Les services de renseignement américains lancent un avertissement : le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, chercherait à se doter d'ogives nucléaires
L’actuel guide suprême de l’Iran, Mojtaba Khamenei, chercherait à mettre au point une ogive nucléaire pouvant être embarquée sur un missile à longue portée, selon des évaluations des services de renseignement américains citées vendredi par The New York Times. Cette évaluation intervient alors que les autorités iraniennes auraient renforcé la sécurité autour d’un site nucléaire fortifié, dans un contexte d’inquiétudes quant à une éventuelle opération commando israélienne.
Les responsables des services de renseignement américains estimeraient que Mojtaba Khamenei et les membres de la direction iranienne la plus intransigeante sont plus déterminés à se doter de capacités nucléaires militaires que ne l’était son défunt père, Ali Khamenei. Bien que Mojtaba n’ait pas publiquement appelé au développement d’armes nucléaires, les responsables estiment que ses propos avant la guerre, au début de cette année, reflétaient un intérêt accru pour l’acquisition d’une force de dissuasion nucléaire.
Un responsable américain, s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès du Times of Israel, a déclaré que l’évaluation de Washington reposait sur des renseignements concernant les positions que Mojtaba aurait adoptées avant le déclenchement du conflit, le 28 février. Le dirigeant iranien, qui aurait été grièvement blessé lors de la frappe d’ouverture israélienne, n’est pas apparu en public depuis le début de la guerre.
Contrairement à son père, Mojtaba aurait été partisan d’une posture nucléaire plus agressive et aurait auparavant cherché à pousser Ali Khamenei vers une ligne plus dure. Cette évaluation aurait figuré parmi les facteurs pris en compte par Washington et Jérusalem dans leurs décisions de lancer des frappes militaires contre le régime iranien.
Ali Khamenei, l’ancien guide suprême iranien tué lors d’une frappe israélienne le 28 février, avait émis une décision religieuse, ou fatwa, contre les armes nucléaires dans les années 1990. Le régime iranien continue de nier qu’il cherche à se doter de telles armes, insistant sur le fait que son programme nucléaire est destiné exclusivement à des fins civiles.
Les services de renseignement occidentaux ont toutefois contesté à plusieurs reprises les affirmations de Téhéran. L’Iran a continué d’enrichir de l’uranium à des niveaux proches de ceux requis pour la fabrication d’armes, ce qui, selon ses détracteurs, n’a aucune justification civile claire, tout en conservant une partie de son infrastructure nucléaire dans des installations souterraines fortifiées et en limitant l’accès des inspecteurs internationaux.
Des rapports datant de la fin du mandat de l’administration Biden indiquaient que l’Iran avait envisagé de se doter d’une « bombe nucléaire de dissuasion » — un engin qui serait difficile à embarquer sur un missile mais qui pourrait néanmoins offrir un certain niveau de dissuasion. Selon les dernières évaluations, les ambitions présumées de Mojtaba Khamenei iraient plus loin, se concentrant sur le développement d’une ogive nucléaire opérationnelle capable d’être lancée à bord d’un missile balistique.
Certains analystes en matière de sécurité estiment que la motivation de l’Iran à se doter d’armes nucléaires pourrait s’être renforcée à la suite de la guerre, qui a considérablement affaibli les capacités militaires conventionnelles de Téhéran. Les experts avancent que l’Iran pourrait considérer les armes nucléaires comme un moyen de prévenir de futures attaques, à l’instar du rôle que, selon eux, ces capacités ont joué pour la Corée du Nord. Des responsables américains et israéliens ont également averti qu’un Iran doté de l’arme nucléaire pourrait déclencher une course aux armements nucléaires plus large au Moyen-Orient.
Le protocole d’accord (MOU) signé en juin par le président américain Donald Trump et le président iranien Masoud Pezeshkian stipulait : « La République islamique d’Iran réaffirme qu’elle n’acquerra ni ne développera d’armes nucléaires. » Cependant, des détracteurs affirment que Téhéran a depuis violé cet accord, tandis que Mojtaba Khamenei aurait déclaré que, bien qu’il ait approuvé le protocole d’accord, il s’y opposait « par principe ».
L’article du New York Times a été publié dans un contexte de tensions militaires croissantes entre les États-Unis et l’Iran. Trump et de hauts responsables américains se sont réunis vendredi pour discuter d’une éventuelle escalade militaire contre Téhéran, y compris d’éventuelles frappes américaines sur le site nucléaire iranien fortement fortifié connu sous le nom de « Pickaxe Mountain ».
Les responsables des services de renseignement américains et israéliens s’inquiéteraient de la possibilité que Téhéran tente de transférer les éléments restants de son programme nucléaire vers ce site souterrain, construit à l’intérieur d’une montagne.
Trump n’a pas encore décidé s’il allait poursuivre les efforts diplomatiques ou autoriser de nouvelles frappes contre le régime iranien.