Israël saisit des milliers d'antiquités lors d'une opération anti-contrebande dans la vallée du Jourdain
L'unité archéologique de l'Administration civile a annoncé lundi avoir saisi des milliers d'antiquités auprès de trafiquants présumés lors d'une récente descente dans la vallée du Jourdain, parmi lesquelles plus de 400 pièces de monnaie anciennes ainsi que des fragments de poterie, des pointes de flèches, un poignard et plusieurs sceaux et bagues datant des périodes perse, hellénistique, hasmonéenne et byzantine.
Cette descente s’inscrit dans le cadre d’une lutte continue menée par les autorités israéliennes contre les fouilles illégales et le trafic d’antiquités en Judée-Samarie, où des réseaux organisés de trafiquants ciblent les sites archéologiques et vendent des objets sur le marché noir international.
L’Unité archéologique a mené cette opération en coordination avec la police des frontières de Judée-Samarie, des soldats de la brigade régionale de la Vallée du Jourdain de l’armée israélienne (Tsahal) et des inspecteurs de l’Autorité de la nature et des parcs. Les autorités ont également saisi du matériel de fouille et des détecteurs de métaux qui auraient servi à localiser et à extraire les objets.
La cible principale de la descente était le domicile d’un homme soupçonné de diriger un groupe responsable de nombreuses fouilles illégales dans la zone C de la Cisjordanie, contrôlée par Israël. Le suspect avait déjà été arrêté en possession de détecteurs de métaux, de matériel de fouille et d’objets archéologiques volés.
Cette opération est la dernière d’une série de mesures répressives menées récemment contre les trafiquants d’antiquités. Au cours des derniers mois, les autorités ont arrêté plusieurs suspects et saisi un grand nombre d’objets archéologiques, notamment des pièces de monnaie datant de la période du Second Temple, de la Grande Révolte juive et de la révolte de Bar Kochba.
Parmi les objets précédemment confisqués figuraient des pièces de monnaie de la période du Second Temple, datant notamment de la première venue de Jésus-Christ, ainsi que des pièces de la Grande Révolte juive, de la fin des années 60 au début des années 70 de notre ère, portant d’anciennes inscriptions en hébreu indiquant « Shekel d’Israël » et « Jérusalem, la Sainte ».
Les autorités ont également récupéré des pièces de bronze représentant les quatre espèces utilisées lors de la fête de Souccot, qui avaient été frappées au cours de la quatrième année de la révolte.
D’autres pièces saisies récemment portaient des inscriptions datant de la révolte de Bar Kochba (132-135 apr. J.-C.), avec le nom « Shimon (Bar Kochba) » sur une face et « Deuxième année de la liberté d’Israël » sur l’autre.
Israël dispose de lois strictes régissant les fouilles, la vente et le transport d’antiquités, dans le but de protéger les sites archéologiques et de décourager le pillage.
Il est illégal d’acheter ou de vendre des antiquités sans permis, de les faire entrer ou sortir du pays sans autorisation, ou de les rechercher à l’aide de détecteurs de métaux sans permis.
Malgré ces restrictions, l’application de la loi reste difficile en raison de la forte demande des collectionneurs et du marché noir international très lucratif des objets anciens.
Les archéologues affirment que la valeur d’un objet réside souvent non seulement dans l’objet lui-même, mais aussi dans le lieu où il a été découvert. La profondeur à laquelle les fragments de poterie et autres objets sont enfouis aide les chercheurs à déterminer leur âge et à comprendre le contexte historique d’un site.
Le retrait d’objets archéologiques sans en documenter correctement l’emplacement peut effacer définitivement des informations archéologiques précieuses. Même les pièces de monnaie, dont la date peut souvent être déterminée grâce à leurs inscriptions, sont plus utiles aux chercheurs lorsque leur emplacement d’origine est soigneusement consigné.
Les travaux archéologiques en Judée-Samarie sont supervisés par l’Unité archéologique de l’Administration civile, qui relève du Coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) du ministère de la Défense.