Confinés à Jérusalem au début de la guerre, un groupe français de responsables du réseau Porte Ouverte Chrétienne expérimente l’inattendu
Mené par Samuel Peterschmitt, pasteur principal de Porte Ouverte Chrétienne de Mulhouse, le groupe de 39 pasteurs et de certaines de leurs épouses est arrivé en Israël le mercredi 25 février, juste avant que la guerre avec l’Iran n’éclate.
Leur programme de visites ayant été subitement interrompu, ils se sont retrouvés confinés à Jérusalem pendant quatre jours, au rythme des alertes de sécurité et des descentes répétées dans les abris.
« Avant le voyage, nous avons prié que si Dieu permettait que cela se fasse, et même avec le risque de guerre, c’est qu’Il conduisait cela et qu’Il nous aiderait à faire face », a confié l’un des participants à All Israel News.
Ce séjour avait été organisé comme un temps de découverte biblique, de communion fraternelle et de prière.
Lorsque le conflit a éclaté le samedi 28 février, l’atmosphère a changé brutalement. Les premières alertes et les instructions pour rejoindre les zones protégées ont été vécues comme irréelles, d’autant plus que leur arrivée datait de quelques jours. Les images d’escalade circulaient déjà dans les médias internationaux, suscitant l’inquiétude des familles restées en France.
Pour plusieurs, l’expérience a dépassé le simple constat. Elle est devenue une forme d’identification.
« Nous avons pu mieux comprendre ce que vous vivez en Israël vis-à-vis de la guerre - les alertes répétées et tout ce que ça implique en termes de stress et de difficulté à se projeter », a expliqué un autre membre du groupe.
Lors des alertes, ils ont rejoint les autres clients et le personnel de l’hôtel dans les abris. Ces moments imprévus sont devenus, selon leurs mots, parmi les plus marquants du séjour. « Nous avons pu rencontrer des Israéliens, notamment dans les moments d’alertes dans les abris, comme on n’aurait certainement pas eu l’occasion si on avait eu le tour prévu. Cela nous a permis des échanges privilégiés et de partager pourquoi on est venus, en soutien, et cela a beaucoup touché les gens. »
Les conversations ont porté sur la foi, la solidarité, la résilience et le poids émotionnel d’une situation sécuritaire instable. Plusieurs ont dit avoir ressenti que leur présence en ces circonstances avait une portée symbolique.
Le calendrier ajoute une dimension singulière à leur séjour. L’éclatement du conflit est survenu à l’approche de Pourim, la fête juive qui commémore l’histoire biblique d’Esther - un récit situé dans la Perse antique, correspondant à l’Iran actuel. Sans chercher à établir de parallèles simplistes, certains pasteurs ont reconnu que cette coïncidence les a profondément interpellés en rendant tangible une réalité biblique et spirituelle. « Nous n’avions pas planifié cela », a souligné l’un des participants, «Mais être ici à ce moment précis nous pousse à réfléchir. »
Pour ceux qui ont laissé leurs proches en France, la guerre a ajouté une dimension émotionnelle supplémentaire. Les appels et messages se sont multipliés pour rassurer conjoints et enfants. Les épouses présentes ont, quant à elles, confié avoir ressenti le poids particulier des sirènes à Jérusalem tout en pensant à leurs proches suivant les événements à distance. Malgré le stress et l’incertitude, plusieurs ont affirmé qu’elles referaient le même choix.
L’espace aérien israélien restant fermé, le groupe doit quitter Israël par voie terrestre. Leur itinéraire prévoit un trajet en bus vers Charm el-Cheikh, en Égypte, avant un retour vers la France via des escales en Europe - un parcours bien plus long et complexe que celui initialement prévu.
Certains ont reconnu la fatigue physique et émotionnelle accumulée après ces jours de tension et de sommeil perturbé. Mais au-delà des projets bouleversés, ils ont vécu une réalité inattendue : un appel renouvelé à se tenir aux côtés d’Israël, à redoubler d’intercession pour le Moyen-Orient, et à partager cette expérience avec leurs églises.
Leur ton demeure résolument empreint d’espérance. « On espère revenir dès que possible pour compléter les visites que nous n’avons pas pu faire ! », a déclaré en souriant Samuel Peterschmitt, exprimant un sentiment largement partagé au sein du groupe.
Anne occupe le poste de responsable du bureau éditorial francophone chez All Israel News, où elle crée un pont entre l'actualité israélienne et le monde francophone. Rédactrice et chercheuse passionnée, elle se spécialise dans le journalisme axé sur la foi, apportant un regard unique à la croisée de l'histoire, de la spiritualité et de l'information contemporaine.