Les États-Unis et l'Arabie saoudite mènent des frappes contre des milices iraniennes en Irak, suite à une attaque surprise contre les forces américaines en Jordanie
De violentes frappes aériennes ont touché de nombreuses bases et fait des dizaines de victimes parmi les membres des forces armées
Après plusieurs jours d’accalmie, les combats entre les États-Unis et le régime iranien ont repris cette nuit, déclenchés par une attaque surprise à la roquette menée mardi par l’Iran contre des troupes américaines en Jordanie.
En riposte, les forces américaines et saoudiennes ont mené de violentes frappes aériennes contre des milices iraniennes basées en Irak, qui avaient perpétré plusieurs attaques de drones ces derniers jours, notamment contre des infrastructures saoudiennes, et qui seraient également responsables de drones interceptés à la frontière israélienne.
Le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé que les États-Unis « et les forces armées saoudiennes ont mené, le 28 juillet, des frappes de précision en Irak contre des terroristes alignés sur l’Iran que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) avait chargés d’attaquer les forces américaines et les infrastructures énergétiques saoudiennes ».
« Des avions de combat américains et saoudiens ont frappé plusieurs sites logistiques et d’armement terroristes dans l’est de l’Irak, en réponse ferme à plus de 30 attaques de drones dirigées par le CGRI au cours des dernières 72 heures. Ces attaques injustifiées contre les forces américaines n’ont pas abouti », a précisé le CENTCOM.
Les Forces de mobilisation populaire (PMF) irakiennes, le groupe qui chapeaute plusieurs milices soutenues par l’Iran, ont déclaré que plusieurs de leurs quartiers généraux situés dans différentes régions d’Irak avaient été attaqués, et qu’au moins 20 membres avaient été tués et 32 blessés.
Les PMF ont ajouté par la suite que des frappes avaient touché des sites à Bagdad, Kirkouk, Ninive, Diyala et dans d’autres villes. La chaîne libanaise Al Mayadeen, affiliée au Hezbollah, a également fait état de frappes dans la région nord de Mossoul, ainsi que dans la ville de Karbala, au sud, une ville sainte pour les musulmans chiites.
Le porte-parole des forces armées saoudiennes, Turki al-Maliki, a officiellement confirmé que le royaume avait mené des frappes contre des cibles appartenant à des milices liées aux récentes attaques contre des installations pétrolières saoudiennes, soulignant que « le royaume insiste sur le fait qu’il ne cherche pas l’escalade mais qu’il ripostera à toute agression dont il serait victime ».
« Une mesure importante de la part des Saoudiens que de frapper conjointement des sites de milices en Irak. Un signe que les États du Golfe s’impatientent face à l’incapacité du gouvernement irakien à maîtriser ces groupes, qui restent une menace pour la sécurité de la région (ainsi que pour l’Irak) », a écrit Victoria Taylor, experte de l’Irak à l’Atlantic Council et ancienne responsable du Département d’État américain, dans un message publié sur X.
Au cours des dernières 24 heures, les armées israélienne et jordanienne ont également annoncé plusieurs interceptions de drones d’origine inconnue. Une source sécuritaire a déclaré à Walla News que tout porte à croire qu’une des milices irakiennes aurait lancé ces drones sur ordre de l’Iran.
Plus tôt mardi, le CENTCOM a déclaré que « les forces du Corps des gardiens de la révolution islamique ont lancé plusieurs missiles balistiques depuis l’Iran dans le but de mener une attaque surprise contre les forces américaines basées au Moyen-Orient. Tous les missiles iraniens ont été interceptés avec succès. »
« Le Corps des gardiens de la révolution islamique et ses mandataires terroristes doivent cesser ces attaques pour éviter une nouvelle riposte militaire américaine », a averti le CENTCOM.
Cependant, mercredi matin, l’armée jordanienne a déclaré avoir abattu cinq autres missiles « provenant d’Iran et visant le territoire du royaume ».
Cette escalade est survenue peu après une rencontre entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche. Netanyahu l’a qualifiée d’« excellente » et de « l’une des meilleures que nous ayons jamais eues », tandis qu’un haut responsable proche de lui a déclaré au Times of Israel qu’ils avaient « abordé tous les sujets — principalement l’Iran ».
Plus tôt mardi, Trump avait déclaré à Fox News que le régime savait qu’il ordonnerait de nouvelles frappes militaires « s’ils ne concluaient pas d’accord. « Les ponts vont disparaître, littéralement en moins de… je dirais en deux heures, la plupart des ponts, les principaux ponts auront tous disparu, et les centrales électriques en une journée », a-t-il averti.
Cette nouvelle flambée de tensions fait également suite à un article du Wall Street Journal indiquant que la dernière tentative de médiation entre les deux parties, qui visait à trouver un accord permettant à l’Iran et à Oman de se partager à parts égales le contrôle du détroit d’Ormuz, avait échoué.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a souligné que Téhéran n’autoriserait la poursuite des négociations que si Oman acceptait la proposition iranienne concernant l’Ormuz, tout en rejetant le plan omanais au motif qu’il ne répondait pas aux « préoccupations de sécurité » de l’Iran.
« La voie maritime entrante doit être entièrement sous le contrôle de l’Iran, tandis qu’une partie de la voie sortante peut rester sous le contrôle d’Oman », a déclaré Gharibabadi.
Un haut responsable iranien a confirmé à Reuters que le régime avait écarté la proposition omanaise, ajoutant que les États-Unis et l’Arabie saoudite tentaient de pousser le Sultanat à faire avancer leurs « plans irréalistes ».