Deux jeunes en France ont été condamnés pour apologie du terrorisme après avoir fait le salut nazi près d'une synagogue
Deux jeunes hommes de 19 ans ont été condamnés en France pour « apologie du terrorisme » après s’être filmés en train de faire le salut nazi près d’une synagogue et d’un mémorial rendant hommage aux victimes des attentats terroristes de Toulouse de 2012.
Cet incident, qui s’est produit à Sarcelles, dans le Val-d’Oise, au nord de Paris, est le dernier d’une série d’actes antisémites qui ont suscité des inquiétudes quant à la sécurité de la communauté juive de France, la plus importante d’Europe.
Selon l’AFP, l’un des deux hommes, un ressortissant russe, a été condamné à huit mois de prison et à une expulsion définitive du territoire français. L’autre, un citoyen français d’origine ukrainienne, a été condamné à six mois de prison. Leurs photos et autres informations permettant de les identifier ont également été enregistrées dans le fichier national français des auteurs d’infractions liées au terrorisme, connu sous le nom de FIJAIT.
Les deux hommes ont été repérés dimanche soir par un automobiliste de passage alors qu’ils se filmaient en train de faire le salut nazi sous une plaque commémorative rendant hommage aux victimes des attentats perpétrés en 2012 par Mohammed Merah à Toulouse. La plaque se trouve rue Raymond-Rochon, près d’une synagogue marocaine.
Ils ont été arrêtés peu après. Les images récupérées sur leurs téléphones portables, ainsi que les enregistrements des caméras de vidéosurveillance situées à proximité, les montraient clairement en train de faire le salut nazi, ce qui est illégal en France. Ils ont ensuite été jugés en procédure accélérée à Pontoise, ce qui a abouti à leur condamnation et à leur peine.
Moïse Kahloun, président de l’importante communauté juive de Sarcelles, a remercié les autorités pour leur réaction rapide et appropriée, affirmant que « l’antisémitisme est un problème croissant en France et en particulier dans le Val-d’Oise ».
Selon le site web d’avis aux voyageurs Safe for Jews, « les événements récents en France ont mis en évidence une recrudescence inquiétante des incidents antisémites, notamment le vol de rouleaux de la Torah dans une synagogue de Levallois-Perret et l’actes de vandalisme commis contre une plaque rendant hommage aux sauveteurs de l’Holocauste à Paris ».
Le site web ajoute que « le président Macron a reconnu cette recrudescence, soulignant la nécessité de faire preuve de vigilance face à l’antisémitisme ».
La France entretient des relations diplomatiques avec Israël et compte une importante communauté juive. Les événements récents ont tendu les relations, la reconnaissance de la Palestine par le président Macron ayant suscité des critiques de la part des responsables israéliens.
Malgré un exode constant des Juifs français ces dernières années, la France reste le foyer de la plus grande communauté juive d’Europe et de la troisième au monde, avec une population estimée entre 350 000 et 400 000 Juifs, dont la plupart vivent à Paris et à Marseille.
Le Service de protection de la communauté juive a recensé 436 actes antisémites en France en 2022.
En 2023, ce chiffre est passé à 1 676, la grande majorité de ces actes ayant eu lieu après les attaques du Hamas du 7 octobre, sans compter les nombreuses agressions antisémites qui ont également été signalées le 7 octobre même.
Entre 2010 et 2019, environ 38 000 Juifs français ont émigré ; beaucoup ont fait leur alya vers Israël, tandis que d’autres se sont installés aux États-Unis et dans les régions francophones de la province canadienne du Québec.
L’incident de Sarcelles survient alors que la France continue de faire face à des inquiétudes liées à la montée de l’antisémitisme et à la sécurité de sa population juive.