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Un mikvé vieux de 2 000 ans révèle l'existence d'une colonie juive jusqu'alors inconnue en Israël

 
Le bassin de purification découvert sur le site du quartier de Carmi Gat, en Israël. 17 septembre 2026. (Photo : Autorité des antiquités d'Israël)

Des archéologues ont mis au jour un mikvé, ou bain rituel juif, vieux de 2 000 ans dans le quartier de Carmei Gat, à Kiryat Gat, apportant ainsi la preuve de l’existence d’une colonie juive jusque-là inconnue dans la région à l’époque du Second Temple.

L’Autorité des antiquités d’Israël a annoncé cette découverte à l’issue de fouilles financées par l’Autorité foncière d’Israël pour un montant d’environ 28 millions de NIS (9,2 millions de dollars). Ce mikvé indique qu’une communauté juive s’était établie sur ce site à l’époque où Jésus vivait et exerçait son ministère, et que cette communauté était suffisamment développée pour construire un grand bain rituel en pierre pesant environ 25 tonnes.

Le mikvé a récemment été transféré au Département des trésors nationaux de l’Autorité des antiquités d’Israël, à Jérusalem, en vue d’études plus approfondies. Il devrait revenir à Carmei Gat une fois que les chantiers de construction à proximité seront achevés, où il sera exposé aux habitants et aux visiteurs.

Le déplacement de cette structure antique a nécessité une opération complexe d’ingénierie et de conservation. Les archéologues et les conservateurs ont d’abord procédé à des fouilles autour du mikvé afin de le mettre entièrement au jour, puis ont foré le sol en dessous et y ont inséré des poutres en acier pour soutenir la structure pendant le levage.

Le mikvé a ensuite été enveloppé dans de la gaze et renforcé avec de la mousse afin de le protéger des secousses et des vibrations pendant le transport. Une grue de 300 tonnes a hissé la structure, d’un poids d’environ 25 tonnes, à bord d’un camion à carrosserie élargie, et des dispositions spéciales de circulation ont été prises pour le trajet jusqu’à Jérusalem.

« Une fois qu’on soulève une structure comme celle-ci, il n’y a plus de retour en arrière possible », explique Eyal Kaho, conservateur en chef à l’Autorité des antiquités d’Israël, qui a dirigé l’opération. « Si elle s’effondre, nous perdons le mikvé. C’est pourquoi chaque détail doit être pris en compte à l’avance. La veille d’une opération comme celle-ci, on ne dort pas. On est sous pression, car la responsabilité nous incombe et aucune somme ne saurait compenser une erreur. Même après 36 ans passés à l’Autorité des antiquités d’Israël, l’adrénaline remonte à chaque fois. »

Cette découverte est majeure, car les archéologues n’avaient jusqu’alors pas identifié de colonie juive dans cette zone particulière située entre les plaines de Judée et le nord du Néguev.

Selon le ministre du Patrimoine, le rabbin Amichai Eliyahu, « le bain rituel mis au jour à Kiryat Gat apporte un éclairage important sur notre compréhension de la colonisation juive en Terre d’Israël à l’époque du Second Temple ».

Il a poursuivi en expliquant que l’opération complexe menée par l’Autorité des antiquités d’Israël pour le déplacer intact « reflète notre engagement, en tant que nation, à préserver notre patrimoine, même dans un contexte de développement rapide. Son intégration future dans l’espace public du quartier permettra aux habitants et aux visiteurs de découvrir, dans le cadre de leur vie quotidienne, des traces tangibles de la vie juive d’il y a 2 000 ans. »

Le mikvé n’était pas le seul témoignage de la vie juive mis au jour sur le site. L’Autorité des antiquités d’Israël a indiqué que les archéologues avaient également découvert « des récipients de mesure en pierre qui, selon la loi juive, ne deviennent pas rituellement impurs et qui étaient donc largement utilisés par les Juifs à l’époque du Second Temple ».

Selon Elena Kogan-Zahavi, Maayan Margulis et Shira Lifshitz, directrices des fouilles pour le compte de l’Autorité des antiquités d’Israël, « la colonie juive que nous avons découverte ici est la première et la seule connue dans cette région. Dans les plaines de Judée, on connaît de nombreuses colonies juives de l’époque romaine, mais dans la zone de jonction entre les plaines de Judée et le nord du Néguev, aucune colonie juive n’était connue jusqu’à présent. »

D’autres éléments archéologiques suggèrent que la colonie « a apparemment été abandonnée pendant la révolte de Bar Kokhba au IIe siècle de notre ère. Ce n’est qu’environ 500 ans plus tard, à l’époque byzantine, qu’elle a connu un regain d’activité, mais cette fois-ci avec une composition démographique entièrement différente. »