Paris inaugure la place Shimon Peres, rendant hommage à un héritage diplomatique et aux liens entre la France et Israël
Sous une pluie hivernale incessante, la ville de Paris a inauguré cette semaine une place nommée en l'honneur de Shimon Peres, ancien Président et Premier Ministre israélien, dans le quartier historique du Marais.
Située à l'intersection de la rue Malher et de la rue Pavée dans le 4e arrondissement, qui correspond à peu près au centre historique de la ville, la nouvelle « place Shimon Peres » perpétue son héritage dans un quartier longtemps associé à la vie juive et à la mémoire dans la capitale française. La cérémonie a réuni des personnalités françaises et israéliennes, notamment la maire de Paris Anne Hidalgo, l'ancien Président français François Hollande, l'ancien Premier Ministre Bernard Cazeneuve, le maire du centre de Paris Ariel Weil et l'ambassadeur d'Israël en France, Joshua Zarka.
Les enfants de Shimon Peres, Tsvia Walden et Chemi Peres, ont dévoilé la plaque portant le nom de leur père.
Dans leurs allocutions, les membres de la famille ont souligné le profond attachement de Shimon Peres à la France et à sa culture. Walden a décrit cet hommage comme un salut de Paris à « tout ce qu'il représentait » : l'espoir de paix, la solidarité sociale et la loyauté tant envers sa patrie qu'envers l'humanité. Chemi a déclaré que le nom donné à la place était profondément émouvant, rappelant le rôle joué par son père dans l'établissement de liens stratégiques avec la France qui restent importants pour Israël aujourd'hui.
Pour Hidalgo, Peres était un « visionnaire » et un « ami de Paris ». Elle a présenté l'inauguration, qui fait suite à un vote du Conseil de Paris en 2025, comme un hommage à un homme de paix dont l'héritage résonne à une époque de tensions internationales renouvelées. Hidalgo a également mis en garde contre la résurgence de la haine antisémite, « toxique pour la démocratie », donnant à la cérémonie une pertinence contemporaine au-delà du symbolisme.
Hollande a souligné le rôle central joué par Peres dans le processus de paix d'Oslo au début des années 1990, d'abord en tant que Ministre des Affaires étrangères israélien, puis en tant que Premier Ministre. Les accords qu'il a signés avec l'ancien Président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat sous les auspices des États-Unis ont conduit à l'attribution du prix Nobel de la paix 1994 à Peres, Yitzhak Rabin et Arafat.
L'ancien Premier ministre français a rappelé que Peres était un dirigeant qui avait toujours recherché des ouvertures diplomatiques, même pendant les périodes de profonde méfiance.
Les orateurs et les commentateurs ont également présenté Peres comme un pont entre les cultures.
L'écrivain Marek Halter a décrit les rencontres informelles à Paris qui ont contribué à préparer les premiers contacts entre Israéliens et Palestiniens, soulignant la croyance de Peres dans le dialogue. Connu pour être un francophile convaincu, il était à l'aise dans les cercles intellectuels parisiens et attentif aux autres cultures, y compris l'islam.
En inscrivant son nom dans son paysage urbain, aux côtés de personnalités telles que Theodor Herzl et Bernard Lazare, Paris présente cette nouvelle place comme un geste d'amitié envers Israël et une réaffirmation de ses propres idéaux civiques.
Dans une période marquée par les tensions au Moyen-Orient et les inquiétudes liées à l'antisémitisme en Europe, la place Shimon Peres rappelle la promesse durable, bien que fragile, de la diplomatie.
Le Staff de All Israel News est une équipe de journalistes en Israël.