Trump : les États-Unis ne font pour l'instant que « semi-négocier » avec l'Iran ; le régime est en « très mauvaise posture »
Le président américain envisagerait de proclamer victoire et de se retirer sans accord final, selon le WSJ
Le président Donald Trump a laissé entendre dimanche que les États-Unis avaient actuellement l’intention d’attendre que le régime iranien cède, en laissant le blocus naval accentuer la pression économique plutôt que de lancer une nouvelle opération militaire.
Trump a déclaré au site d’information Axios que les États-Unis menaient pour l’instant des négociations « en s’efforçant de faire profil bas » avec l’Iran.
« Nous ne faisons que semi-négocier avec eux. Nous nous contentons d’observer l’Iran, avec son inflation galopante et le fait qu’il n’ait pas d’argent », a-t-il déclaré, ajoutant que le pays était « en très mauvaise posture » et manquait d’argent pour payer son armée.
En revanche, Trump a souligné que la situation des consommateurs américains s’était améliorée grâce à la baisse des prix du pétrole, qui se situaient désormais autour de 75 dollars le baril. « Ça va s’arranger. Ça s’arrange toujours. C’est comme une partie d’échecs », a déclaré Trump sans proférer de nouvelles menaces ni évoquer d’éventuelles frappes, comme il l’avait fait à plusieurs reprises les jours précédents.
« Ces commentaires du président Trump suggèrent que les États-Unis visent pour l’instant une voie médiane : suspendre l’escalade militaire et éviter de se précipiter dans un mauvais accord, tout en laissant le blocus américain continuer à exercer une pression sur le régime iranien », selon Jason Brodsky, directeur des politiques au sein du groupe de réflexion United Against Nuclear Iran.
« Cette situation d’incertitude deviendra la nouvelle norme pendant un certain temps », a averti M. Brodsky dans un message publié sur 𝕏.
Les négociations portent actuellement sur un accord entre l’Iran et Oman visant à coordonner le trafic dans le détroit d’Ormuz.
Dimanche, le Wall Street Journal a rapporté que Trump avait évoqué en privé l’idée de crier victoire dès que Téhéran rouvrirait entièrement cette voie navigable stratégique, ce qui permettrait aux États-Unis de se retirer sans accord final ni accord sur le nucléaire, selon des responsables américains.
Les médiateurs qatariens et pakistanais auraient cherché à annoncer un accord entre l’Iran et Oman d’ici mercredi, bien que les perspectives d’un accord aient semblé s’amenuiser au cours du week-end.
Samedi, des responsables des Émirats arabes unis ont déclaré qu’un navire appartenant à l’État avait été attaqué par des missiles iraniens dans le détroit, sans faire état de victimes.
U.S. Sailors stand watch on the bridge of USS Ross (DDG 71). Ross is one of over 20 U.S. warships deployed to the Middle East supporting military missions, including strict enforcement of the U.S. blockade against Iran. As of Aug. 9, CENTCOM has redirected 55 commercial vessels,… pic.twitter.com/B5NCpX7Nxw
— U.S. Central Command (@CENTCOM) August 9, 2026
Ensuite, le président du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohammad Bagher Zolghadr, a présenté une nouvelle liste d’exigences extrêmes en vue d’un accord.
Celles-ci comprenaient notamment l’engagement des États-Unis à ne jamais « menacer ni insulter l’Iran, quelle que soit la langue utilisée », à mettre définitivement fin à « la guerre contre l’Iran et ses alliés au Liban, à Gaza, au Yémen et en Irak », ainsi qu’à retirer complètement leurs forces militaires des zones entourant l’Iran.
De plus, Zolghadr, qui a démissionné le lendemain, a exigé que les États-Unis versent une indemnisation intégrale pour les dommages de guerre, lèvent toutes les sanctions et débloquent tous les fonds gelés.
Un diplomate de l’un des pays médiateurs a déclaré à Axios que ces exigences mettaient en évidence l’ampleur des luttes politiques internes au sein du régime, le chef du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), Ahmad Vahidi, ayant apparemment prôné une ligne dure.
Un responsable de la Maison Blanche a déclaré au WSJ que les États-Unis considéraient leurs objectifs militaires comme atteints et que Trump se concentrait désormais sur le maintien de l’ouverture du détroit d’Ormuz.
Des responsables ont indiqué au journal que si les services de renseignement américains pouvaient continuer à surveiller le programme nucléaire iranien et que le trafic maritime reprenait dans le détroit d’Ormuz, le président pourrait maintenir la situation actuelle pendant une période prolongée. Ils ont ajouté que le blocus naval pourrait également être levé une fois le détroit entièrement rouvert.
Israël a observé avec inquiétude les revirements de position de Trump concernant les négociations.
Un ancien haut responsable du Mossad a vivement critiqué le président américain lors d’une interview radiophonique dimanche.
« Le comportement américain est scandaleux », a déclaré Oded Eilam, ancien chef de la division antiterroriste du Mossad et chercheur à l’Institut de Jérusalem pour les affaires étrangères et la sécurité.
« Les Américains n’ont pas su transformer les succès militaires en succès stratégiques », a-t-il ajouté.
Il a averti : « Ce sur quoi Israël doit insister et ne doit en aucun cas renoncer, c’est la capacité d’agir pour contrecarrer toute tentative de l’Iran de reconstruire son infrastructure nucléaire », même au prix d’une « crise » avec les États-Unis.