Face à la menace iranienne, Israël va prolonger l’état d’urgence jusqu’aux élections, tandis que les États-Unis envisageraient de larguer la « mère de toutes les bombes »
Le chef d’état-major de Tsahal menace : « Nous sommes à un niveau de préparation élevé pour lancer des opérations offensives de grande ampleur contre quiconque»
Israël reste en état d’alerte maximale face aux avertissements des services de renseignement et aux menaces explicites de responsables iraniens, selon lesquels le régime pourrait attaquer l’État hébreu avant les prochaines élections ou le jour même du scrutin.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé à plusieurs reprises ces dernières semaines que le régime iranien cherchait à attaquer Israël dans un avenir proche. Lors d’un entretien accordé mercredi à Kan News, il a souligné que le régime « devait disparaître », tout en déclarant plus tôt dans la journée qu’une frappe préventive contre l’Iran ne serait pas « opportune » à l’approche des élections.
Interrogé sur la possibilité que le régime s’effondre avant le scrutin, il a répondu : « Non, je ne pense pas que ce soit réaliste. » Il a ajouté : « C’est eux ou nous. Je veillerai à ce que ce soit eux et non nous, et que ce soient eux qui tombent. »
Ces déclarations interviennent après plusieurs informations faisant état de préparatifs militaires intensifs des armées américaine et israélienne en vue d’une éventuelle reprise de la guerre contre l’Iran. Mercredi, CNN a rapporté que les plans envisagés comprenaient notamment le recours à la bombe surnommée la « mère de toutes les bombes », la GBU-43/B Massive Ordnance Air Blast, ou MOAB.
Dans ce contexte, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a demandé au gouvernement de prolonger l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire jusqu’au 3 novembre, soit au-delà des élections.
Israel Katz a fait valoir que la « situation particulière à l’arrière », qui désigne le dispositif de protection du front intérieur, devait être maintenue en raison d’évaluations sécuritaires faisant état d’une « forte probabilité » persistante d’attaque contre la population civile israélienne.
Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a renforcé ces avertissements dans une déclaration publiée mercredi :
« Compte tenu de l’augmentation du nombre d’alertes sur tous les fronts et de la sensibilité de cette période, le risque d’escalade s’est accru. Afin de garantir un meilleur contrôle opérationnel sur le terrain, nous avons renforcé nos forces dans toutes les zones. »
« Nous avons renforcé nos troupes et élevé notre niveau de préparation. Nous continuons à nous préparer à des scénarios dans lesquels certains pourraient tenter de nous prendre par surprise. Durant cette période sensible, nous devons maintenir notre vigilance et notre état de préparation sur tous les fronts, préserver notre liberté d’action et neutraliser rapidement les menaces », a-t-il déclaré, avant d’ajouter une menace à peine voilée :
« Tsahal est à un niveau de préparation élevé pour lancer des opérations offensives de grande ampleur contre quiconque tenterait de porter atteinte aux civils israéliens. »
L’état d’urgence actuel a été décrété au début de l’opération Roaring Lion contre l’Iran, le 28 février, puis prolongé à plusieurs reprises par des décisions gouvernementales. Il doit actuellement expirer le 20 octobre, soit sept jours avant les élections.
En vertu de cette mesure, le Commandement du front intérieur de Tsahal peut émettre des directives d’urgence à destination de la population civile, notamment en imposant des restrictions strictes, voire des interdictions, concernant les activités éducatives et les rassemblements publics.
Au cours de son entretien avec Kan News, Benjamin Netanyahu a affirmé que le président américain Donald Trump « comprend la menace » que représente le régime iranien.
Ces dernières semaines, plusieurs médias américains ont rapporté que Donald Trump avait ordonné à ses forces armées de préparer différents scénarios militaires, tout en examinant la possibilité d’ordonner de nouvelles frappes contre le régime iranien.
Selon le reportage de CNN, une telle décision pourrait intervenir avant ou après les élections de mi-mandat américaines, prévues au début du mois de novembre.
L’utilisation de la MOAB ferait la une des médias et constituerait un outil psychologique et de communication stratégique. Toutefois, son efficacité contre les installations nucléaires iraniennes profondément enfouies et lourdement fortifiées reste incertaine.
Une source citée par CNN a indiqué que Donald Trump avait ordonné la préparation de plans de frappes comprenant notamment de nombreuses cibles liées aux infrastructures énergétiques, ainsi que l’éventuel recours à une MOAB, qui pourrait servir de point d’orgue symbolisant la victoire, avant un retrait rapide des forces américaines de la région.
« La MOAB est une arme massive qui relève essentiellement de l’opération d’information. Elle est efficace pour neutraliser de vastes zones, mais pas pour grand-chose d’autre », a déclaré une autre source à CNN. « Elle n’a certainement pas été conçue comme une ogive destinée à pénétrer profondément dans le sol. »
« Le président des États-Unis s’est malheureusement placé dans une situation où il est presque contraint d’agir. Et, en l’absence de munitions conçues pour pénétrer à cette profondeur […], il faut envisager les effets psychologiques, domaine dans lequel la MOAB est particulièrement adaptée », a expliqué une troisième source.
Prenez un instant pour vous joindre à tous ceux qui prient pour Israël en ce moment même : ajoutez votre lumière sur la carte de prière en direct d'un simple clic sur prayforisrael.live.