Yom HaShoah… au milieu de la guerre
Au milieu de la guerre, Israël se souvient - à Yom HaShoah, Israël honore les millions de victimes du plus grand massacre de l’Histoire.
C’est une image surréaliste : hier, pour l’occasion, nous étions dans un miklat, l’un des abris sécurisés du kibboutz Migdal Oz, près d’Efrat, la ville qui vit naître Benyamin de Rachel, contiguë à Bethléem-la ville de David, et Jérusalem-la ville du grand Roi.
Au milieu d’une bande de jeunes du kibboutz, dans ce "bunker" transformé par leur joyeuse créativité, dans ce pays qui aujourd’hui sait se défendre avec force au cœur d’une guerre baptisée « le Rugissement du lion », David Herrsch a raconté.
Il a raconté son père, pris au piège avec sa nombreuse famille pendant la Shoah. Il a raconté le ghetto de Lodz, en Pologne. Il a raconté, enfin, l’indicible - les camps d’extermination, Auschwitz-Birkenau. Dès 1933, les Juifs d'alors vivaient un antisémitisme croissant, jusqu’à atteindre, dix ans plus tard, l’innommable - la « Solution finale » visant à exterminer un peuple millénaire - le peuple juif.
Que tous ceux qui, aujourd’hui, accusent Israël de génocide ou de crimes de guerre prennent un instant pour réfléchir. Qu’ils aient au moins la lucidité et l’honnêteté de discerner ce qu’est réellement un régime animé par une idéologie de destruction, comme aujourd'hui celle des mollahs islamiques, comparable dans sa nature à celle du nazisme.
À Lodz, nous raconte David, un quartier – le plus pauvre - avait été vidé de ses habitants pour y entasser des dizaines de milliers de Juifs. Ils y vivaient dans des conditions inhumaines, réduits à l’état d’esclaves au service du Reich. Lodz devint le plus grand ghetto après celui de Varsovie. Puis vint cette idée - une monstruosité nazie : emmener tous les enfants de moins de dix ans "à la campagne". Qui, à l’époque, pouvait imaginer que ces enfants allaient être gazés et brûlés dans les fours d’Auschwitz ?...
Et aujourd’hui ? Qui peut encore défendre, après le 7 octobre 2023, ceux qui ont violé, massacré, éventré des femmes enceintes, brûlé des bébés dans des fours ?... Plus de 80 ans après Auschwitz, la haine des Juifs n’a pas disparu. Elle demeure une tache sur l’humanité, et aussi sur une Chrétienté trop souvent silencieuse. Mais si hier, les Juifs furent comme des agneaux menés à l’abattoir - malgré des révoltes courageuses - aujourd’hui, Israël se tient debout ; Israël se défend comme "un lion rugissant". Et cette force, qui surprend le monde, est aussi une réponse à l’Histoire.
On l’a dit, les Juifs sont "les canaris dans la mine", avertissant d’un danger imminent ; aujourd’hui, le monde est au bord du chaos. La Bible dit également que toucher à Israël, c’est « toucher la prunelle de l’œil de Dieu ». Ceux qui s’en prennent à lui s’exposent à des conséquences dont l’Histoire a déjà donné de terribles exemples.
Et l’Europe, qui regarde sans agir, rappelle celle de Chamberlain et Daladier. À l’époque de cette "politique d’apaisement", Winston Churchill disait : « Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre. »
En cet instant - 10h du matin - la sirène de Yom haShoah retentit. Rak be’Israël - uniquement en Israël - une nation qui, même au cœur d’un cessez-le-feu, s’arrête pour se souvenir. Une nation qui honore ses morts, écoute les survivants, transmet la mémoire.
Récemment, un rescapé d’Auschwitz, 95 ans, a fait son aliyah depuis la France. Ses enfants et petits-enfants vivent déjà en Israël. Et il se réjouit d’avoir bâti cette famille, lui qui, à 13 ans, se retrouvait seul à Auschwitz, après avoir perdu tous les siens.
Et c’est peut-être là, finalement, la réponse la plus forte à la Shoah : non pas seulement se souvenir de la mort… mais témoigner de la vie, face à toute idéologie mortifère. Au son de cette sirène, au milieu du silence figé de tout un pays, une certitude demeure : ‘Am Yisrael ‘haï - le peuple d’Israël vit.
« C’est Lui qui te délivre du filet de l’oiseleur, de la peste (brune, noire ou verte) et de ses ravages. Il te couvrira de ses plumes, et tu trouveras un refuge sous ses ailes ; sa fidélité est un bouclier et une cuirasse. Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, ni la flèche (ou le missile) qui vole de jour » - Psaume 91
Le pasteur Gérald et Sophie Fruhinsholz vivent en Israël depuis 2005. En 2000, au cours de l’Intifada et face à une vague d’attentats en Israël, Gérald a commencé à écrire pour dénoncer ces violences. Auteur de plusieurs livres et publications, il aborde des sujets liés à Israël et à l’Église. Avec leur association « Shalom Israël », créée en 1996 et en partenariat avec plusieurs organisations israéliennes, ils soutiennent activement le pays à travers des actions de sensibilisation. Par ailleurs, Sophie et Gérald publient chaque semaine des vidéos d’enseignements bibliques, renforçant ainsi leur engagement spirituel et éducatif.
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