De l'Argentine à Israël : deux générations de victimes de la terreur antisémite réclament justice
Trente-deux ans après l’attentat terroriste antisémite le plus meurtrier d’Amérique du Sud, l’appel à la justice reste d’actualité, mais lors de la commémoration de cette année, une image a bien illustré ce qui a changé : Iair Horn, survivant argentino-israélien de la captivité du Hamas, se tenait parmi ceux qui rendaient hommage aux victimes d’une génération antérieure de terrorisme.
Le 18 juillet 1994, un attentat-suicide lié au Hezbollah a fait 85 morts et plus de 300 blessés dans un centre communautaire juif de Buenos Aires, deux ans seulement après qu’un kamikaze eut attaqué l’ambassade d’Israël en Argentine, tuant 29 personnes et en blessant plus de 200.
Alors que la justice reste une plaie ouverte pour la communauté juive d’Argentine, Israël a fait passer un message : les responsables de l’attaque du 7 octobre 2023 seront poursuivis où qu’ils se trouvent et quel que soit le moment où ils seront retrouvés. Pour les victimes et leurs familles, cette poursuite représente bien plus qu’un simple objectif militaire ; il s’agit également d’une question de responsabilité et, pour certains, d’un moyen de tourner la page.
Horn a été enlevé au kibboutz Nir Oz avec son frère Eitan ; ils ont passé respectivement 498 et 738 jours en captivité à Gaza. Des vidéos montrant Horn visiblement ému lors de la cérémonie marquant l’anniversaire de l’attentat contre l’Asociación Mutual Israelita Argentina (AMIA) ont circulé sur les réseaux sociaux.
La Chambre des représentants des États-Unis a adopté mardi une résolution condamnant l'attentat contre l'AMIA, le qualifiant d'« attentat le plus meurtrier contre la communauté juive hors d'Israël depuis l'Holocauste ».
Les procureurs argentins ont imputé la responsabilité à de hauts responsables iraniens, dont le défunt Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, qui aurait ordonné l'attentat par décret religieux ou fatwa. Cinq suspects liés à cet attentat à la bombe sont toujours recherchés au niveau international par INTERPOL.
El Presidente Javier Milei, acompañado por la Secretaria General de la Presidencia, Karina Milei, y miembros del Gabinete Nacional, participó del acto central en conmemoración del 32° aniversario del atentado terrorista contra la Asociación Mutual Israelita Argentina (AMIA), en… pic.twitter.com/2qbSsCak1p
— Oficina del Presidente (@OPRArgentina) July 17, 2026
La poursuite, toujours en cours, des responsables contraste avec la campagne menée par Israël pour localiser et éliminer les terroristes impliqués dans l’attaque du 7 octobre.
Un groupe de travail a été créé pour localiser, capturer ou neutraliser ceux qui ont planifié ou participé à l’attaque, sur la base d’une liste de plusieurs milliers de noms, selon un article publié en mai par The Wall Street Journal citant des responsables israéliens.
Grâce à des opérations fondées sur le renseignement, des centaines de noms ont depuis été rayés de la liste à la suite d’arrestations ou de frappes ciblées, qu’il s’agisse de hauts dirigeants du Hamas comme Yahya Sinwar, Ismail Haniyeh et Mohammed Deif, ou d’agents de rang inférieur.
Les réactions des anciens otages face à la mort des responsables montrent que ces opérations vont au-delà de simples objectifs militaires.
Après l’élimination d’Ezzedin al-Haddad, décrit par des responsables israéliens comme l’un des derniers grands architectes de l’attaque du 7 octobre encore en vie, Emily Damari, otage anglo-israélienne qui a survécu à l’attaque, a qualifié cet événement de « conclusion très, très, très importante pour tant de personnes ». Elle a déclaré qu’il était responsable d’avoir « assassiné mes amis, planifié mon enlèvement et m’avoir retenue prisonnière dans les tunnels du Hamas ».
Omri Miran, un ancien otage, a déclaré avoir « vu le mal » dans les yeux d’al-Haddad pendant sa captivité, ajoutant que le monde était « meilleur » sans lui et espérant que cette élimination apporterait « un peu de justice » aux familles endeuillées.
« Les Forces de défense d’Israël (FDI) continueront de traquer nos ennemis, de les frapper et de demander des comptes à tous ceux qui ont pris part au massacre du 7 octobre. Nous ne baisserons pas les bras tant que nous ne les aurons pas tous atteints – c’est notre devoir envers tous ceux qui sont revenus et envers tous les citoyens de l’État d’Israël », a déclaré le chef des FDI, Eyal Zamir, dans un communiqué publié à la suite de l’élimination de Haddad.
🔴ELIMINATED: Izz al-Din al-Haddad, Head of Hamas’ military wing and one of the last senior commanders involved in the planning of the October 7 massacre.
— Israel Defense Forces (@IDF) May 16, 2026
Following the elimination of Mohammed Sinwar, Haddad assumed his role and worked to rebuild Hamas’ capabilities and planned… pic.twitter.com/6TW7Wewt7m
Au début du mois, le rabbin Doron Perez, dont le fils le capitaine Daniel Perez a été tué le 7 octobre et dont le corps a été retenu à Gaza pendant deux ans, a remercié les forces de sécurité israéliennes après l’élimination de l’un des terroristes du Hamas impliqués dans la capture de Daniel.
« Quel honneur de vivre à l’époque d’un État juif souverain où nous sommes en mesure de traduire en justice de tels malfaiteurs », a déclaré M. Perez.
« Comme je l’ai dit lors des deuxièmes funérailles de notre fils Daniel : “Nous sommes peut-être la plus petite nation du monde, mais nous formons la plus grande famille.”
Parmi les 1 200 personnes tuées et les 251 prises en otage le 7 octobre 2023, on comptait 28 Argentins tués et 19 qui avaient été capturés.
Leurs histoires relient le passé non résolu de l’Argentine à la poursuite incessante par Israël des responsables d’actes terroristes. La présence de Horn à la commémoration de l’AMIA cette année est devenue un symbole puissant reliant deux générations de victimes et une exigence commune de justice.
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