Des militants chrétiens se mobilisent en faveur d'Israël et s'en prennent à la gauche et au « Woke Reich »
Des milliers de chrétiens évangéliques se sont rassemblés cette semaine au Gaylord National Resort, près de Washington, D.C., à l’occasion du sommet annuel de « Christians United for Israel » (CUFI) à Washington, où un message a résonné dans presque tous les discours : les États-Unis ne doivent pas faiblir dans leur soutien à Israël.
Ce sommet intervient à un moment charnière, alors qu’Israël sort d’un affrontement militaire direct avec l’Iran tout en poursuivant sa guerre contre le Hamas.
Dans le même temps, l’antisémitisme mondial est en hausse, les accusations de génocide à l’encontre d’Israël gagnent du terrain sur la scène internationale, et les divisions politiques au sein des États-Unis concernant le soutien à Israël et l’aide américaine se sont accentuées.
Pour le CUFI, le rassemblement de cette année n’était pas seulement une succession d’interventions. C’était un appel à la mobilisation. C’est ce qui rend l’organisation si influente.
Fondée par le pasteur John Hagee en 2006, la CUFI est devenue ce qu’elle décrit comme la plus grande organisation pro-israélienne du pays, comptant plus de 10 millions de membres.
L’influence de l’organisation dépasse sa simple taille. Son sommet annuel à Washington culmine avec l’afflux de milliers de militants au Capitole pour rencontrer directement des sénateurs, des représentants et des membres du personnel du Congrès afin de plaider en faveur de politiques pro-israéliennes.
Fondamentalement, le CUFI a bâti son influence grâce à un activisme de terrain.
L’organisation forme des chrétiens à devenir des défenseurs de la cause, organise des dizaines d’événements chaque mois, assure une présence sur des centaines de campus universitaires et mobilise régulièrement ses membres pour qu’ils contactent les législateurs au sujet des projets de loi concernant Israël, l’Iran et l’antisémitisme.
L’objectif est simple : faire du soutien à Israël une priorité pour les élus.
Il ne fait aucun doute qu’elle dispose d’un poids politique certain et que les dirigeants israéliens considèrent cette organisation comme l’un des alliés les plus fiables de l’État juif aux États-Unis. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou, s’adressant aux participants par vidéoconférence, a rappelé aux chrétiens que l’histoire des États-Unis est profondément liée à la Bible.
« Les Pères fondateurs de l’Amérique ont bâti la République américaine, mais ils ont puisé leur inspiration dans quelque chose de bien plus ancien… la Bible hébraïque… Les valeurs révélées pour la première fois à Jérusalem ont contribué à façonner la plus grande république de l’histoire de l’humanité. »
Netanyahu a également souligné que les relations entre les États-Unis et Israël allaient au-delà de la coopération militaire ou des intérêts stratégiques. « Les États-Unis et Israël sont plus que des alliés : nous formons une famille… Notre alliance repose non seulement sur des intérêts communs, mais aussi sur la tradition judéo-chrétienne. »
Cet appel à l’héritage biblique commun est depuis longtemps l’un des thèmes phares du CUFI, et il trouve un écho particulièrement fort auprès des chrétiens évangéliques qui considèrent le soutien à Israël à la fois comme un mandat biblique et une nécessité stratégique.
Le sommet a également accueilli l’un des plus fervents défenseurs publics d’Israël à Washington, l’ambassadeur israélien Yechiel Leiter. Alors que les accusations de génocide à l’encontre d’Israël continuent de circuler à travers le monde, Leiter a directement dénoncé ce qu’il a qualifié de mensonges séculaires, aujourd’hui recyclés sous une forme moderne.
« Les Juifs n’utilisent pas le sang d’enfants pour leurs rituels. Les Juifs n’empoisonnent pas les puits. Et les Juifs n’affament pas les populations ni ne commettent de génocide », a-t-il déclaré.
Le présentateur de radio conservateur Mark Levin a également profité de ce sommet pour présenter la bataille autour d’Israël comme s’inscrivant dans un conflit culturel et politique bien plus vaste qui se déroule au sein même des États-Unis. « Quel que soit le temps qu’il me reste, je vais mener un mouvement de dizaines de millions de personnes à la radio et sur mes plateformes pour riposter, pour lutter contre cela… Nous allons reprendre ce pays aux islamistes, aux marxistes et à la droite « woke » ! »
Levin a ensuite lancé un défi tant aux responsables politiques qu’aux électeurs. « Quiconque souhaite occuper de hautes fonctions et ne dénonce pas le “Woke Reich” – dans son intégralité – n’aura pas mon vote, n’aura pas votre vote, n’aura pas le vote des Juifs, n’aura pas le vote des évangéliques ! »
La personnalité médiatique Glenn Beck a délivré ce qui fut peut-être le message le plus ouvertement théologique du sommet, en affirmant que le christianisme lui-même ne peut être dissocié de ses racines juives :
« Écoutez, si vous retirez Israël de l’histoire, je vous le promets, cela ne s’arrêtera pas là. À terme, vous retirerez un autre Juif de l’histoire. Ce charpentier juif qui se tenait dans la synagogue de Nazareth, qui a déroulé le rouleau d’Ésaïe et a déclaré que cela s’était accompli… Retirez Israël et, un jour, vous vous rendrez compte que vous avez également retiré le Christ. »
Beck a exhorté les chrétiens à ne pas oublier la cohérence de l’alliance de Dieu à travers l’histoire.
« Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob n’a pas changé. Le Dieu qui a lutté avec Jacob, qui lui a donné un nouveau nom, n’a pas changé. Le Dieu qui a fortifié Esther, qui a parlé par la bouche d’Ésaïe, qui est entré dans l’histoire par l’intermédiaire d’une jeune fille juive à Bethléem et qui est ressorti d’un tombeau emprunté, ce Dieu-là n’a pas bougé d’un pouce », a-t-il déclaré.
Il a conclu par une perspective historique d’ensemble à laquelle ces participants à la CUFI adhèrent sans réserve :
« Le pharaon a disparu. Babylone a disparu. Rome a disparu. Le Reich a disparu. L’Union soviétique a disparu. Les détracteurs de toutes les époques ne sont plus que poussière. Mais le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, ainsi que ses promesses, sont toujours là. »
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