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L'Arabie saoudite se prépare à lancer une offensive de grande envergure contre les Houthis au Yémen, selon un rapport

Les Émirats arabes unis et Oman refusent d'adhérer à la nouvelle « Alliance multinationale de défense maritime »

 
Le prince Abdulrahman bin Mohammed bin Ayyaf, vice-ministre de la Défense, assiste à une cérémonie de remise des diplômes militaires. (Photo : x.com/modgovksa)

L'armée saoudienne se prépare à lancer une offensive de grande envergure, tant sur terre qu'en mer, contre les terroristes houthis yéménites, selon un article publié vendredi par le journal britannique The Guardian, qui s'appuie sur des sources yéménites.

Ces sources ont souligné que les récents retraits des forces locales dans l’est du Yémen pourraient être le signe de préparatifs en vue d’une nouvelle offensive dans la région centrale du pays. Elles ont également indiqué que l’annonce, jeudi, de la création d’une nouvelle coalition multinationale de défense maritime pourrait laisser présager le lancement prochain d’une offensive navale.

Elles ont par ailleurs estimé qu’une offensive terrestre pourrait viser al-Bayda, une province du centre-sud du Yémen prise par les Houthis en 2020-2021.

Jeudi, le ministère saoudien de la Défense a annoncé la création d’une « Alliance multinationale de défense maritime » regroupant 13 autres pays, dont le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et soutenu par l’Arabie saoudite, ainsi que la Turquie, le Qatar, l’Égypte, le Pakistan, le Koweït, Bahreïn, la Jordanie et d’autres. Il convient de noter que les Émirats arabes unis et Oman n’ont pas adhéré à cette alliance.

Les États participants partagent « la conviction que la sécurité maritime relève d’une responsabilité commune et que la coopération et la coordination entre les États constituent la pierre angulaire de la lutte contre les menaces maritimes communes et transnationales », ont-ils déclaré dans un communiqué conjoint, tout en soulignant que l’alliance est « de nature purement défensive ».

Les préparatifs annoncés en vue d’une offensive terrestre interviennent dans un contexte de tensions qui ont explosé ces dernières semaines dans le sud de la péninsule arabique.

Au début du mois, les Houthis ont tiré des missiles balistiques sur l’Arabie saoudite, mettant fin à la trêve qui durait depuis mars 2022 et faisant craindre une guerre régionale plus vaste, alors que les échanges de tirs reprenaient entre les États-Unis et le régime de Téhéran, qui soutient les Houthis.

Auparavant, le gouvernement yéménite soutenu par l’Arabie saoudite, qui ne dispose pas de sa propre force aérienne, avait revendiqué la responsabilité de frappes aériennes contre un aéroport houthiste visant à empêcher un avion iranien d’atterrir, en violation d’un blocus de longue date destiné à empêcher ce mandataire de l’Iran de recevoir des armes. Cependant, l’appareil a été dérouté et a atterri plus tard à Hodeidah.

En réponse, les Houthis ont déclaré leur propre blocus naval visant l’Arabie saoudite, mettant en garde les navires commerciaux contre l’utilisation des ports saoudiens. Cette décision a incité les compagnies maritimes et les autorités navales à réévaluer les risques sécuritaires dans le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, porte d’entrée de la mer Rouge.

La fermeture du détroit de Bab el-Mandeb menace de paralyser les exportations saoudiennes, alors que le détroit d’Ormuz reste bloqué par l’Iran. Plus de la moitié des exportations pétrolières saoudiennes sont désormais acheminées par voie terrestre vers les terminaux de chargement de la ville portuaire de Yanbu, sur la mer Rouge.

Les Houthis ont depuis lancé des attaques contre des navires et des infrastructures appartenant à la compagnie pétrolière nationale Aramco. Après que certaines de ces frappes de drones ont été menées depuis le territoire irakien en coordination avec des milices mandataires soutenues par l’Iran, l’Arabie saoudite a mené cette semaine des frappes contre des cibles en Irak.

Mercredi, les Houthis ont confirmé qu’un haut commandant de leurs forces avait été tué lors des frappes aériennes conjointes américano-saoudiennes en Irak, aux côtés de quatre conseillers du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien.

Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salman, aurait tenu mercredi une réunion d’urgence avec le président américain Donald Trump et le vice-président JD Vance afin de discuter des prochaines étapes.

Dans le même temps, les Houthis font face à une pression croissante de la part de leurs opposants internes : des forces tribales se mobilisent contre leur régime et des forces fidèles au gouvernement yéménite ont affronté des combattants houthis cette semaine dans le gouvernorat de Dhale, au sud-ouest du pays.

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