Le président libanais Aoun a déclaré à Trump que son pays mettrait fin « pour toujours » à ses hostilités avec Israël
L'armée israélienne tire des coups de semonce alors que des soldats des Forces armées libanaises pénètrent par erreur dans une zone de sécurité israélienne au Sud-Liban
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré mardi au président américain Donald Trump, lors de leur rencontre à Washington, que son pays était prêt à mettre définitivement fin aux hostilités avec Israël, ajoutant à l’adresse de Trump : « Ce sera votre héritage. »
« Je tiens à remercier le président Trump et son équipe pour cette visite historique et pour l’avancée historique que nous avons réalisée ensemble, en signant cet accord-cadre, dont l’objectif ultime est de mettre fin à jamais à l’état d’hostilité entre le Liban et Israël », a déclaré le président Aoun lors de sa rencontre à la Maison Blanche mardi.
« Je pense, Monsieur le Président, que ce sera votre héritage », a ajouté Aoun.
Aoun a évoqué la vision du président Trump pour la paix et la stabilité dans la région, affirmant : « Je pense que ma vision coïncide avec la vôtre. »
🚨 HISTORIC: LEBANON MOVES TOWARD ENDING HOSTILITIES WITH ISRAEL
— Mossad Commentary (@MOSSADil) July 21, 2026
Lebanese President Joseph Aoun thanked President Trump for helping secure a new framework aimed at ending the state of hostility between Lebanon and Israel “forever.”
“This will be your legacy.” pic.twitter.com/JPLrmhaGQd
La visite d’Aoun à Washington a marqué la première visite d’un président libanais dans la capitale depuis 17 ans. Lors de ses entretiens avec Trump, Aoun a appelé la communauté internationale à soutenir les Forces armées libanaises, chargées de désarmer le Hezbollah en vertu de l’accord signé avec Israël en juin, et conformément à une décision du Conseil des ministres libanais prise en 2025.
Aoun s’efforce progressivement d’intensifier la pression sur le Hezbollah pour qu’il se désarme, tant sur la scène internationale qu’au niveau national, le gouvernement espérant ainsi mettre fin à des décennies de frappes et d’incursions israéliennes sur son territoire, visant à réduire la capacité de cette organisation terroriste à menacer l’État juif.
Le président Aoun a souscrit à l’appel lancé par le gouvernement américain au gouvernement libanais pour qu’il exerce « un monopole sur les armes » dans le pays. Les capacités militaires du Hezbollah rivalisaient avec celles des Forces armées libanaises (FAL) avant qu’Israël ne commence à détruire systématiquement ses infrastructures et à cibler sa hiérarchie dirigeante en 2024, ce qui a conduit de nombreux analystes à le qualifier d’« État dans l’État ».
La fin de la présence militaire du Hezbollah dans le sud du Liban est depuis des années une préoccupation internationale, qui a même conduit à l’élaboration de la résolution 1701 des Nations unies à la suite de la deuxième guerre du Liban de 2006. Cependant, ni les Forces armées libanaises (FAL), ni la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) n’ont jamais pris de mesures concrètes pour s’opposer à la présence armée du Hezbollah dans la région.
Cette situation a contraint Israël à s’opposer lui-même à cette organisation terroriste chiite, afin de rétablir le calme dans la région et d’assurer la sécurité de ses communautés du nord. Cela a également conduit à la présence durable de soldats des Forces de défense israéliennes (FDI) dans le sud du Liban, bien après l’accord de cessez-le-feu de décembre 2024 conclu avec le Liban, Israël cherchant à confiner les combats au territoire libanais.
L’accord-cadre entre le Liban et Israël prévoit une série de retraits des FDI du sud du Liban, subordonnés à l’entrée réussie des Forces armées libanaises (FAL) dans des « zones pilotes » et à leur capacité avérée à empêcher le Hezbollah de réintégrer ces mêmes zones.
Le président Aoun a évoqué la nécessité d’un soutien international aux Forces armées libanaises (FAL) dans le cadre de ce projet.
« Nous devons soutenir les FAL », a déclaré Aoun. « Sans les FAL, tout s’effondrera. »
« Nous ne voulons pas cela. Je pense que le président Trump ne le souhaite pas non plus », a ajouté Aoun, ancien commandant des FAL.
Dans le même temps, alors que les FAL pénétraient mardi dans la première zone pilote, un incident a failli dégénérer en confrontation avec les Forces de défense israéliennes (FDI), au cours duquel des tirs d’avertissement ont été effectués par des soldats israéliens.
Les FAL ont accusé les soldats israéliens d’avoir tiré sur des soldats libanais qui entraient dans la ville de Zawtar al-Gharbiya, qui fait partie de la première zone pilote.
L’armée israélienne a déclaré que des troupes des FAL avaient pénétré dans la zone de sécurité israélienne, franchissant des barrières dans la ville voisine de Zawtar al-Sharqiyah, qui ne fait pas partie de la zone pilote.
« Les soldats de l’armée israélienne opérant dans la zone ont tiré des coups de semonce uniquement en l’air, sans mettre en danger le personnel des Forces armées libanaises, afin de les éloigner de la zone », a indiqué l’armée dans un communiqué.
Earlier today, IDF soldiers operating in the Security Zone in southern Lebanon identified Lebanese Armed Forces personnel, accompanied by an engineering vehicle, who crossed ~150 meters into the Security Zone and breached barriers in the area of Zawtar al-Sharqiyah, contrary to…
— Israel Defense Forces (@IDF) July 21, 2026
Les Forces de défense israéliennes (FDI) ont également déclaré que « les membres des Forces armées libanaises se sont retirés de la zone et qu’aucun blessé n’a été signalé ».
Malgré la demande d’Aoun adressée à Trump pour qu’il fasse pression sur Israël afin qu’il se retire rapidement, Trump s’est montré prudent, refusant de donner un calendrier pour un tel retrait.
Interrogé sur le retrait israélien et la prise de relais par l’armée libanaise dans le sud du Liban, Trump a déclaré qu’il existait « des plans très concrets déjà prévus à cet effet, avec l’intervention d’autres acteurs pour apporter leur aide, mais ils deviennent également beaucoup plus autonomes ».
Trump a également indiqué qu’il serait disposé à entamer un dialogue avec l’organisation terroriste chiite au nom d’Aoun, affirmant : « Si le président voulait que je m’adresse au Hezbollah, je le ferais. »
À l’issue de cette rencontre qui a duré près d’une heure, Massad Boulos, conseiller principal pour l’Afrique au Département d’État, d’origine libanaise, a indiqué que la mise en œuvre de l’accord prendrait du temps.
« Tout est une question de mise en œuvre. Cela va prendre du temps. Ce n’est pas facile », a déclaré M. Boulos. « Personne ne croit une seule seconde que ce sera une tâche facile, de quelque manière que ce soit. »
« Nous sommes déterminés, et le président Trump est absolument déterminé à mener ce projet à bien », a ajouté Boulos.
Cette rencontre avec le président Trump constitue un succès diplomatique pour M. Aoun, qui cherche à rallier des soutiens au Liban en vue de ce qui pourrait être un processus long et compliqué.