L'offensive majeure des Houthis s'effondre au Yémen au milieu de combats intenses contre les forces gouvernementales et saoudiennes
Les Houthis enregistrent des centaines de victimes alors que le gouvernement repousse une offensive visant le détroit de Bab el-Mandeb
Les terroristes houthis yéménites se sont largement abstenus de lancer des attaques contre Israël ces derniers mois, ce groupe soutenu par l’Iran ayant été accaparé par les combats qui ont récemment éclaté contre les forces alignées sur l’Arabie saoudite et le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale. Ces combats auraient coûté la vie à des centaines de combattants ainsi qu’à des civils.
Jeudi, les Houthis ont lancé une nouvelle offensive au sud du port de Hodeidah, où Israël a mené plusieurs frappes aériennes ces dernières années. Toutefois, selon le journal Asharq Al-Awsat, l’offensive a achoppé ce week-end, les forces gouvernementales ayant riposté par des frappes de drones et d’avions de chasse contre les renforts houthis au sud du district d’Al-Jarahi. Les forces gouvernementales ont également perturbé les lignes d’approvisionnement houthies en s’emparant de plusieurs collines stratégiques au sud-est de Taïz.
Des sources militaires ont déclaré à Asharq Al-Awsat que les Houthis avaient subi des pertes au cours de ces trois jours de combats, avec, selon certaines informations, des centaines de morts ou de blessés. Selon l’AFP, le bilan des combats depuis jeudi s’élève à plus de 300 combattants, ainsi que quelques civils.
En juillet, un expert israélien en matière de sécurité avait averti que le régime iranien intensifiait son aide militaire aux Houthis en vue d’une nouvelle confrontation avec l’Arabie saoudite.
Yoni Ben Menachem, chercheur senior à l’Institut de Jérusalem pour les affaires étrangères et la sécurité, a déclaré que le soutien de l’Iran aux Houthis constituait un élément clé de ses efforts visant à rétablir son réseau de mandataires, considérablement affaibli par les frappes israéliennes et américaines au cours des dernières années. « Le Yémen est l’arrière-cour de l’Arabie saoudite », a-t-il averti.
Les dernières attaques houthistes contre Israël remontent au mois de juin, lorsque les terroristes et leurs soutiens iraniens ont tiré des dizaines de missiles, ce qui a poussé l’armée de l’air israélienne à frapper des cibles en Iran. Alors que les combats menaçaient de s’étendre à toute la région, l’administration Trump a fait pression sur Israël et l’Iran pour qu’ils mettent fin à leurs attaques et a contribué à négocier un cessez-le-feu visant à empêcher une escalade plus large.
Les Houthis auraient profité de la trêve qui s’en est suivie pour améliorer leurs missiles en vue de futures attaques contre Israël.
En juillet, une trêve fragile entre les Houthis et le gouvernement yéménite a volé en éclats après que les rebelles ont accueilli un avion iranien dans la capitale, Sanaa, violant ainsi l’embargo saoudien et déclenchant une vague d’attaques.
Les Houthis ont également annoncé un blocus maritime de l’Arabie saoudite et ont commencé à prendre pour cible ses navires et son territoire.
Les combats ont atteint un nouveau niveau ces derniers jours, dans le cadre d’offensives de grande envergure menées par les Houthis. Deux responsables militaires des forces gouvernementales yéménites soutenues par l’Arabie saoudite ont déclaré à l’AFP avoir perdu 84 soldats depuis samedi midi, principalement lors d’attaques à la roquette, tandis que quatre sources militaires houthistes ont indiqué que 57 « terroristes » avaient été éliminés au cours de la même période.
Les rebelles houthis visaient à isoler et à s’emparer de la ville portuaire de Mokha, contrôlée par le gouvernement, et à renforcer leur emprise sur la zone entourant le détroit de Bab el-Mandeb, d’une importance stratégique cruciale, qui contrôle l’entrée sud de la mer Rouge.
Depuis que le régime iranien a en grande partie fermé le détroit d’Ormuz en attaquant les navires qui tentaient de le traverser, le détroit de Bab el-Mandeb a encore gagné en importance en tant que voie alternative pour les exportations de pétrole de l’Arabie saoudite.
Un responsable militaire a déclaré à l’AFP qu’à la suite d’une contre-offensive, les forces gouvernementales « avaient réussi à établir des positions au nord de Hays après avoir progressé dans la région », une zone située à moins de 30 kilomètres (18,6 miles) à l’intérieur des terres depuis la côte de la mer Rouge.
Rashad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentiel du Yémen, qui dirige le gouvernement, a affirmé que ses forces ne permettraient pas au régime de prendre le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb par l’intermédiaire de ses mandataires houthis.
Il a également mis en garde contre les graves conséquences humanitaires des combats, notamment le déplacement de centaines de familles de leurs foyers.
La semaine dernière, selon certaines informations, au moins 158 familles ont été contraintes de fuir leurs foyers après que les Houthis ont attaqué des civils dans des zones résidentielles du gouvernorat d’Hodeidah, dans l’ouest du Yémen.
En août 2025, Israël a éliminé plusieurs hauts dirigeants houthis lors de frappes aériennes de précision, dont le Premier ministre houthi Ahmad Ghaleb al-Rahwi. À l’époque, Mahdi al-Mashat, haut responsable houthi, avait annoncé le « martyre » d’al-Rahwi et de plusieurs de ses ministres, qui, selon lui, avaient été tués lors d’une frappe israélienne.
Bien que les Houthis et leur protecteur iranien aient été considérablement affaiblis, les deux restent intacts, et aucune fin immédiate n’est en vue ni pour la guerre civile au Yémen, ni pour le conflit plus large impliquant l’Iran et ses mandataires régionaux.