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La police arrête 10 personnes après les agressions de colons contre une journaliste et des diplomates durant le week-end

 
La police et des soldats israéliens bloquent des colons du mouvement Nachala, qui cherchent à établir des avant-postes illégaux en Judée-Samarie, au carrefour de Gush Etzion, le 20 juillet 2022. Photo : Yonatan Sindel/Flash90.

La police israélienne a annoncé lundi matin l’arrestation de 10 suspects dans le cadre de l’opération « Feuille d’olivier », à la suite des incidents violents survenus durant le week-end dans la région de Binyamin, en Judée-Samarie.

Lors de deux de ces incidents, des militants issus des implantations juives ont agressé des ressortissants étrangers. Vendredi, la photographe du Washington Post, Heidi Levine, a été agressée et blessée, au point de devoir être hospitalisée. Samedi, un groupe de diplomates européens a été pris à partie et aurait également été agressé.

L’opération d’arrestation a été menée par le district de Judée-Samarie de la police israélienne, en coopération avec le Shin Bet, avec le soutien de la police des frontières de Judée-Samarie et de Tsahal, a indiqué la police.

Au cours de l’opération, plusieurs véhicules ont été saisis, plusieurs avant-postes illégaux ont été démantelés et les suspects ont été emmenés pour être interrogés. Dans un communiqué, la police a déclaré que « des objets ont été saisis en possession des suspects, les reliant aux actes présumés ».

Ces arrestations font suite à une série d’incidents violents visant des agriculteurs palestiniens qui participaient à la récolte annuelle des olives en Judée-Samarie. Depuis des années, cette période donne régulièrement lieu à des affrontements entre des militants des implantations juives et des Palestiniens.

Les tentatives de militants issus des implantations juives d’empêcher la récolte des olives ont souvent nécessité la présence de Tsahal pour protéger les Palestiniens qui récoltent les olives dans les oliveraies attenantes à leurs villages.

Récemment, le rabbin Dov Lior, figure du sionisme religieux, a publié une décision halakhique (relevant du droit religieux juif) affirmant que les Juifs pouvaient récolter les olives appartenant aux Palestiniens. Il a écrit : « De plus, les Juifs sont autorisés à récolter les olives, même dans des zones éloignées des implantations juives, afin de manifester publiquement notre souveraineté sur la terre et d’accomplir ainsi la mitsva [commandement] de conquérir la terre. »

Des responsables de Tsahal ont déclaré que de telles décisions religieuses étaient susceptibles d’accroître le nombre d’affrontements violents entre des militants des implantations juives et des Palestiniens.

L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, qui avait condamné l’agression contre la journaliste Heidi Levine, a salué l’annonce des arrestations, qualifiant cette évolution de « très positive ».

Huckabee avait précédemment qualifié l’agression contre Levine d’« acte odieux et lâche ».

Les deux incidents ont suscité une condamnation internationale, ainsi que des appels à poursuivre en justice les personnes impliquées.

Selon un article de Walla News, Tsahal, la police des frontières et la police israélienne ont récemment intensifié leurs opérations contre les avant-postes illégaux en Judée-Samarie, avec une moyenne de sept à dix avant-postes évacués chaque semaine.

Un haut responsable de la sécurité a toutefois critiqué la manière dont sont traités les suspects juifs impliqués dans de tels actes de violence.

« Les avant-postes sont évacués en permanence. Des personnes sont arrêtées en permanence. La question est : que leur arrive-t-il ensuite ? », a-t-il demandé.

Le responsable a également souligné que les incidents survenus durant le week-end avaient eu lieu dans la zone B, où la récolte des olives par les Palestiniens ne nécessite pas de coordination avec Tsahal, cette zone relevant également de la juridiction palestinienne.

Plusieurs organismes gouvernementaux interviennent en Judée-Samarie, chacun disposant de compétences et de domaines de responsabilité distincts. La police israélienne est chargée d’enquêter sur les incidents violents, d’identifier les personnes impliquées et d’engager des poursuites contre elles.

Tsahal, de son côté, est chargé de prévenir ces incidents, notamment en démantelant les avant-postes illégaux et en empêchant les militants issus des implantations de pénétrer dans des zones où ils ne sont pas autorisés à se rendre.

Un article du Times of Israel indique qu’un centre opérationnel de Tsahal avait reçu des signalements faisant état de harcèlement de personnes par des militants des implantations dès 13 h 30, mais qu’il n’avait pas alerté les soldats déployés à proximité. Ces derniers ne seraient intervenus que plusieurs heures plus tard.

Les militants assurant une présence protectrice auprès des Palestiniens affirment régulièrement que Tsahal n’arrive souvent qu’une fois les incidents terminés, même lorsque des soldats se trouvent à proximité. Dans d’autres cas, des soldats de Tsahal ont été filmés en train de rester sur place sans intervenir, tandis que des militants des implantations harcelaient des Palestiniens sur leurs propres terres.

À la suite des incidents récents, la police a déclaré élaborer un plan d’action pour lutter contre les violences dans la région, avec pour objectif de renforcer l’application de la loi et d’empêcher que de tels faits se reproduisent.

Parallèlement, le commissaire général de la police, le lieutenant-général Danny Levy, a déclaré : « En Judée-Samarie, la loi s’applique à tous, sans distinction d’identité. »

Le communiqué de la police a également attiré l’attention sur la question de la compétence territoriale et de la responsabilité en matière de prévention des violences.

« Il convient de distinguer la responsabilité de prévenir un incident dans une zone donnée de celle d’enquêter sur une infraction après qu’elle a été commise », indique le communiqué. « La répartition des responsabilités est déterminée par la loi, le territoire concerné et les mandats attribués à chaque organisme. En tant qu’autorité souveraine, Tsahal est juridiquement responsable de la prévention des actes de violence extrême et du maintien de l’ordre dans les zones A et B, ainsi que dans la zone C — à l’exception des localités israéliennes, qui relèvent de la compétence de la police israélienne. Par ailleurs, la police israélienne assume la responsabilité professionnelle des enquêtes et des poursuites contre les auteurs d’infractions. »