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Les contenus antisémites liés à la théorie du complot « ZOG » ont bondi de 300 % pendant la guerre en Iran, selon un rapport

 
L'écran d'un téléphone portable affiche une série d'icônes correspondant aux applications de réseaux sociaux les plus populaires (Photo : Shutterstock)

Les contenus en ligne promouvant la théorie du complot antisémite dite du « gouvernement occupé par les sionistes » (ZOG) ont presque triplé pendant la guerre en Iran de 2026, selon un nouveau rapport publié par Fighting Online Antisemitism (FOA).

Ces conclusions suggèrent que le conflit a alimenté une forte hausse de la haine en ligne, s’appuyant sur le cliché antisémite de longue date selon lequel les Juifs contrôleraient secrètement les gouvernements et d’autres institutions puissantes.

Le terme « ZOG » s’appuie sur d’anciennes théories antisémites concernant le contrôle juif des gouvernements, à l’instar des « Protocoles des Sages de Sion », qui sont un faux. Dans son contexte moderne, il prétend que les gouvernements des pays occidentaux, notamment celui des États-Unis, sont secrètement contrôlés par des Juifs ou des sionistes, qui fomenteraient des guerres, une immigration à grande échelle et d’autres maux perçus comme tels afin de servir leurs propres intérêts.

La FOA a examiné deux périodes de 38 jours au début de cette année : du 21 janvier au 27 février 2026, et la période de guerre allant du 28 février à avril 2026.

Elle a constaté que les publications conspirationnistes avaient bondi de 217,6 % après le début de la guerre, tandis que les contenus liés au ZOG représentaient 63 % de l’ensemble des publications conspirationnistes, contre 49 % pendant la période de référence.

Le rapport a également révélé que les publications contenant des références au ZOG ont reçu deux fois plus de « j’aime » et ont été partagées dix fois plus souvent pendant la guerre qu’avant le conflit.

Le rapport a montré que les discours conspirationnistes sur le « gouvernement de l’ombre » et anti-régime, contenant des clichés antisémites, maintenaient un « niveau de référence stable mais fragmenté » avant la guerre.

Cependant, après le déclenchement des hostilités, les contenus conspirationnistes ont « explosé » pour atteindre 3 138 publications, le nombre de publications liées au ZOG s’élevant à 1 977.

« Cette augmentation met en évidence la manière dont la crise géopolitique a agi comme un multiplicateur direct de volume, en particulier pour les contenus liés au ZOG sur l’ensemble des réseaux surveillés », a déclaré la FOA dans un communiqué officiel.

La FOA a également signalé que les recherches en ligne portant sur des termes tels que « sionistes », « Mossad » et « domination juive » avaient bondi dans les 48 heures qui ont suivi le déclenchement de la guerre (contre l’Iran) fin février.

Les armées américaine et israélienne ont éliminé le Guide suprême iranien Ali Khamenei et des dizaines de hauts responsables iraniens lors des premières frappes de la guerre, le 28 février. Selon le rapport, la précision dont ont fait preuve les services de renseignement israéliens pour localiser les dirigeants iraniens a alimenté une recrudescence des théories du complot antisémites en ligne.

L’organisation a également conclu que les principales plateformes de réseaux sociaux avaient réagi de manière insuffisante à la recrudescence des contenus antisémites, identifiant spécifiquement des violations sur Meta et 𝕏.

La FOA a critiqué Meta, estimant que « ses mesures d’application restent inefficaces », apparemment en raison d’une faille majeure qui n’interdit les références au ZOG que lorsqu’elles sont « clairement » utilisées comme substitut aux Juifs. L’organisation a fait valoir que l’antisémitisme contemporain se présente souvent sous le couvert d’une rhétorique antisioniste tout en reprenant des thèmes antisémites traditionnels, notamment les allégations de domination mondiale juive.

« Cette faille structurelle explique pourquoi les systèmes automatisés de Meta n’ont pas réussi à supprimer 70 % des contenus signalés, révélant ainsi un écart considérable entre le discours de l’entreprise et l’application effective de ses règles », a estimé la FOA.

Pour l’avenir, la FOA a exhorté les plateformes en ligne à donner la priorité aux organisations de la société civile vérifiées et à s’appuyer davantage sur des modérateurs humains que sur des systèmes automatisés. Elle a également appelé les plateformes à supprimer les incitations financières qui récompensent la diffusion de contenus haineux viraux.

La FOA a conclu que ce rapport « démontre la capacité d’adaptation de l’antisémitisme contemporain ».

« Plutôt que de s’appuyer exclusivement sur les formes traditionnelles de discours de haine, les discours antisémites s’intègrent de plus en plus dans des débats politiques plus larges, s’ancrant dans les discussions sur la politique étrangère, la souveraineté nationale, la confiance dans les institutions et les conflits internationaux », a déclaré l’organisation.

« Les crises géopolitiques, comme le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, agissent comme des catalyseurs qui unissent rapidement des communautés extrémistes fragmentées autour de ce cadre. En fin de compte, ce processus banalise la rhétorique néonazie marginale, en transformant en arme des débats légitimes sur la politique étrangère pour alimenter l’antisémitisme systémique en ligne », a conclu la FOA.

Au début du mois, des chercheurs de l’université allemande de Duisburg-Essen ont lancé une plateforme numérique destinée à lutter contre la négation de l’Holocauste et l’antisémitisme en ligne, deux phénomènes qui ont connu une recrudescence mondiale depuis l’attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023.

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