Pour la deuxième fois seulement, des femmes vont passer les examens du Grand Rabbinat en Israël
Depuis une décision rendue l’an dernier par la Haute Cour de justice, le Grand Rabbinat est tenu de permettre aux femmes de se présenter à ses examens
Un an après une décision de la Haute Cour de justice imposant au Grand Rabbinat d’autoriser les femmes à se présenter à ses examens de qualification rabbinique, un deuxième groupe de sept femmes doit passer ces épreuves mercredi.
Elles feront suite aux trois premières candidates qui avaient passé les examens en avril dernier.
La semaine dernière, le centre de défense des droits dans la vie juive ITIM a déposé un recours devant la Haute Cour de justice contre le Conseil du Grand Rabbinat et son département des examens et des accréditations. L’organisation demande des éclaircissements sur les modalités d’organisation des épreuves. Cette démarche fait suite à des informations selon lesquelles les trois premières candidates avaient dû attendre plusieurs heures avant d’être autorisées à composer.
Le fondateur d’ITIM, le rabbin Seth Farber, a dénoncé la nécessité d’une intervention judiciaire.
« Le Grand Rabbinat est un organisme public de l’État, tenu d’agir conformément à la loi et aux règles de bonne administration », a-t-il déclaré. « Il est inadmissible qu’à moins d’une semaine des examens, les candidates soient encore plongées dans une totale incertitude concernant les conditions des épreuves et les aménagements auxquels elles ont droit, au point de devoir recourir à la justice. »
ITIM, qui milite pour une réforme du rabbinat d’État, accuse le Grand Rabbinat de chercher délibérément à contourner la décision de la Haute Cour ayant ouvert ces examens aux femmes.
En mai dernier, le Grand Rabbinat avait annulé une session d’examens plutôt que de garantir aux candidates les aménagements nécessaires. Il avait également annulé une session à l’automne 2025, peu après la décision de la Haute Cour, préférant ne pas ouvrir les épreuves aux femmes.
En septembre, ITIM avait adressé une lettre au Grand Rabbinat pour exiger que les examens des candidates commencent et se terminent à l’heure prévue et se déroulent dans les mêmes conditions que ceux des hommes. Cette démarche faisait suite à la publication, par le Grand Rabbinat, des dates des examens et de deux lieux de composition.
L’organisation précise qu’elle ne demande pas que les femmes passent les épreuves dans la même salle que les candidats masculins, à condition qu’elles bénéficient de conditions équivalentes.
Les candidats doivent réussir six examens sur sept pour obtenir une certification rabbinique délivrée par le Grand Rabbinat. Les épreuves portent sur les principaux domaines de la loi juive, notamment le mariage, la cacherout (règles alimentaires juives), la pureté rituelle, le respect du shabbat et les rites du deuil.
La décision de la Haute Cour ne permet toutefois pas aux femmes d’obtenir une ordination rabbinique orthodoxe, qui demeure inaccessible aux femmes au sein du judaïsme orthodoxe. Des femmes exercent en revanche comme rabbins dans les courants conservateur et réformé du judaïsme. En Israël, le rabbinat d’État applique les principes de la loi juive orthodoxe.
Depuis 2018, les examens du Grand Rabbinat sont reconnus comme équivalents à un diplôme de licence pour certains postes de la fonction publique exigeant un niveau d’études supérieures. Leur réussite constitue également une condition préalable à l’accès à certains postes dans l’enseignement.