Le plan de paix pour Gaza étant dans l'impasse en raison de l'insistance du Hamas à conserver ses armes, les États-Unis tendent la main à l'Autorité palestinienne
Les États-Unis envisageraient, selon certaines informations, de faire avancer le plan de paix pour Gaza en s'adressant à une Autorité palestinienne réformée
Alors que l'initiative de cessez-le-feu dans la bande de Gaza est au point mort en raison du refus du Hamas de s'engager à désarmer, les États-Unis cherchent à resserrer leurs liens avec l'Autorité palestinienne (AP) afin de l'aider à lever des fonds pour le Conseil de la paix et de préparer l'AP à assumer, à terme, la gouvernance de l'enclave, selon le Times of Israel (TOI).
Citant trois responsables gouvernementaux, le TOI rapporte que les États-Unis cherchent à transférer des milliards de dollars de recettes fiscales de l’AP, perçues par Israël mais actuellement retenues par ce dernier, vers le Conseil de la paix, qui manque de moyens (BoP) et son Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) afin de faire avancer le plan de paix pour Gaza.
Cette initiative américaine est au point mort depuis des mois en raison du refus du Hamas de s’engager sur tous les aspects du plan.
En début de semaine, le TOI a cité une source proche des négociations affirmant que, malgré un accord sur la plupart des points, la dernière réponse du Hamas revenait à un rejet de la proposition, et que les États-Unis chercheraient plutôt à faire avancer le plan par d’autres moyens.
« Le Hamas tente toujours d’échapper à l’exigence fondamentale, à savoir un désarmement clair », a noté la source. En vertu du plan de paix en 20 points officiellement approuvé par la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU, « le Hamas doit déposer les armes ».
« S’ils tentent de subordonner cela au retrait préalable d’Israël, de conserver le contrôle de leurs armes ou de modifier l’ordre des étapes, alors cela ne répond pas aux critères. »
« Le Conseil de la paix n’attend pas le Hamas. Il continue de faire avancer le plan, notamment en matière de gouvernance, de stabilisation et de reconstruction dans les zones pouvant être sécurisées et soustraites au contrôle du Hamas », a ajouté la source.
The IDF says it struck and killed two Hamas operatives who posed a threat to troops in the Gaza Strip earlier today.
— Emanuel (Mannie) Fabian (@manniefabian) June 15, 2026
A strike in central Gaza killed Saleh Khalifa, a cell commander in Hamas's Nuseirat Battalion, and strike in the Strip's north killed Muhammad al-Habil, a cell… pic.twitter.com/2wywXsARdU
L'armée israélienne contrôle actuellement entre 60 % et 70 % de la bande de Gaza. Le mois dernier, les dirigeants du Hamas ont dénoncé l'ordre donné par le Premier ministre Benjamin Netanyahou aux Forces de défense israéliennes (FDI) de s'emparer de 70 % de la bande de Gaza, le qualifiant d'« escalade dangereuse ».
Le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi a appelé mardi, lors du sommet du G7 en France, à la mise en œuvre du plan de paix pour Gaza proposé par l’administration Trump, exhortant Israël à renoncer à son projet de s’emparer de 70 % de l’enclave. « Il ne reste en réalité que 30 % de la bande de Gaza pour le peuple palestinien », a-t-il déploré.
Les États-Unis ont récemment mis un terme à un projet israélien visant à lancer une nouvelle opération militaire dans la bande de Gaza, a rapporté mardi la chaîne israélienne Channel 13 News, ajoutant qu’une expansion « rampante et silencieuse » des zones contrôlées par Israël s’était néanmoins poursuivie.
Dans ce contexte, il semble que les États-Unis explorent des alternatives pour faire avancer le plan de paix américain (GoP) en renforçant leur engagement auprès de l’Autorité palestinienne.
Un responsable des services de renseignement du Moyen-Orient a déclaré au TOI que l’Autorité palestinienne espère normaliser ses relations tendues avec Washington en établissant un protocole d’accord fondé sur le plan de paix en 20 points. Ce cadre mettrait l’accent sur des clauses définissant la voie vers l’autodétermination palestinienne, des pourparlers de paix menés par les États-Unis avec Israël après les réformes de l’Autorité palestinienne et la poursuite de la reconstruction de Gaza.
Une fois certains critères remplis, les États-Unis pourraient alors lever les sanctions et, comme l’espère l’Autorité palestinienne, autoriser la réouverture de la mission diplomatique de l’Organisation de libération de la Palestine à Washington, selon un responsable de l’Autorité palestinienne.
En contrepartie, un responsable américain a déclaré que Washington souhaitait voir cesser les efforts visant à poursuivre Israël devant les instances juridiques internationales, tandis que l’Autorité palestinienne a demandé, en échange, que le protocole d’accord comprenne une disposition exigeant un engagement israélien à mettre fin à l’expansion des colonies et à la violence des colons.
Interrogé sur les informations faisant état d’une initiative américaine envers l’Autorité palestinienne, un porte-parole du Département d’État a déclaré au TOI : « La réforme de l’Autorité palestinienne est une condition préalable essentielle pour apaiser les préoccupations d’Israël en matière de sécurité. »
« Le plan en 20 points du président et la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU sont clairs : l’Autorité palestinienne doit mener à bien, de manière vérifiable, des réformes globales, notamment en mettant fin à tous les versements aux terroristes et à leurs familles », a ajouté le porte-parole. « Pour que l’Autorité palestinienne puisse espérer une plus grande stabilité financière, elle doit commencer par mener à bien, de manière vérifiable, les réformes qu’elle promet depuis longtemps. »
Le Staff de All Israel News est une équipe de journalistes en Israël.