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Les pourparlers entre le Liban et Israël reprennent à Rome, tandis que le Hezbollah affirme que l'accord avec l'Iran entraînera le retrait israélien

Une délégation libanaise va protester contre les « destructions » israéliennes dans le sud du Liban

 
Des soldats de l'armée israélienne en opération dans le sud du Liban. (Photo : Armée israélienne)

Les délégations libanaise et israélienne devaient reprendre leurs négociations mardi à Rome, en Italie, les discussions devant porter principalement sur l’évaluation des résultats de la première phase du retrait israélien de deux « zones pilotes ».

Dans le même temps, l’organisation terroriste Hezbollah, qui est au cœur des négociations mais s’y oppose ouvertement, a continué de fustiger les contacts directs du gouvernement avec Israël tout en tentant de relier à nouveau les négociations aux pourparlers séparés entre les États-Unis et l’Iran.

Une source politique libanaise de haut rang a déclaré au journal libanais Nidaa Al-Watan que les négociations menées sous l’égide des États-Unis porteraient sur trois questions fondamentales que la délégation libanaise considère comme décisives.

Il s’agit notamment de la nécessité d’un nouveau retrait dans une zone pilote, de la mise en place d’un mécanisme de vérification de ce retrait, et de convaincre les États-Unis de faire pression sur Israël pour qu’il mette fin à « la destruction » dans les zones du Sud-Liban contrôlées par Israël.

Ce troisième point fait apparemment référence à la récente démolition par les Forces de défense israéliennes (FDI) d’une grande partie du réseau de tunnels souterrains du Hezbollah dans la région de Beaufort, qui a également été critiquée par l’ONU cette semaine.

Israël a également démoli de vastes parties de villages et de villes situés à proximité immédiate de la zone frontalière, bien qu’il ne soit pas clair si de telles démolitions ont eu lieu ces dernières semaines.

Les démolitions des infrastructures souterraines du Hezbollah lui portent un coup stratégique sévère, selon des données présentées dimanche au ministre de la Défense, Israel Katz, a rapporté Walla News.

« Ce n’est qu’après avoir mené une étude approfondie du réseau que nous avons réalisé à quel point il était crucial pour le plan opérationnel du Hezbollah visant à attaquer Israël », ont déclaré des officiers supérieurs du Commandement du Nord de l’armée israélienne à Walla.

« L’évaluation est que les Forces armées libanaises sont incapables de s’occuper de ces sites… Si les FDI ne reçoivent pas l’autorisation des dirigeants politiques en raison des restrictions américaines, le Hezbollah continuera à conserver ses atouts stratégiques », ont-ils averti.

Selon une source politique libanaise de haut rang, Beyrouth insistera pour que la prochaine zone de retrait se situe à l’intérieur de la zone actuellement contrôlée par les FDI, plutôt qu’à l’extérieur, comme ce fut le cas pour les deux premières zones pilotes.

En ce qui concerne le mécanisme de vérification, Beyrouth proposera de confier cette mission soit aux forces de la FINUL encore présentes dans la zone, soit à l’Organisation des Nations unies pour la surveillance de la trêve (ONUST), soit à une tierce partie choisie d’un commun accord par les deux parties et les États-Unis, a rapporté Nidaa Al-Watan.

Cependant, Naharnet a cité une « source bien informée » affirmant que « la tendance générale » des négociations penche en faveur de la nomination d’un officier italien à la tête d’un comité de vérification, à la fois parce que la FINUL est actuellement dirigée par un général italien, et parce que les États-Unis et Israël s’opposent à la nomination d’un officier français.

Il a précisé que la désignation d’un officier italien à la tête de ce comité ne s’explique pas seulement par le fait qu’un général italien dirige actuellement la force de maintien de la paix de la FINUL, mais aussi par l’opposition américano-israélienne à la nomination d’un officier français.

Par ailleurs, Kan News a rapporté lundi que le ministre des Affaires étrangères Youssef Raggi, membre du parti chrétien des Forces libanaises, a été totalement exclu des pourparlers en raison de sa position trop belliciste à l’égard du Hezbollah.

Une source politique libanaise a déclaré à la chaîne qu’il semblait que le président Aoun et le Premier ministre Salam ne souhaitaient pas « trop contrarier le Hezbollah et le Mouvement chiite Amal du président du Parlement libanais Nabih Berri », soulignant que cela démontrait que le gouvernement n’était toujours pas prêt à « aller jusqu’au bout » dans les négociations avec Israël.

Le dirigeant du Hezbollah, Naim Qassem, a continué de fustiger les négociations dans un discours prononcé mardi, affirmant que celles-ci n’avaient apporté au Liban que « honte, humiliation, déception » et des concessions sans fin à Israël.

« Citez-moi ne serait-ce qu’une seule réussite ! Alors qu’Israël a tout pris, il ne reste plus rien à donner pour les dirigeants libanais après qu’ils ont cédé ce qu’ils possédaient sans aucune compensation et sans aucun bénéfice », a déclaré Qassem.

Il a exhorté le gouvernement à renouer le dialogue avec le Hezbollah et à «agir sur le terrain» pour obtenir le retrait israélien du Sud-Liban.

Qassem a également insisté sur le fait que ce retrait se ferait grâce aux pourparlers entre Téhéran et Washington, réaffirmant la loyauté et la confiance du groupe envers ses protecteurs iraniens. «Israël se retirera et ne restera pas au Liban», a-t-il déclaré.

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