juge partial dans le conflit au Moyen-Orient

 
Manifestation en faveur de la Palestine à Melbourne, le 3 mars 2026 (Photo : Shutterstock)

L'ambassade d'Israël à Canberra a adressé lundi une rare critique publique au Parti travailliste australien, au pouvoir, avertissant qu'un projet de programme politique présenté en vue du congrès national du parti offrait une vision partiale du conflit israélo-palestinien et attribuait injustement la responsabilité à l'État juif.

Cette critique inhabituellement directe reflète la crainte de Jérusalem que les délégués du Parti travailliste n'adoptent un programme critiquant vivement Israël tout en accordant relativement peu d'importance au Hamas et aux responsabilités des dirigeants palestiniens. Le congrès doit se tenir dans le courant de la semaine.

« L’ambassade fait respectueusement valoir que plusieurs éléments du projet de programme risquent d’imputer la responsabilité du conflit à une seule partie, tout en accordant une attention insuffisante aux décisions, à la conduite et aux obligations persistantes des dirigeants palestiniens et des organisations terroristes telles que le Hamas », a déclaré l’ambassade d’Israël.

L’ambassade a en outre souligné qu’Israël « reste attaché à un avenir dans lequel Israéliens et Palestiniens vivraient côte à côte dans la paix et la sécurité ».

« Cet avenir ne peut toutefois pas se construire par le biais de déclarations politiques unilatérales ou de pressions internationales dirigées contre une seule partie », a poursuivi l’ambassade.

Tout en exprimant ses inquiétudes concernant le projet de programme, l’ambassade a ajouté qu’elle « note que ces propositions politiques en sont encore au stade de projet et qu’elle continuera à dialoguer de manière constructive avec le Parti travailliste australien par les voies diplomatiques habituelles ».

La ministre australienne du Développement international et des Affaires multiculturelles, Anne Aly, a rejeté les critiques israéliennes.

« L’ambassade d’Israël peut dire ce qu’elle veut », a déclaré Aly.

S’exprimant sur ABC Radio National, la ministre de l’Emploi, Amanda Rishworth, a souligné que ce programme restait une affaire interne au parti.

« Nous avons condamné sans équivoque le Hamas, notamment pour les atrocités du 7 octobre et ses actes de terrorisme persistants », a déclaré Mme Rishworth.

« Nous souhaitons une solution à deux États dans laquelle Israéliens et Palestiniens puissent vivre à l’intérieur de frontières sûres, et je pense que notre Premier ministre et notre gouvernement ont été très clairs à ce sujet », a ajouté la ministre.

Le programme du Parti travailliste a considérablement évolué ces dernières années. En 2023, il exprimait son soutien à la reconnaissance d’un « État palestinien », une politique que le gouvernement australien a mise en œuvre en août 2025.

Le dernier projet de programme élargit ses critiques à l’égard d’Israël en s’opposant à l’annexion par Israël de la Judée et de la Samarie (connues internationalement sous le nom de Cisjordanie), en condamnant les propositions visant à appliquer la peine de mort aux terroristes reconnus coupables d’avoir tué des Israéliens, en critiquant les violences commises par les colons juifs et le contrôle militaire israélien sur les territoires contestés, et en exprimant son soutien au mandat d’arrêt politisé émis par la Cour pénale internationale à l’encontre du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Si le projet concentre une grande partie de ses critiques sur Israël, il « condamne sans réserve le terrorisme et l’extrémisme violent, y compris ceux perpétrés par le Hamas ».

Selon The Guardian, une version antérieure du projet stipulait que « le Hamas doit se désarmer et ne peut jouer aucun rôle dans l’État de Palestine ». Ces termes auraient été supprimés de la version qui sera présentée lors de la conférence plus tard cette semaine.

L’ambassade d’Israël a averti que ce changement envoyait un mauvais message.

« Tout relâchement de la pression sur le Hamas et sa réorientation vers Israël ne feront que renforcer cette organisation terroriste », a déclaré l’ambassade.

L’ambassade a également qualifié la violence des colons de « phénomène répréhensible mais marginal » et a fait valoir que le projet y accordait « une attention disproportionnée ». On estime que les extrémistes juifs violents ne représentent que quelques centaines d’individus parmi les quelque 500 000 résidents juifs de Judée-Samarie.

En août 2025, l’Australie a rejoint un nombre croissant de pays occidentaux en reconnaissant un « État palestinien », malgré l’argument d’Israël selon lequel une telle reconnaissance récompense le Hamas pour le massacre du 7 octobre 2023 et sape les perspectives d’un accord de paix négocié.

« La paix se construit en mettant fin au terrorisme, et non en le récompensant », avait déclaré à l’époque l’ambassadeur d’Israël en Australie, Amir Maimon.

« En reconnaissant un État palestinien alors que le Hamas continue de tuer, d’enlever des otages et de rejeter la paix, l’Australie sape la sécurité d’Israël, fait dérailler les négociations sur les otages et offre une victoire à ceux qui s’opposent à la coexistence », avait ajouté l’ambassadeur.

Les relations entre l’Australie et Israël se sont détériorées depuis l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre.

Le gouvernement travailliste australien a critiqué à plusieurs reprises la campagne militaire d’Israël contre le Hamas et d’autres groupes terroristes soutenus par l’Iran, tandis qu’Israël a fait valoir que Canberra n’avait pas suffisamment mis l’accent sur la responsabilité du Hamas dans le conflit.

L’Australie a également connu une forte recrudescence des incidents antisémites depuis le début de la guerre.

En décembre 2025, deux terroristes islamistes ont assassiné 15 Juifs qui assistaient à une célébration de Hanoukka à Bondi Beach, à Sydney, lors de l’attaque terroriste la plus meurtrière qu’ait connue l’Australie depuis près de trois décennies.

De nombreux Juifs australiens ont depuis critiqué le gouvernement travailliste pour ce qu’ils considèrent comme son incapacité à lutter de manière adéquate contre la montée de l’antisémitisme.

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