Après 44 ans, le dernier soldat israélien porté disparu lors d'une bataille de la première guerre du Liban rentre chez lui
Après plus de quatre décennies d’incertitude, la dépouille du sergent-chef Yehuda Katz va enfin rentrer au pays.
L'armée israélienne (IDF) a annoncé mardi avoir localisé et rapatrié la dépouille de Katz, faisant de lui le dernier soldat porté disparu lors de la bataille de Sultan Yacoub, en juin 1982, à avoir été retrouvé.
Cette bataille, qui s'est déroulée au cours de la première semaine de l'opération « Paix pour la Galilée », connue par la suite sous le nom de « première guerre du Liban », a laissé six soldats de l'IDF portés disparus au combat et est devenue l'un des épisodes non résolus les plus douloureux de l'histoire de l'armée.
La dépouille du sergent-chef Zachary Baumel avait été retrouvée et rapatriée en Israël pour y être inhumée en 2019, tandis que celle du sergent-chef Zvi Feldman a été retrouvée en mai 2025 à la suite d’une opération spéciale menée en Syrie.
La dépouille de Katz ayant désormais été retrouvée et rapatriée en Israël pour y être inhumée, le sort des trois soldats dont on ignorait le sort depuis des décennies est enfin élucidé.
La bataille de Sultan Yacoub a duré environ huit heures le 11 juin 1982, six jours après le début de la première guerre du Liban. L’objectif des FDI était un carrefour stratégique, dont le nom de code était « triangle de Tublano », situé près du village de Sultan Yacoub, dans le sud-est du Liban, à environ sept kilomètres de la frontière syrienne.
L’opération a été ordonnée alors même que l’on s’attendait à ce qu’un cessez-le-feu avec les forces syriennes puisse être conclu dans un avenir proche.
Trois brigades blindées et une brigade d’infanterie ont été envoyées dans la zone sans savoir que d’importantes forces syriennes avaient pris position sur les hauteurs proches du village. Les forces syriennes ont tendu une embuscade aux troupes israéliennes, les prenant par surprise et les soumettant à un feu nourri avant qu’elles n’aient pu organiser leur défense.
Selon plusieurs témoignages, les forces de l’armée israélienne ont eu du mal à riposter à l’embuscade, et plusieurs incidents de tir ami ont entraîné des pertes supplémentaires parmi les Israéliens.
Après huit heures de combats intenses, les forces de l’armée israélienne se sont retirées sous le couvert d’un barrage d’artillerie intense. Huit chars israéliens et d’autres véhicules endommagés ont dû être abandonnés, et 20 soldats de l’armée israélienne ont été tués au cours de la bataille. De nombreux autres ont été blessés, tandis que six soldats ont été initialement portés disparus au combat.
Un nombre indéterminé de soldats syriens ont également été tués, blessés ou portés disparus.
Dans les années qui ont suivi la bataille, la dépouille de Zohar Lifshitz, tué au combat et enterré en Syrie, a été rapatriée en Israël. Il a été établi par la suite que deux autres soldats, Arik Lieberman et Hezi Shai, avaient été capturés pendant la bataille : Lieberman par les forces syriennes et Shai par une organisation terroriste dirigée par Ahmed Jibril.
Lieberman a été remis à Israël en 1984, tandis que Shai a été libéré en 1985 dans le cadre d’échanges de prisonniers liés aux suites de la guerre.
Le sort des autres soldats portés disparus est toutefois resté une plaie ouverte pour leurs familles et la société israélienne pendant des décennies.
Avec la récupération de la dépouille de Katz cette semaine, le dernier cas non résolu de la bataille de Sultan Yacoub a enfin trouvé son dénouement.
Mais l’héritage de cette bataille était depuis longtemps gravé dans l’histoire nationale et militaire d’Israël.
Les lourdes pertes, l’incapacité à partager à temps les renseignements sur les forces syriennes avec les commandants sur le terrain afin d’empêcher l’embuscade, ainsi que l’incertitude qui a duré des décennies concernant les soldats portés disparus ont hanté les Forces de défense d’Israël (FDI) et les commandants des unités impliquées.
Plusieurs de ces officiers, dont Ehud Barak et Amram Mitzna, se sont ensuite lancés dans la politique après avoir pris leur retraite de l’armée, et l’issue de la bataille est devenue un sujet de débat dans certaines de leurs campagnes électorales.