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Le président Herzog condamne la « violence de miliciens » juifs et rappelle qu'Israël est « un État de droit »

Le Shin Bet, la police israélienne et la Haute Cour critiquent la gestion des incidents violents par Tsahal

 
Le président israélien Isaac Herzog se rend à la division Judée-Samarie des Forces de défense israéliennes (FDI) à la suite des récents incidents violents survenus dans la région, le 30 septembre 2026. (Photo : Shalev Shalom)

À la suite d’une série d’attaques violentes perpétrées par des Israéliens juifs contre des civils palestiniens en Judée-Samarie, le président israélien a condamné la « violence de miliciens » exercée par des militants radicaux, lors d’une visite mercredi à la division de l’armée israélienne (Tsahal) chargée de la Judée-Samarie.

« Nous sommes une nation de droit, et en tant que démocratie respectueuse de l'État de droit, nous veillons à ce que celui-ci soit appliqué ici. Je condamne toute tentative de saper cet État par des milices, et nous ferons tout ce qui est nécessaire pour que ces milices soient arrêtées et traduites en justice », a déclaré le président Isaac Herzog.

Lors du dernier incident en date, qui a fait la une des journaux en Israël et dans le monde entier, une foule d’une centaine d’émeutiers s’est affrontée mardi avec les forces de l’armée israélienne et de la police alors qu’elles tentaient d’escorter des familles palestiniennes vers leurs foyers situés à la périphérie de la ville de Jalud, qui avait été prise d’assaut par des militants colons.

Cette tentative a échoué au milieu d’affrontements violents qui ont fait trois blessés légers parmi les agents.

Herzog a souligné : « Le principal défi de nos forces ici est de prévenir le terrorisme. Les menaces terroristes sont constantes. Nous remercions l’armée israélienne (Tsahal) à la fois de lutter contre le terrorisme et de faire respecter la loi, ainsi que d’appliquer et d’honorer les décisions de justice. Je suis certain qu’avec l’ensemble des forces sur le terrain, nous serons en mesure de surmonter tous les défis. »

Le Shin Bet, les services de renseignement intérieurs israéliens, et la police ont déclaré par la suite que l’armée israélienne n’avait pas coordonné correctement et à l’avance l’opération menée à Jalud.

« Si l’armée décide de ne pas se coordonner, elle doit comprendre qu’il s’agit d’un événement beaucoup plus sensible à bien des égards, et qu’elle doit donc se présenter avec une force suffisante pour faire face à l’éventualité que quelqu’un tente de l’affronter », ont déclaré des responsables à Channel 12 News.

Ils ont indiqué que la force d’escorte, composée d’officiers de l’armée israélienne et de la police des frontières, avait été complètement submergée par la foule nombreuse et avait eu recours à des mesures anti-émeutes, notamment des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes, tout en se réfugiant avec la famille palestinienne au deuxième étage d’une maison.

Une série d’incidents violents survenus ces derniers mois a suscité des critiques inhabituellement virulentes de la part des alliés d’Israël, notamment des États-Unis.

Mardi, un haut responsable du Département d’État américain a déclaré à Channel 12 que Washington avait pris connaissance de ce dernier incident. « Nous condamnons toute violence criminelle, quelle qu’en soit l’origine, en Cisjordanie, et nous soutenons la conduite d’enquêtes appropriées, la traduction en justice des responsables et l’engagement de poursuites judiciaires à leur encontre », a déclaré ce responsable.

Un commandant présent sur les lieux a déclaré : « Nous sommes confrontés à de nombreux incidents de tension dans la région, notamment autour de l’évacuation des avant-postes illégaux dans les zones A et B, dont la plupart sont violents. Nous ne nous souvenons pas d’une violence aussi grave que celle de la nuit dernière ; nous n’avons jamais, de toute notre vie, connu une violence aussi intense à l’encontre des forces de combat. »

« Nous avons vu entre 100 et 200 émeutiers agissant avec une intention très claire : vous faire du mal », a-t-il raconté. « Il s’agit d’un incident totalement différent, extrême, exceptionnel et violent. Les émeutiers étaient extrêmement violents ; les principaux instigateurs empestaient l’alcool. À un moment donné, nous avons épuisé tous nos moyens de dispersion des émeutes, et le dernier recours a été d’ouvrir le feu, alors qu’il y avait une consigne de ne pas tirer à balles réelles. »

« Je ne pensais pas qu’en tant que soldat de combat et commandant consacrant ma vie à la protection des habitants, je devrais faire face à une telle situation. » Trois suspects ont par la suite été arrêtés pour avoir pris part aux affrontements.

La Haute Cour a récemment critiqué la manière dont l’armée israélienne (IDF) traite les affaires impliquant des violences commises par des émeutiers juifs.

Concernant l’incident survenu il y a deux semaines dans la ville de Qusra, en Samarie, les juges ont écrit : « Ce phénomène nuit à l’image internationale de l’État d’Israël en tant qu’État de droit. Mais avant tout, il s’agit d’un phénomène tout à fait inacceptable, qui est en contradiction avec les valeurs et principes moraux fondamentaux de l’État d’Israël en tant qu’État juif et démocratique, et en contradiction avec les principes de liberté, d’intégrité et de justice issus de l’héritage d’Israël et des prophètes d’Israël. »