D'anciens responsables israéliens de la sécurité exhortent Trump à intervenir face au « terrorisme des colons juifs » avant sa rencontre avec Netanyahou
La violence se poursuit en Judée-Samarie, les responsables de la sécurité mettent en garde contre une perte de contrôle
Dans une lettre ouverte publiée lundi, un groupe d’anciens hauts responsables israéliens de la sécurité a appelé le président américain Donald Trump à prendre des mesures contre ce qu’ils ont qualifié d’« actes de terrorisme commis par des colons juifs » en Judée-Samarie.
Cette lettre s’inscrit dans le contexte d’une forte escalade de la violence en Judée-Samarie (Cisjordanie) ces derniers jours, déclenchée par une série d’attentats terroristes palestiniens qui ont entraîné une vague d’attaques de représailles de la part d’Israéliens ce week-end.
Cette lettre a également été remise alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’apprête à partir pour une rencontre prévue mardi avec Donald Trump.
Ce groupe de responsables, baptisé « Commanders for Israel’s Security » (CIS), regroupe des centaines d’anciens responsables de l’armée israélienne (IDF), du Mossad, du Shin Bet et du ministère des Affaires étrangères, qui plaident en faveur d’une solution à deux États. La plupart de ses récentes déclarations ont consisté à critiquer les politiques du gouvernement Netanyahu en Judée-Samarie.
Dans leur déclaration, les membres du CIS ont demandé à Donald Trump d’adresser un message « ferme et clair » à Benjamin Netanyahu afin d’empêcher la « catastrophe » imminente.
« À moins d’être enrayée rapidement et de manière décisive, l’escalade de la violence en Cisjordanie risque de mettre la région à feu et à sang et d’entraîner de graves répercussions tant pour la sécurité israélienne que pour les intérêts régionaux des États-Unis », ont averti ces responsables.
La lettre affirmait que les services de sécurité israéliens sont « fortement limités lorsqu’il s’agit de terroristes juifs », et que « certains membres de notre gouvernement actuel orchestrent une grande partie de ce chaos, notamment en protégeant leurs partisans – qui sont armés et animés par des pulsions messianiques – de la loi et de son application ».
Si les « actes terroristes des colons juifs » et l’« étouffement » de l’Autorité palestinienne devaient se poursuivre, a fait valoir le CIS, « les conséquences pourraient s’avérer encore plus catastrophiques que les atrocités commises par le Hamas le 7 octobre et leurs répercussions sur plusieurs fronts ».
Abordant directement la politique de Trump à l’égard de Gaza, les anciens responsables ont averti qu’un tel scénario « compromettrait toute possibilité de mettre en œuvre votre plan en 20 points pour Gaza et votre admirable ambition d’étendre votre grande réussite – les Accords d’Abraham –, tout en risquant que les signataires s’en détournent ».
Le CIS compte parmi ses membres plusieurs personnalités longtemps associées à la gauche israélienne et qui ont été pendant des années des détracteurs de premier plan de Netanyahou, notamment l’ancien chef du Shin Bet Ami Ayalon, l’ancien directeur du Mossad Danny Yatom, l’ancien député travailliste Nachman Shai, président du groupe, et l’ancien chef d’état-major adjoint de l’armée israélienne Matan Vilnai, entre autres.
Dans le même temps, les violences en Judée-Samarie se sont poursuivies sans relâche jusqu’à lundi. De hauts responsables de la sécurité ont mis en garde les dirigeants locaux : « Il est temps de calmer le jeu. Si nous n’y parvenons pas dans les jours à venir, la situation deviendra incontrôlable », selon Channel 12 News.
L’armée israélienne a considérablement renforcé ses effectifs, déployant au total 26 bataillons dans la région pour apaiser les tensions, précise le reportage.
Au cours des deux derniers mois, les forces de sécurité ont signalé 219 incidents qualifiés de « crimes nationalistes juifs », dont cinq nouveaux cas signalés pendant la nuit. Parmi ces incidents figuraient des incendies criminels visant des mosquées et des habitations privées. Dans un cas, des suspects ont tenté de mettre le feu à une maison alors qu’une famille s’y trouvait ; les occupants ont réussi à s’échapper, et la police a par la suite arrêté deux suspects qui seraient liés à cette attaque.
De hauts responsables militaires ont déclaré à Channel 12 qu’il existait un manque de coordination entre les colons et l’armée, rendant « impossible la protection des colonies ». Cela oblige les soldats à mener des missions qui les détournent de leur mission principale : lutter contre le terrorisme palestinien. Le soutien important apporté par des élus crée un climat de permissivité, ce qui est dangereux. »
Dans un autre exemple, Army Radio a rapporté que les FDI avaient reconnu avoir eu connaissance d’une randonnée prévue par un groupe de colons juifs à travers le village de Tell vendredi matin, qui a ensuite été le théâtre d’un violent affrontement au cours duquel deux Israéliens ont été tués par des terroristes.
Contrairement à ce qui avait été rapporté précédemment, les FDI ont déclaré avoir eu connaissance de cette randonnée, mais ont précisé qu’elle n’avait pas été approuvée ni coordonnée par les voies requises, sans expliquer pourquoi aucune précaution n’avait été prise.
Army Radio a également fait état de la création de deux nouveaux avant-postes de colonie dans la région de Naplouse, près du lieu de l’incident à Tell. Ces avant-postes sont illégaux au regard de la loi israélienne et viennent s’ajouter à six autres construits depuis l’attaque de vendredi.
Le chef du Commandement central de l’armée israélienne, le général de division Avi Bluth, dispose du pouvoir d’évacuer les avant-postes construits dans les zones B et C si des raisons de sécurité le justifient, mais n’a pas encore ordonné aux troupes de prendre de telles mesures.
Toutefois, l’armée israélienne a déclaré que la décision d’évacuer les avant-postes serait prise « conformément à l’évaluation de la situation et aux directives des responsables politiques ».
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