Alertes à l’aéroport en Israël : un vol éthiopien dérouté après la découverte d’un pilote indonésien à bord, un avion Delta fouillé après une menace à la bombe
Les forces de sécurité en état d’alerte maximale après le détournement d’un avion de Flydubai
Après avoir frôlé la catastrophe lors de la tentative de détournement d’un avion de Flydubai à destination de Tel-Aviv, les forces de sécurité israéliennes restent en état d’alerte maximale face à toute menace visant l’aviation du pays.
Deux incidents survenus lundi et mardi illustrent les fortes tensions entourant l’aéroport international Ben-Gourion, en Israël.
Mardi, un avion de Delta Air Lines qui avait atterri à l’aéroport a été déplacé vers une zone isolée pour des contrôles de sécurité, après un signalement anonyme faisant état de la présence à bord d’un objet « suspect ».
Les passagers ont été rapidement évacués après l’atterrissage. L’Autorité aéroportuaire israélienne a toutefois indiqué par la suite qu’aucun « élément inhabituel » n’avait été découvert.
« L’appareil a été minutieusement inspecté par les équipes de sécurité de l’aéroport Ben-Gourion », a souligné l’Autorité aéroportuaire israélienne, ajoutant que « les opérations ont repris normalement ».
Environ 24 heures plus tôt, les autorités israéliennes avaient ordonné à un avion-cargo d’Ethiopian Airlines à destination d’Israël de ne pas pénétrer dans l’espace aérien israélien, lundi matin, après avoir découvert que l’un de ses pilotes était de nationalité indonésienne.
L’incident a relancé les interrogations sur les procédures de sécurité aérienne en Israël. Selon certaines informations, les autorités n’auraient reçu le manifeste de vol, comprenant l’identité des membres d’équipage, qu’après le décollage de l’appareil d’Addis-Abeba.
L’Indonésie n’entretient pas de relations diplomatiques avec Israël, et ses dirigeants ont à plusieurs reprises tenu des propos très critiques à l’égard de l’État juif.
Cet épisode illustre la nouvelle politique de précaution maximale adoptée par les autorités israéliennes de l’aviation après la tentative de détournement du vol 1073 de Flydubai, le 30 septembre. Il met également en évidence de possibles lacunes dans les procédures encadrant la transmission, par les compagnies aériennes étrangères, des informations sur leurs équipages avant leur entrée dans l’espace aérien israélien.
Les compagnies aériennes étrangères assurant des vols à destination ou au départ d’Israël sont tenues de communiquer les noms et nationalités des membres d’équipage avant le décollage. Dans le cas de lundi, toutefois, ces informations auraient été transmises au Centre national israélien de contrôle des passagers seulement après que l’avion eut décollé et commencé son trajet vers l’aéroport international Ben-Gourion.
Cet incident vient alimenter un débat déjà en cours sur la répartition des responsabilités en matière de sécurité aérienne. Selon les procédures établies, la division Sécurité, urgences et cybersécurité du ministère des Transports, qui intervient par l’intermédiaire du Centre des opérations de sécurité aérienne, est chargée d’évaluer les risques potentiels associés aux vols des compagnies étrangères à destination ou au départ d’Israël.
Le ministère des Transports affirme toutefois ne pas disposer des moyens nécessaires pour assumer cette responsabilité, notamment d’un service de renseignement indépendant capable de vérifier les antécédents des passagers et des membres d’équipage.
Le ministère s’appuie donc sur les évaluations de sécurité réalisées par les autorités étrangères et les compagnies aériennes elles-mêmes.
La tentative de détournement a mis au jour de graves failles dans ce système, tandis que l’incident de lundi laisse penser que des lacunes persistent malgré les modifications que le ministère des Transports a cherché à mettre en place.
Des consultations supplémentaires réunissant le Conseil national de sécurité, les ministères des Transports et des Finances, l’Autorité aéroportuaire israélienne, le Shin Bet et la police seraient en cours. De nouvelles réformes devraient découler de ces discussions.
Des critiques s’interrogent toutefois sur la viabilité économique des nouvelles procédures et sur leur efficacité réelle face aux menaces sécuritaires.
« Il suffit de regarder toutes les manifestations anti-israéliennes qui ont lieu cette semaine à Londres », a déclaré à ALL ISRAEL NEWS James M., un ressortissant britannique qui vit en Israël depuis cinq ans et travaille pour une organisation humanitaire internationale.
« Je vous garantis qu’il y a des dizaines de milliers de citoyens britanniques, des personnes nées au Royaume-Uni et qui y ont vécu toute leur vie, que l’on pourrait facilement convaincre de faire quelque chose comme ce qu’a fait cet individu omanais à bord du vol de Flydubai », a-t-il affirmé.
« De nos jours, le passeport porté par une personne à bord d’un avion ne permet absolument pas de savoir quelle menace elle pourrait représenter. Le monde entier devient fou et on ne peut plus être sûr de rien. »