All Israel

« Nous sommes chrétiens et nous vous aimons » : une famille libanaise laisse un mot aux soldats de l'armée israélienne

Une lettre demande aux soldats israéliens de « nous laisser rentrer », après le conflit, alors que des milliers de personnes ont fui le sud du Liban

 
Soldats de l'armée israélienne en mission dans le sud du Liban, le 24 mai 2026. (Photo : IDF)

Une scène surprenante s'est présentée aux yeux d'un groupe de soldats israéliens en mission dans le sud du Liban lorsqu'ils sont entrés dans une maison de l'un des villages de la région.

Des soldats du 9260e bataillon de réserve sont entrés dans l'une des habitations et y ont découvert une lettre personnelle laissée à leur intention par des habitants chrétiens locaux qui avaient évacué la zone après avoir reçu des avertissements concernant d'éventuelles frappes de l'armée israélienne dans la région. 

La lettre, rédigée à la main en anglais et partagée en ligne par le journaliste israélien Yonatan Gottlieb, donne un aperçu des sentiments complexes de la population civile du sud du Liban concernant la présence de l’organisation terroriste Hezbollah et de l’armée israélienne.

La lettre adresse un appel direct et inhabituel aux soldats de l’armée israélienne, qui mènent actuellement des opérations visant à localiser et détruire les infrastructures du Hezbollah dans le sud du Liban. 

« Bonjour chers amis », commence la lettre. « Nous sommes chrétiens, nous vous aimons et nous vous remercions d’avoir débarrassé le Liban du jaune. (Une référence apparente au drapeau jaune et aux bandeaux de l’organisation du Hezbollah.) » 

La lettre contenait également un appel direct aux combattants pour qu’ils préservent leurs maisons, dans une zone où l’armée israélienne a détruit de nombreuses habitations et bâtiments après y avoir découvert des infrastructures terroristes ou des armes.

« S’il vous plaît, préservez nos maisons, car personne ne nous aide à les reconstruire [sic] », poursuivait la lettre. « Nous avons des enfants, nous n’avons pas d’argent, et maintenant nous devons partir en sécurité. S’il vous plaît, laissez-nous revenir. Merci. » 

Cette note rend compte de la situation désastreuse dans laquelle se trouvent de nombreux citoyens libanais, qui ont dû fuir la région suite aux ordres d'évacuation de l'armée israélienne et qui craignent désormais pour le sort de leurs maisons et de leurs biens en raison des combats entre le Hezbollah et l'armée israélienne.

De nombreux citoyens du sud du Liban sont chrétiens. La plupart de la population chrétienne se méfie du Hezbollah, qu’elle considère comme un mandataire de l’Iran, ayant plongé leur pays dans des conflits et des guerres avec Israël.

Cet appel met également en lumière la situation complexe au Liban, un pays composé de diverses communautés religieuses, notamment de différentes confessions chrétiennes, de sunnites, de chiites et de druzes. Les chrétiens représentent entre 30 et 40 % de la population libanaise.

Alors que le Hezbollah a renforcé son emprise sur le pays, ses branches politique et militaire étant souvent décrites par les analystes comme un « État dans l’État », de nombreuses communautés – notamment la communauté chrétienne – ont le sentiment que cette organisation chiite a soumis le pays aux intérêts iraniens.

À la suite des succès remportés par Israël contre le Hezbollah, certains chrétiens du Liban ont accusé l’organisation terroriste de détruire leur sécurité, transformant leurs villages et leurs villes en cibles militaires par la présence de lance-roquettes et de dépôts d’armes.

Parallèlement, la publication de cette lettre intervient dans un contexte marqué par plusieurs incidents disciplinaires impliquant des soldats de l’armée israélienne opérant dans le sud du Liban. Un tollé international s’est élevé en avril, après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant un soldat détruisant une statue de Jésus dans le village chrétien de Debel, près de la forteresse du Hezbollah à Bint Jbeil.

Cet acte a suscité une condamnation généralisée de la part de hauts responsables politiques et militaires, qui l'ont qualifié de violation des valeurs de l'armée israélienne et de la liberté religieuse. À la suite de cet incident, le combattant et le soldat qui a filmé l'acte ont été relevés de leurs fonctions et condamnés à 30 jours de prison.

Le Staff de All Israel News est une équipe de journalistes en Israël.

All Israel
Recevez les dernières infos et mises à jour
    Latest Stories