La nomination des juges en Israël va reprendre après un conflit de 18 mois qui a laissé des dizaines de tribunaux en sous-effectif
Le ministre de la Justice avait empêché la commission de se réunir depuis janvier 2025.
La commission israélienne chargée de la nomination des juges doit se réunir dimanche pour la première fois depuis 18 mois, à la suite d'une décision de la Haute Cour enjoignant au ministre de la Justice, Yariv Levin, de relancer les travaux de cette instance après un gel prolongé des nominations judiciaires, survenu dans le cadre de la controverse autour des projets de réforme judiciaire du gouvernement.
Le Comité de sélection judiciaire, composé de neuf membres, devrait examiner les nominations aux tribunaux de première instance, aux tribunaux de la circulation et aux tribunaux des affaires familiales des districts du nord et du sud d’Israël.
Levin avait empêché le comité de se réunir depuis janvier 2025, prétendument parce qu’il ne bénéficiait pas d’un soutien majoritaire parmi ses membres pour ses candidats préférés. Ce gel a contribué à la création de 51 postes vacants au sein des tribunaux de première instance et des tribunaux de district israéliens, un chiffre qui devrait passer à 67 d’ici la fin de l’année 2026.
Le 31 mai, la Haute Cour de Jérusalem a ordonné à Levin de « prendre les mesures nécessaires » pour faciliter la nomination des juges.
« La charge qui pèse sur le système judiciaire israélien est exceptionnelle et particulièrement lourde… le fait de ne pas nommer de juges pendant une période aussi longue a pour conséquence directe de porter gravement atteinte au service que le système judiciaire est censé fournir au grand public », a déclaré la Haute Cour dans son arrêt rendu en mai.
La pénurie est particulièrement marquée au tribunal de district de Beersheva, qui compte cinq postes de juges vacants sur 24, et au tribunal de district de Haïfa, qui compte trois postes vacants sur 35.
Levin n’a pas réagi publiquement à cette décision. Début juin, le directeur de l’Administration des tribunaux d’Israël, le juge Tzachi Uziel, a publié une liste de candidats aux postes des tribunaux de district. On ignore encore quand ces nominations seront examinées, aucune réunion de la commission n’ayant encore été programmée pour discuter des candidats.
Le processus est encore compliqué par le fait que la commission ne peut tenir d’auditions sur les candidats à la magistrature que 45 jours après la publication de leurs noms au Journal officiel. Or, le délai actuel de 45 jours expire le 20 juillet, date proche de la dissolution prévue de la Knesset.
L’avocat de Levin a fait valoir que la commission ne disposait pas de suffisamment de temps pour mener à bien son examen approfondi avant la dissolution prévue de la Knesset au cours de la seconde quinzaine de juillet. La Haute Cour a répondu que ces contraintes de temps résultaient de la décision de Levin d’empêcher la commission de se réunir au cours des 18 derniers mois.
« Je suis quelque peu attristé par le fait que le ministre propose une solution à un problème qu’il a lui-même créé », a déclaré le juge Ofer Grosskopf lors de l’audience, en référence à Levin.
Le différend concernant les nominations judiciaires s’inscrit dans le cadre plus large du débat autour du programme de réforme judiciaire du gouvernement, qui divise la classe politique israélienne depuis janvier 2023.
Les partisans de cette réforme, dont Levin, ont fait valoir qu’elle visait à rééquilibrer les pouvoirs des branches judiciaire et exécutive, affirmant que les tribunaux avaient accumulé une autorité excessive qui limitait la capacité du gouvernement à gouverner. Les opposants ont quant à eux fait valoir que ces réformes affaibliraient l’indépendance du pouvoir judiciaire.
La controverse sur la réforme judiciaire a donné lieu à des manifestations antigouvernementales généralisées dans tout le pays. En janvier 2025, Levin et le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar ont présenté une « proposition de compromis » concernant la réforme judiciaire.
Le Staff de All Israel News est une équipe de journalistes en Israël.