Esther, hier et aujourd’hui - Et si Israël était né à Pourim ?
Dans les coulisses d’une histoire, de l’Histoire.
Il est habituel de dire que le rouleau d’Esther est étonnant par son récit à suspens et rebondissements. Plus encore : il est relevé l’omniprésence de Dieu... absent, jamais nommé mais agissant dans l’ombre des évènements, les suscitant et les contrôlant jusqu’au dénouement final.
Une autre facette, méconnue, du Dieu d’Israël, non seulement tout-puissant dans ses miracles et interventions surnaturelles, mais Maître de l’Histoire, de l’histoire de Son peuple premièrement. Ainsi, toute l’aventure des Hébreux peut se lire comme les actes de Dieu posant les fondements de la rédemption promise à l’humanité. Pour mener à bien ce vaste Tikkun Olam (réparation du monde), Dieu s’est choisi non seulement un peuple mais Il a décidé d’en faire une nation, « Sa nation » donc sur une terre, un héritage qu’Il s’est réservé face à toutes les nations de la terre jusqu’au jour du jugement final (cf. Joël 3 : « Mon peuple, Ma terre, Mon héritage »). Toucher à ce peuple, à cette nation c’est (Ô mystère sublime pour les uns, irritant pour les autres) toucher à la prunelle de l’œil de Dieu. Car « Ainsi parle l’Eternel » (Za 2.8)... que cela plaise ou non.
Une lecture prophétique, permise par les Ecritures, se propose à tous ceux qui ont reçu l’amour inconditionnel du peuple Juif et d’Israël.
Exode 17 raconte comment, pour la première fois, à Rephidim, Amalec vint faire la guerre à Israël. Un combat qui annonce la destinée contestée du peuple de Dieu, avec une réponse stratégique de ses leaders qui préfigure la juste compréhension du déroulement de tous les combats : par l’autorité que Dieu donne (Moïse), avec le soutien dans l’intercession (Aaron et Hur), pour vaincre dans le réel ici-bas (Josué).
A ceux qui ne comprendraient pas ce qui s’était passé, et à tous ceux qui, bien plus tard refuseraient de comprendre, Dieu dit alors à Moïse :
« Ecris cela dans le livre, pour que le souvenir s'en conserve, et déclare à Josué que j'effacerai la mémoire d'Amalek de dessous les cieux. Moïse bâtit un autel, et lui donna pour nom: l'Eternel ma bannière. Parce que la main a été levée sur le trône de l'Eternel, il y aura guerre de l'Eternel contre Amalek, de génération en génération. » (Ex 17.14-16)
Un décret incontestable. Israël devra apprendre que Dieu n’élève pas un homme au rang de roi pour qu’il agisse selon ses propres sentiments mais pour accomplir la seule volonté de Dieu. Pour avoir épargné Agag, roi des Amalécites, Dieu destituera Saül (1 Sa 7-9). Cette inconstance dans l’obéissance suivra Israël (« un peuple à la nuque raide »). Ainsi Haman, instigateur du génocide programmé contre le peuple de la reine Esther, était un Agaguite. Car si Agag fut finalement tué par Samuel, sa descendance resta.
Comme un père, aimant et protecteur. « On ne t’appellera plus délaissée... Mais on t'appellera mon plaisir en elle, et l'on appellera ta terre épouse. Car l'Eternel met son plaisir en toi, et ta terre aura un époux. » (Esaïe 62).
Dieu veille sur Ses promesses. Alors qu’Israël est en exil loin de sa terre, Dieu reste fidèle, comme Mardochée (Es 2.7) qui est un père pour Hadassa (future Esther). C’est de cette adoption irrévocable que peut renaitre, encore et toujours, une nation, toujours plus forte d’exil en exil, de persécutions en tentatives d’extermination.
Le Gardien d’Israël y veille.
Et si l’Israël moderne était né à Pourim ?
La jeune captive devint reine, elle sauvera son peuple, et Haman subit le sort qu’il avait réservé à Mardochée, qui fut couvert d’honneur ! « Mardochée sortit de devant le roi, avec un vêtement royal bleu et blanc, une grande couronne d’or, et un manteau de byssus et de pourpre ; et la ville de Suse poussait des cris de joie et se réjouissait. Pour les Juifs il y avait lumière et joie, et allégresse et honneur. Et, dans chaque province et dans chaque ville, partout où parvenait la parole du roi et son édit, il y eut de la joie et de l’allégresse pour les Juifs, un festin et un jour de fête. Beaucoup de gens parmi les peuples du pays se firent Juifs, car la crainte des Juifs s’était emparée d’eux. (Es 8. 15-17).
Tout est bien qui finit bien ? Non, car l’Histoire n’est pas terminée. Dieu avait prévenu : « il y aura guerre de l'Eternel contre Amalek, de génération en génération ». Plus encore, Dieu fit cette annonce troublante qui résonne jusqu’à aujourd’hui :
« Lorsque l'Eternel, ton Dieu, après t'avoir délivré de tous les ennemis qui t'entourent, t'accordera du repos dans le pays que l'Eternel, ton Dieu, te donne en héritage et en propriété, tu effaceras la mémoire d'Amalek de dessous les cieux: ne l'oublie point. » (Dt 25.19). Dieu s’engage : « J’effacerai », et implique Son peuple : « tu effaceras ».
Coïncidence ? Mardochée, père et introducteur d’Esther/Israël dans sa destinée (« Qui sait si ce n'est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté? » Es 4.14b), était de la tribu de... Benjamin ! Reconnu et honoré par le roi, il fut habillé d’un vêtement royal bleu et blanc ? Toute ressemblance avec des faits et des personnages existants n’est peut-être pas purement fortuite ...
La guerre Israël/USA contre l’Iran serait-elle une guerre de l’Eternel ? Au-delà des personnes en vue, impliquées et médiatisées dans cette guerre (toutes responsables devant Dieu et devant les hommes), et bien au-delà de ce que nous comprenons, tout indique que nous assistons à une « guerre de l’Eternel ». Certes, l’affirmation offusquera les adeptes d’une « théologie du remplacement » qui nient tout avenir au peuple que Dieu s’est choisi. Tout est-il de Dieu dans tous les aspects de cette guerre ? Il est permis de penser que non, mais nous avons besoin de changer notre regard sur l’Eternel, Sa Parole, Ses promesses qui, toutes, sont oui et amen. Car l’Eternel ne change pas (Mal 3.6). Yeshua est le même hier, aujourd’hui et éternellement. (Heb 13.8).
Les guerres, conséquences de la chute, nous choquent et meurtrissent les peuples. Que celle-ci s’achève au plus vite, selon les voies de Celui qui est le Maître du Temps.
Bernard Leycuras anime des réseaux d’information et de prière pour Israël et pour la France.
Son cœur est pour une profonde restauration des relations de la France et de l’Eglise avec le
peuple Juif et avec Israël. Il travaille à réunir des œuvres qui sont la voix des chrétiens « Justes »
d’aujourd’hui