La société israélienne Elbit décroche un contrat majeur en Grèce alors que l'OTAN s'efforce de s'adapter à la guerre moderne
Elbit Systems, l’une des « trois grandes » entreprises de défense israéliennes, a annoncé lundi avoir signé un contrat avec le ministère grec de la Défense pour fournir son système de lancement polyvalent et précis (PULS) aux forces armées helléniques, confirmant des informations parues en décembre dernier concernant un important accord imminent.
Cet accord intervient plus de quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, où l’utilisation massive de missiles à longue portée et de drones a rendu les combats rapprochés de plus en plus difficiles. La saturation du champ de bataille par des drones tactiques a rendu les petites unités particulièrement vulnérables, souvent incapables de se déplacer à découvert sans être détectées et frappées. Le conflit s’est également caractérisé par de nombreuses frappes stratégiques visant à la fois des cibles militaires et des infrastructures civiles, chaque camp cherchant à affaiblir la volonté de l’autre de poursuivre les combats.
La Grèce fait partie de plusieurs pays de l’OTAN en Europe qui observent ces évolutions de la guerre moderne et élaborent des plans ainsi que des acquisitions d’équipements pour y faire face.
Les systèmes PULS que la Grèce vient d’acheter à Elbit Systems seront livrés au cours des quatre prochaines années, et l’entreprise assurera un soutien logistique ainsi que la fourniture de pièces de rechange pendant dix années supplémentaires, avec des options pour un service prolongé à long terme.
Des précisions supplémentaires ont été fournies dans l’annonce du ministère grec de la Défense, notamment que l’accord couvre la fourniture de plusieurs lanceurs PULS ainsi qu’une large gamme de munitions compatibles. Cela inclut des roquettes d’entraînement, des munitions guidées de précision adaptées à différentes portées, ainsi que des munitions rôdeuses et des drones.
La Grèce fait partie de plusieurs armées régionales à la recherche de solutions adaptées aux champs de bataille numériques et pilotés par l’intelligence artificielle de demain, où la précision du suivi et du ciblage rend la mobilité essentielle pour les systèmes de lancement. Chaque tir de missile ou d’artillerie révèle la position de tir, obligeant les plateformes à « tirer et se déplacer » presque immédiatement afin d’éviter les tirs de riposte guidés par des systèmes de détection avancés.
Le système PULS peut être monté sur des camions lourds ou des véhicules à chenilles, selon les besoins opérationnels. Cela offre aux opérateurs une grande mobilité et la capacité d’exécuter divers types de missions de tir, avec un temps de préparation minimal entre chaque frappe. En pratique, il peut lancer des missiles de précision sur une cible, se repositionner en quelques minutes pour éviter une riposte, puis effectuer une salve de munitions à sous-munitions contre une cible dispersée — répétant ce cycle rapidement.
L’ensemble de ces capacités permet également aux forces acquérant le système PULS de l’intégrer rapidement à leur dispositif existant, réduisant ainsi le temps de formation ainsi que les coûts de maintenance et de soutien à long terme.
Par ailleurs, Elbit Systems a indiqué dans son communiqué qu’elle utiliserait des capacités industrielles locales en Grèce pour fabriquer certains composants du système, contribuant ainsi à la création et au maintien d’emplois tout en diversifiant sa chaîne d’approvisionnement mondiale.
Le président-directeur général d’Elbit Systems, Bezhalel Machlis, a déclaré : « Elbit Systems entretient une coopération ancienne et fructueuse avec le ministère hellénique de la Défense nationale, et ce projet renforce encore cette relation. La Grèce rejoint d’autres pays de l’OTAN ayant choisi le système PULS, soulignant sa réputation croissante en tant que solution hautement efficace et polyvalente pour les besoins modernes en artillerie en Europe et au-delà, et nous sommes honorés de la confiance renouvelée accordée à nos systèmes avancés. »
Dans une actualité connexe, Elbit a également annoncé lundi poursuivre la livraison de drones militaires à la Roumanie, après des informations précédentes indiquant qu’elle avait demandé un report de six mois en raison de circonstances liées à la guerre avec l’Iran.
Le ministère roumain de la Défense avait indiqué envisager d’annuler le contrat de 450 millions de dollars, estimant que ce retard pourrait rendre les systèmes obsolètes au regard de ses besoins de défense. Cet épisode met en lumière la concurrence croissante sur le marché européen de la défense, alors que la Roumanie — comme plusieurs autres pays — se tourne de plus en plus vers l’industrie des drones ukrainienne, dont les plateformes éprouvées au combat font désormais leur entrée sur le marché de l’exportation.
Le Staff de All Israel News est une équipe de journalistes en Israël.