Israël resserre sa politique de frappes à Gaza sous la pression du Conseil de la paix : les éliminations ciblées ne pourront être menées qu'avec l'accord du chef de l'armée israélienne
Les pays médiateurs accusent Israël de mettre en péril l'accord de désarmement
Les Forces de défense israéliennes (FDI) ont considérablement durci leurs règles d’engagement dans la bande de Gaza cette semaine, suite aux pressions exercées sur Israël par le Conseil de paix de Gaza, soutenu par les États-Unis, et par les États arabes, afin qu’il réduise ses frappes et donne une nouvelle chance à la diplomatie avec le groupe terroriste Hamas.
La diminution signalée des assassinats ciblés de terroristes vise à convaincre le Hamas de se conformer à l’accord de désarmement conclu la semaine dernière, et intervient bien que les responsables israéliens aient nié que la récente accalmie relative des frappes résulte de pressions extérieures.
Selon plusieurs médias israéliens, le Commandement sud des FDI a reçu l'ordre de demander l'autorisation des éliminations ciblées directement au chef d'état-major, le général de corps d'armée Eyal Zamir.
Jusqu'à présent, ces frappes étaient approuvées par le chef du Commandement sud, voire par les commandants de division, selon Army Radio, qui a noté que l'ampleur des frappes israéliennes avait déjà commencé à diminuer, à l'exception d'une seule lundi soir.
Walla News a ajouté que les frappes dans des circonstances impliquant une menace immédiate ou d’autres cas exceptionnels resteraient autorisées.
A Palestinian Islamic Jihad terrorist who invaded Israel during the October 7, 2023, onslaught and held Rom Braslavski in captivity was killed in an airstrike over the weekend, the IDF announces.
— Emanuel (Mannie) Fabian (@manniefabian) August 3, 2026
The strike in central Gaza's Deir al-Balah killed Mahmoud Fatair, a member of… pic.twitter.com/BJHedfHWJc
Par ailleurs, cet ordre ne prévoit pas de règles d’engagement individuelles pour les troupes au sol, qui sont autorisées à ouvrir le feu ou à riposter si elles se trouvent en danger.
L’ordre qui aurait été donné de limiter les frappes intervient après plusieurs semaines de hausse constante des assassinats ciblés. Selon Walla, la stratégie consistait à exploiter la réticence du Hamas à riposter, par crainte de déclencher une nouvelle offensive terrestre israélienne, tout en augmentant progressivement la pression sur les commandants du Hamas et son appareil de sécurité chargé de traquer les collaborateurs présumés d’Israël.
L’accord de désarmement conclu avec le Hamas comprenait une clause prévoyant que les deux parties cessent toutes leurs opérations militaires. Dimanche, le Haut-Représentant du Conseil pour la paix (BoP), Nickolay Mladenov, a vivement critiqué Israël pour avoir poursuivi ses frappes.
Suite aux critiques formulées par Israël à l’encontre de l’accord, le BoP a confirmé lundi que, « contrairement à des informations erronées », le retrait des Forces de défense israéliennes « n’aura lieu qu’une fois le démantèlement achevé ».
Après la dernière frappe israélienne de lundi, les pays médiateurs – la Turquie, l’Égypte et le Qatar – ont de nouveau exprimé leur « ferme condamnation et dénonciation des violations israéliennes en cours dans la bande de Gaza ».
Ils ont affirmé que les frappes visaient « en particulier » des « établissements de santé et des infrastructures médicales ».
« La poursuite de ces violations constitue une violation de l’accord et sape les efforts visant à mettre en œuvre sa deuxième phase, en particulier après l’annonce par le Hamas et les factions palestiniennes de leur acceptation de la feuille de route, notamment la disposition concernant le confinement des armes », ont-ils averti.
Dans le même temps, le Hamas a semblé mettre en avant la poursuite des frappes israéliennes en organisant mardi des funérailles collectives pour 112 personnes qui, selon lui, avaient été retrouvées sous les décombres d’un bâtiment touché au début de la guerre.
Les médias affiliés au Hamas ont décrit ces funérailles comme les plus importantes de la guerre à ce jour, affirmant que parmi les victimes figuraient 40 enfants, 38 femmes et sept hommes en situation de handicap.