Un groupe anti-israélien dépose une plainte auprès de la CPI contre des médecins israéliens pour des mauvais traitements présumés à Sde Teiman
La Hind Rajab Foundation, une organisation anti-israélienne basée en Belgique, a annoncé cette semaine avoir déposé une plainte auprès de la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye, contre l’Association médicale israélienne (IMA). Elle accuse de hauts responsables médicaux israéliens d’avoir participé aux mauvais traitements présumés infligés à des détenus du Hamas sur la base militaire et dans le centre de détention de Sde Teiman, situés dans le désert du Néguev, près de la frontière avec la bande de Gaza.
La plainte cite notamment le président de l’IMA, le professeur Zion Hagay, et sa directrice générale, Leah Wapner, parmi les hauts responsables tenus pour responsables des abus présumés.
La Hind Rajab Foundation (HRF) a déclaré qu’elle « préparait des dossiers sur des professionnels de santé israéliens possédant une double nationalité et ayant participé directement au génocide perpétré par Israël à Gaza », ajoutant : « Nous présenterons chaque dossier aux procureurs nationaux de toutes les juridictions dont ces personnes possèdent la nationalité. »
La fondation a également affirmé que « des médecins, des infirmiers et des ambulanciers ayant travaillé dans l’hôpital de campagne, ainsi que d’anciens détenus, ont documenté les abus commis au sein de ce système ».
Elle a accusé l’IMA de « légitimer les mauvais traitements et la torture pratiqués à Sde Teiman », affirmant qu’au moins 29 détenus incarcérés dans cet établissement étaient morts des suites d’une négligence médicale ou de violences physiques.
La HRF a appelé la CPI à « enquêter sur une chaîne de responsabilités allant des hauts responsables politiques ayant élaboré cette politique et des responsables ayant émis des directives contraignantes aux commandants militaires, aux professionnels de santé et aux organismes professionnels qui ont mis en œuvre ou légitimé ce système ».
Les autorités israéliennes ont déjà enquêté sur des allégations de mauvais traitements à Sde Teiman. Plusieurs soldats israéliens ont été arrêtés, soupçonnés d’avoir maltraité un détenu du Hamas, déclenchant des manifestations et une polémique en Israël.
L’armée israélienne a reconnu que des actes répréhensibles pouvaient être commis à titre individuel, mais a rejeté les accusations selon lesquelles les détenus feraient systématiquement l’objet de mauvais traitements.
L’armée a déclaré qu’elle « rejette catégoriquement les accusations de mauvais traitements systématiques envers les détenus », ajoutant qu’elle « prend très au sérieux toute action […] contraire à ses valeurs ».
« Les plaintes spécifiques concernant des comportements inappropriés du personnel des centres de détention ou des conditions insuffisantes sont transmises aux autorités compétentes pour examen et traitées en conséquence », a indiqué l’armée israélienne. « Le cas échéant, des mesures disciplinaires sont prises à l’encontre des membres du personnel de l’établissement et des enquêtes pénales sont ouvertes. »
La Hind Rajab Foundation (HRF) a été créée en 2024 et porte le nom d’une fillette palestinienne tuée pendant la guerre à Gaza, déclenchée par le massacre du 7 octobre 2023 perpétré dans le sud d’Israël par le Hamas et ses alliés. Cette organisation basée en Belgique engage des poursuites contre des soldats et des responsables israéliens pour des violations présumées du droit international. Elle a également été accusée d’entretenir des liens avec des mouvements extrémistes et des organisations terroristes.
Au cours des deux dernières années, la HRF a déposé des plaintes contre des soldats israéliens dans plusieurs pays, notamment en Suède, au Brésil, au Sri Lanka, en Thaïlande, en Belgique, aux Pays-Bas, en Serbie, en Irlande et à Chypre.
En janvier 2025, la HRF a déposé une plainte en Suède contre un soldat israélien de passage dans le pays, l’accusant de « crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide ».
Israël rejette les accusations de génocide et de ciblage délibéré de civils. Le pays affirme que l’armée israélienne cherche à réduire au minimum les pertes civiles tout en combattant le Hamas et d’autres groupes terroristes qui opèrent depuis des zones et des infrastructures civiles et utilisent des civils comme boucliers humains.