« Le dialogue pacifique n’est pas un crime » : une pétition appelle le Liban à abolir sa loi de boycott d’Israël

« Le dialogue pacifique n’est pas un crime » : une pétition appelle le Liban à abolir sa loi de boycott d’Israël
Drapeaux israélien et libanais au mémorial de l’Armée du Liban-Sud (ALS), près de Metula, à la suite de la signature d’un accord entre Israël et le Liban, le 28 juin 2026. (Photo : Ayal Margolin / Flash90)

Une loi libanaise vieille de 70 ans, qui interdit les contacts avec des Israéliens, est récemment revenue sur le devant de la scène après plusieurs incidents impliquant des personnalités libanaises de premier plan qui auraient enfreint la législation sur le boycott au cours des derniers mois.

L’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Hamadeh Moawad, a notamment été critiquée pour s’être enquise de l’état de santé du fils de l’ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter, blessé lors d’une attaque terroriste en Israël. Par ailleurs, l’homme d’affaires Antoun Sehnaoui a été photographié à proximité du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d’un événement organisé en hommage au regretté sénateur américain Lindsey Graham.

Une nouvelle pétition adressée au président américain Donald Trump et au secrétaire d’État Marco Rubio appelle désormais les dirigeants américains à faire pression sur le gouvernement libanais pour qu’il abroge définitivement cette interdiction.

La pétition a été lancée par Carine Bassili, chanteuse établie aux États-Unis et militante pour la paix, qui ne peut plus retourner au Liban en raison de son soutien public à Israël. Elle demande aux États-Unis de faire pression sur les autorités libanaises afin qu’elles abrogent la loi de 1955 sur le boycott d’Israël, ainsi que les restrictions connexes qui sanctionnent les échanges pacifiques entre citoyens libanais et israéliens.

« La paix ne peut être bâtie si les citoyens ordinaires sont punis pour avoir tendu la main au-delà des frontières », affirme la pétition.

L’analyste du Moyen-Orient Jonathan Spyer a salué cet appel au changement, tout en doutant que celui-ci puisse être approuvé par le Parlement libanais.

« Il existe une opposition assez importante au Liban, notamment de la part du Hezbollah et de ses alliés, à toute modification de cette loi », a-t-il déclaré à ALL ISRAEL NEWS. « Cela dit, je pense qu’il est très positif que des Libanais américains et d’autres personnes fassent pression aux États-Unis en faveur de cette réforme car, bien sûr, cette loi est absurde et devrait être abrogée. »

Tony Abi Najm, rédacteur en chef d’IMLebanon, avait souligné en juillet que le récent accord conclu avec Israël sous l’égide des États-Unis prévoyait la création de groupes de travail chargés de préparer un accord global de paix et de sécurité.

« Qu’est-ce que cela signifie ? », s’interrogeait Abi Najm. « Cela signifie que des représentants des deux pays vont s’asseoir ensemble et négocier. Comment parvenir à un accord de paix sans communiquer avec l’autre partie ? »

L’ancien député libanais Hadi Hobeiche s’est également interrogé sur la pertinence d’un cadre juridique vieux de 70 ans au regard des réalités politiques actuelles du pays.

« Écoutez, la loi est une chose. Mais aujourd’hui, à mon avis, l’intérêt national est plus important que la loi. Lorsque l’intérêt national est en jeu, tous ces détails deviennent secondaires », a déclaré Hobeiche lors d’un entretien avec la chaîne Al Jadeed.

« Si la loi m’empêche de m’asseoir avec des Israéliens, mais que cette rencontre permet de mettre fin aux attaques et aux massacres de mon peuple, alors oui, je m’assiérai avec eux, quels que soient les textes juridiques », a-t-il ajouté.

La capacité du gouvernement libanais à définir et à faire appliquer sa propre politique à l’égard d’Israël a toutefois été fortement mise à l’épreuve ces dernières semaines.

Le 5 octobre, les forces de sécurité libanaises ont intercepté et saisi une camionnette transportant 780 kilogrammes d’explosifs destinés à une attaque contre Israël. Le Hezbollah en a revendiqué la propriété et exigé que le gouvernement lui restitue les armes.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio est toutefois intervenu en appelant le Liban à conserver la cargaison saisie et à demander des comptes au groupe armé. Cet épisode a mis en évidence les pressions contradictoires auxquelles est confronté le président libanais Joseph Aoun.

Dans sa pétition, Carine Bassili affirme qu’« un Liban souverain doit être en mesure de protéger ses citoyens, d’appliquer ses lois équitablement et de prendre des décisions dans l’intérêt national, sans intimidation ».

À une certaine époque, le Hezbollah disposait de davantage de combattants que l’armée régulière libanaise et possédait la huitième capacité de frappe par missiles la plus importante au monde, selon l’experte militaire israélienne, la colonelle Miri Eisin. En outre, ce groupe armé soutenu par l’Iran exerce une influence politique importante et est devenu un acteur incontournable de la gouvernance libanaise.

Alors que le Hezbollah bénéficiait autrefois du soutien d’une partie de la population libanaise, cette tendance semble évoluer. Une majorité de citoyens serait favorable au désarmement du mouvement, selon un sondage publié en mai. Cependant, désarmer cette organisation est plus facile à dire qu’à faire.

« Beaucoup de gens pensent que le Hezbollah a plongé le pays dans le désastre », a déclaré Spyer. « On trouve même des exemples de Libanais chiites qui en ont profondément assez de ces discours du Hezbollah sur la résistance, qui ne font que conduire à la destruction de leurs maisons tous les quelques années, lorsque le mouvement décide d’entrer en guerre contre Israël. »

« Mais il ne faut pas perdre de vue que le Hezbollah possède les armes. Malheureusement, c’est cela qui compte », a-t-il ajouté, soulignant que le groupe est connu pour avoir assassiné ses opposants politiques.

L’armée libanaise peine à respecter son engagement de débarrasser certaines zones des armes et des infrastructures du Hezbollah, conformément à l’accord conclu en juin. De son côté, Israël n’a pas répondu aux demandes libanaises visant à mettre fin à ses attaques.

Malgré ces difficultés, un nouveau cycle de négociations se déroule cette semaine à Tampa, en Floride.

« Le Liban et Israël souhaitent tous deux poursuivre le dialogue, même si nous attendons encore les élections », a déclaré Nuna, une chrétienne libanaise, en référence aux prochaines élections israéliennes.

« Tout est en suspens… Nous prions simplement pour que, même en cette période, nous continuions à avancer vers cette paix que nous attendons tous et pour laquelle nous prions tous. »

Jonathan Spyer reste sceptique quant à la possibilité d’un changement imminent. Il estime toutefois qu’« à un certain moment, le Hezbollah sera suffisamment affaibli […] et c’est ainsi, finalement, que la situation sera résolue ».

« Nous avançons dans la bonne direction, mais je ne pense pas que nous en soyons encore là, tout simplement parce que toutes les autres forces au Liban sont très faibles », a-t-il déclaré. « En définitive, la seule force qui ait réellement réussi à affronter le Hezbollah de manière à l’affaiblir a été l’armée israélienne. »

Selon Spyer, le véritable tournant pourrait être la chute de la République islamique d’Iran, qui priverait le Hezbollah de son soutien.

« Le Hezbollah libanais ne serait alors plus qu’une milice libanaise parmi d’autres et subirait le sort qui lui revient », a-t-il affirmé, évoquant la fin de ce qu’il qualifie de « terrible obstacle au développement normal du Liban ».

« Ce pays pourrait être formidable. Il possède une population intelligente, instruite et pleine de ressources. Il mérite bien mieux que la situation dans laquelle il se trouve actuellement », a-t-il ajouté.

La pétition de Carine Bassili appelle Donald Trump et Marco Rubio à faire de la réforme de la loi sur le boycott une priorité dans leurs échanges diplomatiques avec les dirigeants libanais.

« Aidez le Liban à construire un avenir différent, dans lequel la sécurité nationale et les relations pacifiques entre les citoyens pourront coexister », demande la pétition. « Cette campagne ne demande pas aux États-Unis de dicter l’avenir du Liban ni de minimiser les préoccupations légitimes en matière de sécurité. Elle appelle à une réforme juridique menée par les Libanais eux-mêmes et soutenue par la diplomatie internationale. »

« Aucun citoyen libanais ne devrait avoir à choisir entre aimer son pays et croire qu’une paix avec Israël est possible », écrit Bassili.

Nuna a également indiqué que sa maison de prière à Beyrouth avait récemment consacré 50 heures de prière à la nation, notamment pour la paix avec Israël.

« Ce que nous pensions impossible depuis plus de 50 ans, comme les négociations de paix avec Israël, les accords d’Abraham et bien d’autres choses, est en train de se mettre en place », a-t-elle déclaré. « Nous espérons que Dieu fera entrer le Liban dans une nouvelle ère. »

La pétition demande aux dirigeants américains de soutenir l’abrogation de la loi de 1955 sur le boycott d’Israël et des restrictions qui pénalisent les contacts pacifiques entre Libanais et Israéliens.

Pour consulter et signer la pétition, cliquez ici.

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