La frappe menée par le CENTCOM américain met en évidence les risques persistants en matière de sécurité dans la Syrie de l'après-Assad
Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a annoncé mercredi avoir confirmé la mort d’Ali Husayn al-Ulaywi, un haut responsable terroriste de l’État islamique, lors d’une frappe aérienne menée le 19 juin en Syrie.
Cette frappe met en évidence les préoccupations persistantes concernant la sécurité en Syrie, alors que le gouvernement provisoire du pays s’efforce de consolider son contrôle après l’effondrement du régime d’Assad.
Les inquiétudes en matière de sécurité régionale ont été exacerbées par la présence de vestiges de l’État islamique, l’évasion de détenus de prison en début d’année et les questions non résolues concernant des sites d’armes chimiques jusqu’alors non divulgués.
« Le CENTCOM et nos partenaires restent déterminés à éradiquer les derniers vestiges de l’État islamique afin de garantir sa défaite définitive », a déclaré l’amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM. « Nous continuerons à défendre le territoire américain, nos militaires, ainsi que nos alliés et partenaires dans toute la région. »
Cette annonce intervient également dans un contexte de débat croissant sur le rôle potentiel de la Syrie en matière de sécurité régionale sous la présidence par intérim d’Abou Mohammed Al-Jolani. La discussion s’est intensifiée après que le président américain Donald Trump a récemment évoqué l’idée de permettre aux forces syriennes de prendre en charge la lutte contre le Hezbollah au Liban.
Bien qu’Al-Jolani se soit publiquement opposé à cette proposition, des inquiétudes persistent en Israël quant à l’impact qu’un tel changement pourrait avoir sur la situation sécuritaire le long de ses frontières nord.
Le dispositif de sécurité d’Israël au nord comprend actuellement des déploiements des Forces de défense d’Israël (FDI) dans des zones tampons situées à la fois au sud du Liban et au sud de la Syrie, ainsi que des moyens aériens et navals venant en appui aux opérations terrestres.
La situation s’est encore compliquée en raison de l’absence de forces américaines sur le terrain en Syrie et de la détérioration des conditions de sécurité dans les zones situées en dehors des grandes villes côtières du pays.
Les troupes des forces spéciales américaines ont été retirées du territoire syrien à la mi-avril après 11 ans de déploiement. Lorsque les forces américaines sont entrées pour la première fois en Syrie en 2015, la mission officielle consistait à lutter contre l’État islamique, bien que certains analystes aient également considéré ce déploiement comme s’inscrivant dans un effort plus large visant à surveiller l’activité militaire russe et à contenir les répercussions régionales de la guerre civile syrienne.
Plusieurs événements survenus depuis la chute du régime d’Assad ont suscité des inquiétudes supplémentaires. Parmi ceux-ci figurait l’évasion d’environ 150 détenus de l’État islamique d’une prison au début de l’année 2026.
Un autre événement majeur s’est produit fin mai, lorsque l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a annoncé avoir découvert des dizaines de sites d’armes chimiques jusque-là inconnus à travers la Syrie.
Selon l’OIAC, ces sites contenaient des munitions destinées à la projection d’armes chimiques, des précurseurs chimiques et d’autres matériaux liés au développement, à la fabrication et à l’utilisation d’armes chimiques.
Bon nombre de ces sites avaient été laissés pratiquement sans surveillance après l’effondrement du régime d’Assad en décembre 2024.
Les Forces démocratiques syriennes (FDS) kurdes, qui s’étaient associées aux États-Unis dans la lutte contre l’État islamique, ont sécurisé certains de ces sites mais n’ont pas pu en prendre le contrôle de tous.
Bien que l’intégration des FDS au sein de l’Armée nationale syrienne ait été prévue pour avril, ce processus s’est heurté à d’importantes difficultés.
Des informations non confirmées font également état de la possibilité que les forces des FDS aient dissimulé des armes en prévision de futurs affrontements avec le nouveau gouvernement. Des allégations similaires ont circulé concernant des éléments de l’ancien régime et d’autres factions armées opérant dans le pays, y compris des vestiges de l’État islamique.
Ces développements ont ravivé les inquiétudes en Israël quant à la prolifération potentielle de matières liées aux armes chimiques.
Pendant des années, les responsables israéliens ont considéré que cette menace s’était largement atténuée à la suite de l’opération menée en 2014 sous supervision internationale visant à retirer et à détruire les stocks d’armes chimiques déclarés par la Syrie.
Cependant, les récentes conclusions de l’OIAC ont suscité de nouveaux appels à une réévaluation de la question, alors que les décideurs politiques analysent un environnement de menaces de plus en plus complexe et en rapide évolution le long des frontières nord d’Israël avec la Syrie et le Liban.
Le Staff de All Israel News est une équipe de journalistes en Israël.