La Suisse renforce l'interdiction des symboles nazis face à la montée de l'antisémitisme
Le gouvernement suisse a présenté vendredi au Parlement un projet de loi visant à interdire l’affichage public de symboles nazis, notamment la croix gammée, le salut hitlérien et d’autres signes nazis, une mesure que les responsables jugent nécessaire pour lutter contre la montée de l’antisémitisme.
Le Code pénal suisse permet déjà de poursuivre les personnes qui utilisent des symboles nazis, racistes, extrémistes ou glorifiant la violence à des fins de propagande. Cependant, celles qui affichent de tels symboles sans intention de promouvoir l’idéologie qui les sous-tend ne peuvent généralement pas être sanctionnées.
Le nouveau projet de loi vise à combler cette lacune en interdisant l’affichage public de symboles clairement nazis, quelle que soit l’intention.
Le gouvernement a déclaré que cette législation était nécessaire, notamment en raison de la forte augmentation des incidents antisémites ces dernières années.
Selon la Fédération suisse des communautés juives (SIG), « L’année 2025 a une nouvelle fois été marquée par un nombre élevé d’incidents antisémites en Suisse. En ligne, le nombre d’incidents antisémites a continué d’augmenter de 37 %, tandis que dans la vie réelle, une baisse de près de 20 % a été enregistrée. Dans l’ensemble, le niveau reste nettement plus élevé qu’avant [le 7 octobre] 2023. »
Le projet de loi interdit « l’utilisation, le port, l’exposition ou la diffusion publique de symboles nazis, y compris les drapeaux, insignes, emblèmes, gestes, slogans et salutations ».
Elle interdit également les variantes de ces symboles, ainsi que leur utilisation dans d’autres formes de médias, y compris « les objets qui représentent ou contiennent de tels symboles ou variantes, tels que des écrits, des enregistrements audio ou visuels, ou des images ».
La législation prévoit des exceptions lorsque les symboles nazis sont utilisés à des fins éducatives, scientifiques, artistiques, journalistiques ou universitaires.
Toute infraction serait passible d’une amende de 200 francs suisses (250 dollars).
Le Parlement avait demandé au gouvernement de rédiger ce projet de loi en 2024, et le vote à venir, dont la date n’est pas encore fixée, devrait être largement adopté.
« Les symboles nazis représentent une idéologie qui méprise la vie humaine et va à l’encontre des valeurs fondamentales d’une société démocratique et libérale », a déclaré le gouvernement suisse dans un communiqué. « Le racisme et l’antisémitisme sont inacceptables dans notre société. »
La Suisse est officiellement restée neutre pendant la Seconde Guerre mondiale. Cependant, la Banque nationale suisse (BNS) et d’autres banques suisses ont acheté de l’or à la Reichsbank allemande dans le cadre de transactions qui, selon les historiens, ont aidé l’Allemagne nazie à financer son effort de guerre.
La Suisse a également restreint l’entrée de nombreux réfugiés juifs pendant l’Holocauste et, en 1938, a demandé à l’Allemagne nazie d’apposer la lettre « J » sur les passeports des citoyens juifs, ce qui a permis aux autorités suisses d’identifier et de refuser plus facilement les réfugiés juifs cherchant à entrer sur le territoire.
Le Staff de All Israel News est une équipe de journalistes en Israël.